Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Pourquoi les marchés ont la gueule de bois ?

Le CAC 40, l’indice qui permet d’évaluer l’évolution de la valeur des actions des 40 plus grands groupes cotés à la Bourse de Paris, a baissé de 14,7 % entre le début septembre 2014 et la mi-octobre, le Nasdaq, l’un des indices de la valeur des actions cotées à New-York, a reculé de 9,1 %, le DAX de Francfort de 9,6 % et enfin le Nikkei japonais de 4,8 %.
Mais pourquoi un tel désamour des investisseurs internationaux pour le marché des actions ? Ces dernières sont en fait des titres de propriété du capital des entreprises et elles suscitent intérêt ou désintérêt en fonction des promesses de rentabilité, de paiement de dividendes ou de réalisation de plus-values à la vente que l’activité permet d’espérer. Or que se passe-t-il depuis quelques mois ? Le produit intérieur brut, la création de richesses nouvelles, a baissé de 0,2 % au 2e trimestre 2014 en Allemagne, il stagne en France depuis le début de l’année. La progression de l’activité reste incertaine aux Etats-Unis, elle s’essouffle chez les émergents et notamment en Chine. Résultat, les « accros » à la rentabilité financière désertent le marché des actions pour acheter des titres de dette publique, allemands et français en zone euro, peu rémunérateurs mais moins risqués.
Mais la gueule de bois actuelle des marchés actions n’est que la conséquence de l’ivresse de ces dernières années. Après la récession de 2009-2010 qui a succédé à la crise financière de 2007-2008, grâce aussi aux politiques d’austérité à l’encontre des populations et de soutien aux marchés financiers mises en œuvre, particulièrement dans les pays de la zone euro, le soufflé boursier qui s’était dégonflé a repris du volume, s’est à nouveau boursoufflé comme une tumeur sur le corps de la société, imposant aux peuples ses exigences de rémunération. La dévalorisation actuelle des capitaux placés en Bourse pousse les groupes concernés à tenter de réduire encore l’emploi et les salaires, à faire pression sur la puissance publique pour obtenir de nouveaux avantages. Une stratégie qui ne peut que déprimer encore la demande et dégrader l’offre.
Il faut sortir de ce cercle vicieux. On ne le fera pas uniquement en augmentant les salaires. Il faut impulser la demande, notamment la consommation des ménages notamment en transformant l’offre, en accroissant son efficacité sociale. Cela suppose d’impulser les dépenses essentiellement publiques d’éducation, de formation, de santé. Un travailleur plus qualifié, en bonne santé, bénéficiant de bonnes conditions de travail, d’un bon salaire est un atout pour l’entreprise et l’économie nationale.

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