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Moyen-Orient : comment assurer la paix ?

La chronique économique de Pierre Ivorra."Même les pays exportateurs de pétrole vont souffrir d’un chômage accru."

Il nous faut bien mesurer que même si Daech était éradiqué par les armes, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord resteraient des poudrières, leurs problèmes cruciaux touchant à la croissance, à l’emploi, à l’éducation et à la santé n’étant guère réglés. Dans une étude récente, le FMI prévoit que même les pays exportateurs de pétrole de la région souffriront d’un chômage accru dans les années qui viennent. Les rédacteurs de l’étude indiquent que, d’ici à 2020, leur « population active augmentera de 10 millions dont près de 3 millions de chômeurs ».

Depuis septembre 2014, on observe des sorties importantes de capitaux dans les pays émergents. L’essoufflement de leur croissance et la faiblesse de celle de la plupart des pays développés, la chute des prix du pétrole et des matières premières, la montée des risques et des crises, bref, l’évolution de la crise du capitalisme, ont détourné les capitaux vers d’autres horizons. Cela, d’autant que le redressement du PIB américain et la remontée annoncée des taux d’intérêt par la Fed, la banque centrale des États-Unis, leur ouvrent des perspectives de rentabilité plus intéressantes. Ainsi, pour prendre un exemple, les exportations de pétrole représentaient 62 %, en 2008, du PIB d’Arabie saoudite, contre un peu moins de 48 % aujourd’hui.

Selon le FMI, la croissance dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, qui était de 2,6 % en 2014, est tombée à 1,8 % en 2015. Elle s’est évidemment effondrée en Irak, en Syrie et en Libye. Selon d’autres données de la Banque mondiale, elle est passée en Égypte d’un rythme de 7 % en 2007 à un petit 2 % en 2014, de 6 % à 1,5 % en Iran, de 8 % en 2008 à 3,5 % en 2014 en Arabie saoudite, de 9 % en 2006 à 3,6 % en 2014 aux Émirats arabes unis, de 26 % à 6,2 % au Qatar. Même les pays de la région qui ne sont pas directement la proie des conflits sont impactés par ceux qui ravagent leurs voisins. Les réfugiés, selon le FMI, représentent 25 % de la population du Liban, 20 % de celle de Jordanie.

Des politiques de développement des populations sont ainsi nécessaires pour assurer la paix et la sécurité dans la région. Mais le comportement des grandes puissances doit lui-même changer, et cela concerne particulièrement la France. Les plus gros contrats signés dans la région l’ont été avec l’Égypte pour la vente de de 24 Rafale et d’une frégate avec le Qatar pour la vente 24 avions de combat. En Arabie saoudite, les dépenses militaires sont en nette augmentation, passant de 7,8 à 10,8 % du PIB du pays entre 2006 et 2014. C’est assurément bon pour Dassault mais pas pour la paix dans la région.

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