Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Mais qui donc a tiré profit des plans d’aide européens aux pays en difficulté ?

La grande force de nos « tontons macoute » du libéralisme a été de donner à croire à l’opinion que la grande crise des capitaux suraccumulés de 2007-2008 n’était en fait qu’une crise de la dette publique. Le mal ne viendrait pas notamment de l’arnaque pratiquée par les banques américaines qui ont diffusé à travers le monde des titres pourris, les « subprimes », mais du système de protection sociale de l’Hexagone qui consacrerait trop d’argent pour sécuriser les Français.
Pourtant, en s’en tenant à la zone euro, on voit bien en faveur de qui les Etats et la BCE ont mobilisé des centaines et des centaines de milliards d’euros de ressources publiques, distribuant une manne qui, dans un pays comme la France, a fait passer la dette publique de 64,2 % du PIB en 2007 à 90,2 % en 2012 l’augmentant de 622,5 milliards d’euros en seulement 5 ans.
Le conseil des chefs d’Etat et de gouvernement européens, la BCE, le FMI ont multiplié les plans, prétendument d’aide, à la Grèce, au Portugal, à l’Irlande, à l’Espagne, à Chypre. La BCE a depuis la fin 2011 mis 1 000 milliards d’euros à la disposition des banques. Mais quels en ont été les effets réels pour les populations et qui en a tiré bénéfice ?
Entre juillet 2012 et juillet 2013, le taux de chômage de la zone euro est passé de 11,5 à 12,1 %. La croissance a reculé de 0,2 % au 1er trimestre 2013 par rapport à celui de 2012, la dette publique, dans le même temps, est passée de 88,2 % du PIB à 92,2 % et l’emploi a baissé de 0,5 %.
Alors pourquoi un tel déluge de fonds publics ? On peut s’en faire une idée en constatant qu’au rythme des plans d’aide, les banques des pays du « centre », d’Allemagne, de France, des Pays-Bas, ont pu se désengager progressivement des pays qualifiés avec mépris de « périphériques », notamment en réduisant leur portefeuille de titres de dettes publiques.
En juin 2011, les banques françaises possédaient 13,4 milliards d’euros de titres de dette publique grecs, 32,58 milliards de titres espagnols, 8,61 milliards de titres irlandais, 105,4 milliards de titres italiens. Un an plus tard, ces « magots » ont sensiblement diminué. BNP Paribas, Société Générale, Crédit agricole, … n’avaient plus dans leurs coffres que 0,35 milliard d’euros de titres grecs, 7,17 milliards de titres espagnols, 1,21 milliard de titres portugais, 38,68 milliards de titres italiens. Et le pire, c’est que c’est la BCE qui leur a racheté une partie des titres cédés.
A l’exception de la Grèce où les banquiers européens ont perdu quelques plumes, partout ailleurs, les banques ont ainsi pu se désengager en douceur de pays considérés comme à risque.
 

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