Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Socialisme de l’offre et offre socialiste

Indirectement, l’INSEE vient à nouveau de mettre à mal  ce que François Hollande a  appelé le « socialisme de l’offre », expression qu’il a utilisée pour qualifier la politique gouvernementale et son florilège de cadeaux au patronat et de coupes budgétaires et sociales : le contrat d’impôt solidarité compétitivité et ses 20 milliards d’euros de remboursement de cotisations, la baisse de plus de 50 milliards d’euros des dépenses publiques, ...
L’institut persiste et signe en rappelant que l’investissement des entreprises, c’est-à-dire une part essentielle de ce que l’on appelle l’offre, « réagit généralement aux évolutions de l’activité ». L’offre est dépendante de la demande. En 2013, la stagnation de celle-ci, due à celle du pouvoir d’achat des ménages, au recul de l’emploi, au ralentissement marqué de la progression de la dépense publique, a contribué au tassement de l’investissement des entreprises et donc de l’offre.
Il est cependant un autre facteur, souvent ignoré, et qui explique aussi ce repli de l’investissement, ce sont les choix de gestion des entreprises. Ces derniers, qui influencent à la fois l’offre et la demande, au travers des achats de matière première, d’équipements, des salaires versés, sont sous influence. Les forts rendements obtenus par les investisseurs sur des marchés financiers mondialisés incitent les directions de sociétés à tout faire pour assurer à leurs actionnaires une rémunération aussi forte. Aussi, même en 2013, en dépit de la stagnation de l’activité, les revenus de la propriété versés par les entreprises, comprenant pour l’essentiel les dividendes et les intérêts payés, se sont élevés à 265 milliards d’euros, soit 25 milliards de plus que les investissements réalisés. Ils ont été supérieurs de 48 % aux cotisations sociales qu’elles acquittent.
L’examen sur longue période de l’évolution des profits des entreprises et de l’investissement montre qu’il n’y a pas de corrélation entre les deux éléments. Si, à partir du tournant de la rigueur engagé en 1983 par le gouvernement Fabius, les premiers ont fait un bond en avant, la part de l’investissement rapportée à la valeur ajoutée, à la richesse créée, a ont continué à régresser en tendance. Comme nous l’avons déjà relevé, la richesse créée est pour une part trop importante accaparée par la rémunération de la finance et de la spéculation. Tels sont les durs pépins de la réalité : le gonflement des profits espéré par François Hollande et son équipe grâce au CISE ne fera pas l’investissement de demain et les emplois d’après demain. Le socialisme de l’offre n’a rien d’une offre socialiste.

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