Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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L’accumulation d’énormes excédents allemands favorisée par la politique de l’euro.

L’Allemagne est-elle coupable ? L’accumulation d’excédents commerciaux et financiers par les groupes et les banques d’outre-Rhin, particulièrement au détriment des pays du sud et de l’est du continent, a déséquilibré la construction commune.
Ce processus a été  enclenché avec l’accord des castes dominantes des autres pays de la zone euro qui ont pensé protéger leurs intérêts notamment en se plaçant sous le « parapluie » monétaire allemand. La volonté de la grande bourgeoisie d’outre-Rhin de faire de la monnaie unique européenne une devise au cours élevé, à l’image du deutsche mark, a eu cependant des effets destructeurs.
Il faut mesurer ce qu’a représenté cette hausse de la monnaie européenne. Si, actuellement, l’euro vaut 1,34600 dollar, le 1er janvier 2002, lorsque l’euro remplaça les monnaies nationales, il en valait 0,90380.
Cette politique de l’euro « fort » a permis à l’Allemagne notamment d’investir dans l’est européen et en Chine à moindre coût afin d’exploiter une main d’œuvre bon marché, en délocalisant des productions afin de réimporter en pratiquant un dumping social. L’Allemagne est le premier investisseur étranger dans l’est européen et le deuxième en Chine.
Les  exportations allemandes de marchandises étaient en valeur, en 2012, dirigées à 37,5 % vers la zone euro (contre 40 % en 2010), à 57 % vers l’UE (contre environ 70 % en 2000), à un peu plus de 30 % vers les pays émergents (20 % en 2000). Cette stratégie porte particulièrement tort aux travailleurs du sud de l’Europe œuvrant  dans des activités à plus faible valeur ajoutée, l’Allemagne concentrant pour sa part plutôt ses productions dans les secteurs à plus haute valeur ajoutée.
En même temps, l’euro « fort » a favorisé une relance de l’endettement public et privé du sud européen. Des pays comme la Grèce, l’Espagne, la France également, bénéficiant de taux d’intérêts relativement moins élevés qu’auparavant grâce au « parapluie » allemand, ont massivement emprunté.
En retour, ce cours élevé a permis à l’Allemagne de tirer partie de l’endettement du sud européen. Les banques allemandes ont, par exemple, massivement prêté à l’économie espagnole. Un mécanisme particulièrement pervers a été mis en place : les banques allemandes se sont endettées en dollars et ont prêté aux pays du sud européen en euro. Le dollar baissant par rapport à l’euro, elles ont pu de cette façon réaliser d’énormes profits et les banques ibériques, accumuler d’énormes dettes.
Ce système a craqué en 2008, avec la crise des « subprimes » et en 2010, lorsque la Grèce a subi son premier « avc » financier. Il n’est plus tenable, il faut en changer.

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