Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Pour inverser vraiment la courbe du chômage, il faut inverser celle de l’emploi.

Nous avons un Président de la République qui, en raison de son refus de prendre le taureau financier par les cornes, en est réduit à jouer petit bras. En décembre 2012, à l’occasion de la remise du prix Nobel de la paix à l’Union européenne, à Oslo, François Hollande déclarait, péremptoire : « la crise de la zone euro est derrière nous ». Une opinion difficile à partager par les 6 millions de chômeurs officiels espagnols d’octobre 2013 (26,7 % de la population active), les 1,4 million de grecs (27,3 %), les 3,2 millions d’italiens (12,5 %), les 800 000 portugais (15,7 %), les 270 000 irlandais (12,6 %) et, évidemment les 3,2 millions de français (10,9 %).
Lors de son interview télévisée du 14 Juillet 2013, François Hollande affirmait : « La reprise économique est là ». En réalité, sœur Anne et même l’Insee ne voient rien venir d’évident. L’Institut vient même d’annoncer une baisse de la croissance (-0,1 %) au 3e trimestre de cette année après un rebond de +0,5 % au 2e.
Aujourd’hui, François Hollande nous annonce que « l’inversion de la courbe du chômage est amorcée ». On ne pourrait que s’en réjouir quelle qu’en soit la cause. Mais regardons la réalité en face et celle de l’emploi en particulier. Au 1er trimestre 2008, avant l’éclatement manifeste de la crise financière mondiale, la France avait atteint son plus haut historique en termes d’emplois dans le secteur marchand, disons le secteur privé, pour faire simple. Elle en comptait 16,4 millions dont 3,6 millions dans l’industrie.
On a cru percevoir un sursaut en 2010. Las ! Le soufflet est retombé. Depuis début 2010, on assiste à un glissement continu au point qu’au 3e trimestre 2013 la France compte seulement 15,9 millions d’emplois dans le secteur marchand et qu’elle a se retrouve au même niveau qu’à la mi-2005. Sacrée réussite !
En vérité, le président veut à tout prix faire croire aux Français que l’austérité ça marche. Notre journal a déjà révélé le document de la commission de Bruxelles qui évalue ce que la politique de réduction des dépenses publiques et sociales coûte à la France. Un institut économique des plus sérieux, l’OFCE, vient lui aussi de relever que la reprise est « freinée principalement par les plans d’économies budgétaires en France et dans l'ensemble des pays européens ». L’institut émet lui ce diagnostic implacable : « Pour la seule année 2013, cette stratégie budgétaire aura amputé de 2,4 points de PIB l'activité en France ».
On ne peut jouer avec les mots. Ce que les Français attendent c’est une inversion durable de la courbe de l’emploi, c’est là la seule façon d’inverser vraiment celle du chômage.
 

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