Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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On peut commencer à réduire le coût du capital et donner des marges pour l’investissement.

La chronique de l'Humanité du 4 février 2014

Face à la campagne du Medef, de la droite et du gouvernement en faveur de la baisse du coût du travail, dénoncer le coût du capital, révéler son caractère prédateur à l’encontre de la croissance et de l’emploi, c’est impératif et salutaire. Mais au-delà, ne faut-il pas aussi engager des actions pour montrer qu’il est possible de baisser ce coût du capital afin de dégager des marges pour l’investissement, l’emploi, la formation, les services publics ?
Comment commencer à lui imposer une cure d’amaigrissement, réduire son appétit de prélèvements sur les richesses créées par le travail ? Evidemment, la première parade est de réclamer une véritable taxation du capital et des revenus financiers. Mais pour réduire le poids de la finance il faut s’attaquer à l’énorme accumulation de capitaux dont la masse tend à  reprendre du volume au gré des politiques d’austérité sociale, de baisse des dépenses publiques et de soutien à la croissance financière des grands pays capitalistes.
Selon l’agence américaine Bloomberg, la capitalisation boursière mondiale fin 2013 s’élèverait à 61 975 milliards de dollars contre  60.000 milliards en 2007, juste avant la crise de 2008. C’est un nouveau record dans l’histoire contemporaine. En 2013, elle a progressé de 29 % aux Etats-Unis (indice Standard & Poor’s), de 18 % en France, de 25,5 % en Allemagne, de 14 % au Royaume-Uni, de 57 % au Japon.
Le soufflet financier a recommencé à enfler en France particulièrement. De quoi est-il constitué ? D’abord d’un énorme matelas de titres de dette publique, dette de l’Etat, des organismes sociaux, des collectivités territoriales. Ce sont des bons de trésorerie à très court terme et aussi des obligations à 5, 10, 15 ans, … Ils ont représenté un total de 168,8 milliards d’euros en 2013 qui sont venus grossir une dette dont l’encours s’élève à 1 457 milliards d’euros, soit 92 % du PIB. L’endettement financier des entreprises a lui continué d’augmenter même si c’est dans de moindres proportions. C’est tout cela qui fait gonfler le soufflet financier.
Comment s’y attaquer ? Il est possible d’utiliser plusieurs atouts. Le développement d’un crédit bancaire sélectif, privilégiant le financement de dépenses utiles à la croissance et à l’emploi, au détriment du financement sur les marchés financiers en est un. Le changement du rôle de la BCE en est un autre. Elle pourrait réduire sensiblement la pression de la finance sur les institutions publiques en se substituant à elle pour une part importante de leur financement. En rognant progressivement cet énorme amoncellement de capitaux, on diminuerait leur coût pour la société.

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