Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Réponse aux sermons sur le dividende

Sont-ils ignares ou font-ils semblant de ne pas savoir ? Les prêchi-prêcha du dividende nous assurent que l’installation de multinationales dans un pays est en soi, pour celui-ci, un gage de réussite et de « compétitivité ». Ils se sont ainsi pâmés à l’annonce par un cabinet anglo-saxon que la France aurait, en 2014, enregistré 608 projets d’investissements étrangers, soit une progression de 18 % par rapport à 2013, ce qui lui aurait permis de talonner l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Il faut croire que, pour ce petit monde, lié au Medef, la mainmise de l’américain General Electric sur la branche énergie d’Alstom, du finlandais Nokia sur Alcatel-Lucent et avant cela du belge Solvay sur Rhodia, de Mittal sur Arcelor, le démembrement, par une succession de multinationales, canadiennes, australiennes, de Pechiney serait le signe d’une compétitivité épanouie.

Autre réalité que ces libéraux passent sous silence et que nous avons déjà soulignée : l’installation des grands groupes étrangers en France contribue à accroître nos importations. Une étude des services des douanes de janvier dernier révèle que ces multinationales étrangères ont creusé le déficit français de 80 milliards d’euros en 2013 car elles s’approvisionnent de préférence auprès de leur société mère dans leur pays d’origine. Et il faudrait applaudir cette déroute et pousser des cocoricos !

Face au déclin industriel français il y a plusieurs façons de réagir. Celle de nos libéraux et sociaux-libéraux que nous venons d’évoquer. Ils ont la religion du marché monopoliste. Il y a aussi cette autre démarche que prétend incarner le Front national. Il s’agirait simplement de se protéger. Mais de qui ? Si l’on prend l’exemple du textile-habillement, les principaux importateurs d’Asie, d’Afrique du Nord, de Turquie sont les groupes français et européens du secteur et ceux de la grande distribution. Mais ceux-là, le FN se garde bien de les mettre en cause !

Il faut certes se protéger, imposer des exigences sociales et environnementales, mais la meilleure protection c’est la coopération, c’est-à-dire un échange à égalité de droits, sans volonté de domination, avec le souci d’un codéveloppement pour une nouvelle croissance et contre le chômage. La meilleure protection c’est d’instituer des droits et pouvoirs nouveaux des salariés et des populations à l’entreprise. C’est de maîtriser les réseaux de l’argent. C’est d’ailleurs pour cela qu’il faut changer l’Europe, transformer la zone euro et non la quitter. L’installation en France de groupes étrangers serait ainsi soumise à d’autres critères que ceux de la rentabilité.

« La meilleure protection c’est la coopération, l’échange 
à égalité 
de droits. »

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