Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Une liste des aides publiques accordées aux banques en Europe pleine d’enseignements.

L’examen de la liste que vient de publier la Commission européenne concernant les aides publiques versées aux banques de l’Union européenne (UE) et utilisées par elles entre 2008 et 2011, c’est-à-dire durant le « dur » de la crise financière et économique qui a frappé l’Europe, mérite absolument le détour. On y découvre notamment que ce sont les établissements bancaires des pays les plus libéraux qui ont recouru le plus massivement aux concours publics.
Les banques pas très claires de nos voisins irlandais et britanniques, championnes de la spéculation financière et immobilière, ont ainsi bénéficié respectivement de 350 et 300 milliards d’euros d’aides. A elles seules elles ont accaparé 40 % des 1 612 milliards d’euros distribués par les institutions publiques de l’Union et de ses pays membres. Vive le marché et la concurrence libre et non faussée !
Quand l’argent privé est menacé, les ultralibéraux du parti conservateur de David Cameron n’ont pas d’état d’âme : ils sortent le carnet de chèque public. Ils sont même allés jusqu’à nationaliser six banques.
Mais les champions de la City n’ont même pas la reconnaissance du ventre. Tirés du gouffre par une main généreuse ils continuent de la mordre. On assiste depuis plusieurs mois à un feu d’artifice de scandales auxquels ils sont mêlés : manipulation des taux d’intérêt des prêts entre banques par Barclays, blanchiment d’argent sale par HSBC, ventes abusives d’assurances de crédits à des particuliers contre le risque de défaillance impliquant notamment la Lloyds, …
Les enseignements que l’on peut tirer de la liste de la Commission ne s’arrêtent pas là. Devinez qui est le troisième pays sur le podium des bénéficiaires des aides publiques. Ce n’est ni la Grèce, ni l’Espagne, c’est le pays présenté comme un modèle par la droite, le Medef, et, hélas, également par certains des nouveaux dirigeants français : l’Allemagne.
Les banques d’outre-Rhin, prises à la gorge à la suite d’opérations spéculatives désastreuses ont perçu la coquette somme de 259 milliards d’euros d’aides publiques, ce qui équivaut à 10 % environ du produit intérieur brut du pays et à 16,1 % du total des concours publics consommés par les banques de l’UE. Tout fout le camp, même les modèles !
La France, n’est pas loin, elle, est à la sixième place, derrière le Danemark et devant l’Espagne. Mais le plus grave en l’affaire, c’est que cette manne a été versée sans aucune condition et qu’en dépit de toutes les déclarations et les mesures censées limiter la spéculation, les banques continuent comme devant. Et de cela, ce sont moins les banques qui en sont responsables que la puissance publique.

 

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