Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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La politique d’austérité alimente les risques qu’elle est censée prévenir.

La récession prévue en France en 2013 par la commission européenne, les chiffres record du chômage, retiennent évidemment l’attention des médias et de l’opinion. Mais il est un autre risque qui progresse, manifestement sous-estimé. C’est celui d’une nouvelle déflagration financière, probablement plus grave que celle de 2007-2008.
L’énorme accumulation financière mondiale dont l’effondrement a été en grande partie évité par des interventions publiques sans précédent est aujourd’hui relancée par les politiques d’austérité et de soutien aux capitaux
dominants à l’œuvre dans l’euroland et dans tous les grands pays capitalistes. En France, le crédit d’impôt dit de compétitivité et la loi officialisant l’Ani témoignent de cette tendance. Mais cela ne va pas sans contradictions.
Ces politiques entraînent une baisse du revenu des ménages dans la zone euro, qui tend à s’accélérer dans la dernière période. Il a diminué de 1,1% au quatrième trimestre 2012, après une baisse de 0,4% au trimestre précédent. Par ricochet cette dégradation provoque une baisse du taux d’épargne des ménages dans tous les pays de la zone. Au quatrième trimestre 2012, il  a été de 12,2%, contre 12,8% au troisième trimestre 2012. En France, il recule depuis le 2ème trimestre 2012.
Mais moins d’épargne c’est aussi moins de ressources disponibles pour alimenter des marchés financiers qui eux ne cessent de grossir comme des baudruches. Dans notre pays, entre 2011 et 2012, les flux de placements financiers des Français ont reculé de plus de 13 % et sont passés de 102 à 88,3 milliards d’euros. A l’autre bout de la terre, au Japon, le vieillissement rapide de la population est un autre facteur de réduction de l’épargne. Le financement de marché de la dette publique est ainsi un peu partout fragilisé.
Cela d’autant plus que par ailleurs pèse sur la dette publique européenne et surtout états-uniène le risque d’un désengagement de la Chine et du Japon, qui sont les deux plus gros détenteurs de ces titres. En Chine, le ralentissement de la croissance et le besoin de financer les besoins sociaux grandissants de la population peut nécessiter d’affecter les importants excédents dégagés par les exportations à autre chose qu’au rachat de titres de la dette fédérale américaine. Il en résulterait une chute qui pourrait être incontrôlée du dollar, une hausse des taux d’intérêt et, mécaniquement, un effondrement des énormes stocks de dette publique accumulés, provoquant un nouveau séisme financier mondial.
La politique d’austérité et de baisse de la dépense publique alimente ainsi  les risques que l’on prétend prévenir en l’administrant.
 

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