Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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La fausse solution de la sortie de l’euro et de l’éclatement de la zone.

La sortie de la monnaie unique, l’éclatement de la zone euro sont-ils susceptibles de tirer la France d’affaire ? L’Europe est en crise, minée par les déséquilibres entre le nord et le sud, la domination allemande et secondairement française sur les autres membres. Elle souffre aussi de la suprématie mondiale du dollar.
Quels processus les déséquilibres entre pays de la zone euro mettent-ils en œuvre ? L’accumulation de déficits commerciaux en Espagne, en Italie, en Grèce, au Portugal, notamment, mais aussi en France, se traduit par une hausse de leur dette extérieure nette particulièrement vis-à-vis de l’Allemagne.
Ces « découverts » étaient précédemment compensés par un afflux de capitaux d’Allemagne, du nord de l’Europe et des Etats-Unis. A partir de 2008, le doute s’est installé quant à la capacité des pays les plus en difficulté à rembourser leurs dettes, aussi leurs financeurs ont été de plus en plus réticents à continuer à leur prêter.
Cela les a précipités dans la tourmente avec une hausse très forte de leurs taux d’intérêts, l’affaissement de leur système bancaire, le gel du crédit et de l’investissement. Dès lors, prétendument pour résorber leurs déficits, ils ont été invités par les autorités européennes, la BCE et le FMI à baisser drastiquement leurs dépenses publiques, leur coût du travail, engager une déréglementation sociale sans précédent. Tout cela s’est traduit par une hausse vertigineuse du chômage et de la pauvreté.
Chacun des pays concerné tente de résorber son déficit commercial en réduisant sa consommation intérieure et ses importations et en dopant sa compétitivité-prix et ses exportations grâce à la baisse du coût du travail et des prélèvements sociaux. C’est la guerre, chacun essaie d’enfoncer le voisin !
La sortie de l’euro, qui s’accompagnera d’une dévaluation des monnaies plus faibles vis-à-vis du mark, accentuera ces phénomènes. De fait, on jouera sur le même terrain, celui du chacun pour soi. Pourtant, qui peut prendre la responsabilité de laisser la Grèce se débrouiller toute seule ?
A rebours de cela, il ne peut être possible de surmonter les déséquilibres qu’en instaurant une solidarité de progrès entre pays, en s’appuyant sur la puissance des plus « forts » pour compenser la faiblesse des autres et permettre la progression de tous. Pour battre aussi en brèche la suprématie du dollar au niveau mondial. Et cela n’est possible qu’au sein d’une union monétaire transformée qui s’appuyerait sur la puissance de certains, la mobilisation de tous pour assurer une création monétaire des banques et de la BCE favorable à l’emploi et à la croissance de chacun.

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