Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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L’oligarchie, la crise économique et financière et le modèle social français

On ne peut pas reprocher à l’oligarchie française de manquer de cohérence. Elle trace le sillon de ses intérêts égoïstes quel que soit le propriétaire du champ. Fin septembre 2013, Denis Kessler, ancien vice-président du Medef, conseillait de « recréer un Etat moderne en repensant fondamentalement le champ et les modalités de l’intervention publique » et suggérait d’accomplir ce tour de passe-passe : « faire plus avec moins ». Déjà, en octobre 2007, peu après l’élection de Sarkozy,  il avait déclaré : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer ».
Fin août, le PDG de Total, Christophe de Margerie, affirmait dans une interview : « Le moment est venu de s’interroger sur les limites du modèle français ». Un an auparavant, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, assurait de son côté : « notre modèle social n’est plus adapté ».
On pourrait croire que ce sont la crise financière et les récessions qui ont suivi qui ont conduit ainsi les apparatchiks du capital à mettre en cause notre système social. Il n’en est rien. Déjà, en 2005, le ministre des finances de droite de l’époque, Thierry Breton, en commandant un rapport à une commission visant à « assurer le redressement de nos finances publiques », et dirigée par le président d’alors de BNP Paribas, Michel Pébereau, lui notifiait que si « la France a des atouts très importants dans la compétition mondiale », néanmoins, elle  « vit désormais au dessus de ses moyens ».
Le projet visant à abaisser le modèle social français plutôt que de le rénover et de le développer est donc antérieur au tremblement de terre et aux secousses telluriques que nous subissons depuis cinq ans. Il a mûri avec la montée en puissance de la finance depuis le milieu des années 80 et des dégâts que son emprise a fait subir à la France, à l’Europe et au monde. Pour les éminences des grands groupes du CAC 40 il s’agit de relever la rentabilité de l’énorme masse de capitaux accumulés, en réduisant la dépense publique, en déréglementant les relations sociales, en permettant au loup de se promener à son gré dans le poulailler.
Le programme du Conseil National de la Résistance adopté en 1944 qui ne plaît guère à M. Kessler prônait « le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires ; et la participation des travailleurs à la direction de l’économie ». Ce changement du modèle de direction des entreprises est lui toujours d’actualité.
 

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