Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Dominique Seux, le choc fiscal et les chocs sociaux

Dominique Seux, rédacteur en chef du quotidien « Les Echos », propriété du milliardaire Bernard Arnault, clame haut et fort que la France serait victime d’un « choc fiscal ». Diable ! Mais qui donc aurait ainsi pris le sabot du fisc en pleine figure ?
Il est vrai que le taux de prélèvements obligatoires a augmenté l’an dernier, s’établissant à 45 % du PIB, en hausse de 1,2 point sur 2011. Une augmentation qui résulte des mesures votées fin 2011 par la droite sous le règne de Sarkozy (+ 15 milliards d’euros), de celles mises en œuvre par la nouvelle majorité en août 2012 (7 milliards) qui elles ont surtout concerné les grandes sociétés. La stagnation de la croissance (0 % contre 2 % en 2011) a fait le reste, augmentant mécaniquement la part des prélèvements au sein d’un produit intérieur brut étale.
Si l’on examine une période plus longue, on peut remarquer que le poids de l’ensemble des impôts, hors cotisations sociales, rapporté au PIB qui était de 28,1 % en 2001, est revenu à ce niveau en 2012. Seul celui des cotisations sociales a légèrement augmenté pour les entreprises comme pour les salariés.
Au niveau fiscal, s’il y a choc, il ne concerne pas ceux auxquels pense Dominique Seux. L’impôt sur les sociétés a baissé de 6,2 % entre 2001 et 2012 alors que la CSG et le CRDS, deux cotisations qui affectent surtout les salariés, ont progressé respectivement de 46 et 44 %. L’impôt sur le revenu ou la taxe d’habitation qui touchent particulièrement les catégories modestes et moyennes ont cru de 24,2 % pour le premier et de 89,5 % pour la seconde. Face à cela il y a le choc du crédit d’impôt compétitivité avec ses 20 milliards d’euros de réduction des prélèvements sur les entreprises.
En vérité, évoquer ainsi un « choc fiscal » permet de taire la réalité des chocs sociaux. Il y a le choc du chômage, la France comptant plus de 5 millions de chômeurs et ayant perdu 20 300 emplois au 1er trimestre 2013. Le choc du pouvoir d’achat des ménages qui a reculé de 0,9 % en 2012. Le choc de la récession économique annoncée pour 2013.
Pourtant, un authentique choc d’efficacité paraît nécessaire. En 2011 (les données 2012 ne sont pas encore disponibles) les revenus de la propriété, intégrant les intérêts et les dividendes versés, représentaient 22,2 % de la valeur ajoutée des entreprises non financières, soit davantage que les investissements qui s’établissaient à seulement 20,1 %. Il faut mettre un terme à ce racket de la finance. Cela passe par la fiscalité mais pas seulement. Pour réduire les prélèvements financiers, il faut d’abord réduire le recours des entreprises aux marchés financiers.

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