Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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L’Ile de France malade du chômage et de la casse des emplois

La région parisienne a connu dans la dernière année une importante croissance du chômage et un recul sensible de l’emploi industriel qui n’est plus compensé par les créations d’emplois du tertiaire. Celui-ci, aussi, voit ses effectifs commencer stagner, notamment dans les entreprises de services aux entreprises.

 

Le cap des 500 000 chômeurs est dépassé

Le nom bre de chômeurs de caté gorie 1 passe ainsi de 418000 en 2000 à 487 000 entr e 2002 et 553 000 en septembr e 2003 (soit + 135 000 et plus 29% en deux ans) . Le nom bre de chômeurs de caté gorie 1 y a progressé de 11,2 % contr e 7,0 % en France (ent re septembr e 2002 et septembr e 2003 ). Cette évolution régionale accé lérée par rappor t au r ythme nat iona l se retr ouve pour les jeunes et pour les chômeurs de longue durée . Ainsi, chez les moins de 25 ans , le nom bre de chômeurs recensés dans la caté gorie 1 progressent de 15,2 % contr e 8,3 % en France .

Quant au nom bre de chômeurs de longue durée , il explose (+19,0 % contr e + 8,0%).

Un taux de chômage régional de 9,5%

Le taux de chômage régional a progressé de 0,3 point de 9,2% à 9,5% (cont re 0,1 point, de 9,4 % à 9,5% pour la France ) au cours des 3 derniers mois.

Ainsi, sans doute , pour la première fois depuis longtemps , le taux de chômage d'Ile-de-France atte int le niveau national.

Evolution du taux de chômage




 

France

Ile de France

accroissement

Sept. 02

9,40%

9,50%

+0,1 point

Sept. 03

9,20%

9,50%

+0,3 point

 

 

 

 

 

Sources : DARES : tableau de bord de la politique de l’emploi

L’Ile de France a perdu 50 000 emplois sur un an

Selon l’enquête du GARP, « Sur un an, dix régions affichent une baisse de em ploi dont l'île de France (1,2 %), la Lorra ine et Cham pagne Ardennes (-1, 0 % chacune) , la région Centr e (0,9 %), Picar die ( 0,8 %) ». Il a noté que toutes ces régions en régression sont concentrées , pour l’essent iel dans la zone d’influence de la région parisienne . En 2003, le recul de l’emploi tota l dans la région s’accé lère avec 50 000 emplois. Cela est encor e lié à la chute des emplois industr iels en France 1 emploi sur 40 y a disparu depuis 1 an. Mais il se confirme que les emplois de ser vice ne com pensent plus les emplois industr iels, avec 1300 em plois ter tiaires supp lémenta ires depuis le début de l’année , ses effect ifs stagnent . Un reflux de ces emplois dans les ser vices aux entr eprises qui rassemb le le quar t des emplois (-7 343 emplois et –0.7%) a même été constaté dans la région en 2002, avant même l’aggravation sens ible du premier semestr e 2003.

Déjà cette année là, le recul de 10 000 emplois dans la région, soit les 3/5 des pertes d’emploi de l’ensemb le du terr itoire éta it préoccu pant , d’autant que ce chiffre masqua it la saignée cons idéra ble dans l’industr ie régionale (près de 30 000 emplois et -3,1%) et que les retom bées les plus violentes du retournement de la conjonctur e sur l’emploi industr iel se situaient dans deux dépar tements de la région parisienne : le Val de Marne qui a perdu 6,7 points par rappor t à 2001 (on passe d’une croissance de 5,9 % en 2001 à une per te de 0,8% en 2002, et dans les Hauts de Seine qui perd 4,3 points (+ 2,5% en 2001 à 1,8% entr e 2002).

On trouve à l’origine de ces difficultés une straté gie, par tagée par la droite et le Par ti socialiste, qui a voulu faire de Paris une grande place financ ière européenne au ser vice des marchés financ iers et cherché à trans former la région en pole d’attract ion des sièges sociaux des multinationales. Mais ces choix pour la guerr e économ ique des capitaux, au détr iment de ses atouts , notamment dans l’industr ie et la recherche publique et d’entr eprise ou dans les ser vices publics a été un échec. Mais plus grave, elle a rendu Paris et sa région plus dépendants des fluctuat ions de la conjonctur e et les a fragilisés. D’ou la gravité du recul de l’emploi conjointement à l’aggravation de la précar ité et de l’exclusion.

