Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Les revenus des privilégiés soustraits aux entreprises

« Il n’est pas normal que les cotisations famille soient assises sur le travail » (en vérité sur l’entreprise et le capital), déclarait au début de cette année François Hollande reprenant ainsi à son compte une vieille revendication du grand patronat. Comme si la production, la croissance économique, la consommation n’étaient guère sensibles à la démographie d’un pays, à l’état de son enfance et de sa jeunesse.

Si l’on écoute les caciques du Medef, ce ne serait pas aux entreprises de payer pour la pénibilité, pour la réduction du temps de travail, pour les emplois en CDI, … Cette logique est à l’origine de la création de la CSG. Cet impôt institué en 1991 par Michel Rocard, finance de plus en plus la branche famille de la Sécurité sociale, la branche maladie, le fonds de solidarité vieillesse et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. La CSG a remplacé progressivement les contributions patronales. Ces dernières finançaient 62 % des dépenses de protection sociale en 1959 et seulement 44 % en 2010. A l’opposé, la part de l’impôt acquitté par les familles est passée de 4 % en 1991 à 23 %.

Il s’agirait prétendument, grâce à ces transferts, de cesser de compromettre l’efficacité des activités productives. L’argument est d’autant plus spécieux qu’il est porté particulièrement par des hommes et des femmes dont les revenus sont issus pour une part accrue de prélèvements financiers sur les entreprises.

Dan une étude publiée en 2011, l’Insee indiquait qu’en 2007 « les revenus d’activité occupent une part décroissante des revenus totaux au fur et à mesure que l’on monte dans la hiérarchie des revenus déclarés par unité de consommation ». Ce recul est compensé par une montée en puissance des ressources tirées du capital. Les revenus du patrimoine et les revenus exceptionnels (plus-values, stocks options), prélevés essentiellement sur les entreprises, s’ils ne constituent que 2 % des revenus de 90 % de la population, représentent 48 % des revenus totaux des personnes les plus aisées. L’Insee dit les choses très clairement : « Contrairement au reste de la population, qui ne perçoit que des revenus d’activité, c’est-à-dire des revenus du « travail », les plus aisés perçoivent pour moitié des revenus du « capital » et pour moitié des revenus du « travail » ».

Pour le Medef, et hélas aussi pour le gouvernement actuel et la direction du Parti socialiste, il faudrait réduire les prélèvements publics sur les richesses créées par le travail des salariés et surtout ne pas mettre fin à ce racket opéré par une poignée de privilégiés. Ils voudraient que le monde marche sur la tête.

 

 

 

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