Les mesur es sur l’emploi annoncées par le gouvernement : RMA, les nou veau x contrats jeunes avec encor e moins de format ion, les chèques emploi, nouvelle forme du travail à tâche , vont encor e accr oître la précar ité et relancer les concur rences de la baisse des salaires et des em plois. Tan dis qu'il veut aggraver la casse des emplois dans la fonct ion publique et les ser vices publics (de la Banque de France , à la France Télécom, l Poste ou EDF).

Le Par ti socialiste, notamment d ans l a gion , n ' enten d p as remettr e en cause ses choix stratégiques visant auss i à faire de l'Île de France une métr opole pour la guerr e économ ique sous la domination des mar chés financ iers , ni utiliser autr ement les pouvoirs et les moyens financ iers dont il dispose au Conse il régional ou dans les Conse ils générau x qu’il dirige. C’est ainsi que malgré l’opp osition des conse illers générau x commun istes auxquels se sont ralliés quelques élus de gauc he, le département de l’Essonne vient de décider d’accor der une impor tante sub vention à la multinationale Altis à Corbeil sans la moindre contr epar tie et alors que cette entr eprise réalise d’énorme profits.

 

L’exigence d'ouvrir d’autr es pers pectives concrètes est au cœur des propositions pour l'emploi et de la format ion des commun istes de l'Île de France . Pour cela il a été mis au centr e du projet régional le développement de l'élévation des ca pacités humaines et des qualificat ions pour une nouvelle efficacité sociale et écologique.

Cette démar che enten d s'appuyer sur l'inst itut ion d'un Fonds public régiona l pour favoriser l' em p loi, l a format ion et les nou velles techno logies et sur un pôle financ ier public et décentra lisé r egrou p ant la Caisse d es dépôts , la Poste et les caisses d’épargne ainsi que leurs filiales pour initier un nou veau cré dit sélectif pour des projets d'investissement incitant à la créat ion d'emplois et à des mises en formation.

 

  1. Si l’examen ne concerne que le chômage de la catégorie 1, l’évolution de celle-ci est largement représentative du chômage global. Ainsi selon une étude du GARP, fin septembre, « La France compte 2 373 100 demandeurs d'emploi de catégorie 1, soit une augmentation annuelle de 109 000 personnes. La population potentiellement indemnisable (catégorie 1, 2, 3, 6, 7, 8 et dispensés de recherche d'emploi), a vu également ses effectifs croître de 137 500 individus en un an, pour atteindre un niveau de 4 022 700 personnes au 31 décembre 2002 ».

 

Annexe:

Déclaration des Unions régionales Ile-de-France CGT FO CFE CGC UNSA FSU

 

La gradation accélérée et importante de la situation de l’emploi est

préoccupante dans notre région.

L’Ile de France est frappée de plein fouet par le recul de la croissance. Elle détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée et les services publics ne sont pas épargnés.

Tous les paramètres économiques sont en baisse : industrie, services marchands, activités touristiques, création de logements, emploi, salaires….

Ce qui entraîne des conséquences sociales lourdes pour nombre de salariés et de familles. Dans notre région, 531 400 demandeurs d’emploi sont recensés et un million de gens vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Face à cette situation les organisations syndicales régionales proposent les revendications suivantes :

  • l’augmentation de tous les salaires, retraite, pensions, et des minima sociaux.

  • La mise en place d’une politique régionale ambitieuse favorisant l’emploi pérenne dans l’industrie et les services permettant de combattre la précarité et l’exclusion.

  • L’amélioration des conditions de travail avec l’égalité entre hommes et femmes et la lutte contre le harcèlement.

  • Un autre usage des ressources des entreprises avec la création d’un fond régional de développement pour l’emploi et le contrôle des fonds publics.

  • Des moyens pour l’éducation avec des formations qualifiantes pour les jeunes et les salariés avec la mise en œuvre du droit individuel à la formation.

Pour donner tous leurs sens et poids à ces revendications les unions régionales CGT FO CFE-CGC UNSA FSU appellent les salariés et les syndicats à signer les pétitions qui seront remise au Préfet de Région le mercredi 17 décembre à 12h.

Elles demandent ce même jour une audience au Préfet et MEDEF de l’Ile de France.

 

Paris le 18 novembre 2003