Présentation des articles du numéro de Mars-Avril,

668-669

dÉconomie et Politique

 

Prix : 9,5 €

Pour commander ce numéro : Economie et Politique, 2 place du Colonel Fabien. 75019 Paris

 
SOMMAIRE

Sommaire du Numéro 668-669

ÉDITORIAL

Peuple d'Europe, levez vous !

Alain Morin

 

CONJONCTURE

 

L'Union européenne : La crise explose

Les événements de 2007-2008 - de la crise dite des subprimes à la faillite de Lehman Brothers - ont inauguré le basculement de l’économie mondiale dans une phase de la crise où l’effondrement complet du système financier devient une réelle menace. Comme nous l’avions anticipé, la spéculation actuelle sur les titres d’État grecs est une suite directe de ces évènements (1). Une partie des capitaux qui ont fui les marchés touchés par la crise des su bp rimes et ses suites est toujours à la recherche d’occasions de profits. La quête de sources de profits spéculatifs est d’autant plus pressante pour les détenteurs de capitaux financiers que les bases d’un retour à une croissance saine et durable sont bien loin d’être établies. Dans les pays industrialisés, l’activité est encore aujourd’hui nettement inférieure à ce qu’elle était avant la crise des subp rimes, le chômage a explosé, l’emploi est gravement affaibli.

Denis Durand

 

Pour des avancées fondamentales sur des services publics et communs depuis le plan local et régional.
Face à la radicalité de la crise du capitalisme et du libéralisme, nous avons besoin d’une expansion extraordinaire des services publics. Or, leur défense et leur progression seraient possibles depuis le plan local et régional. Et cela pourrait contribuer à une autre construction au plan national et au plan européen. Et même par là au mondial. D’où, la grande portée de cette question cruciale des services publics, au carrefour de toutes les solutions à la crise systémique de la civilisation occidentale mondialisée.

Paul Boccara

 

 

DOSSIER SPECIAL RETRAITEETRAITES

 

EDITO

Satisaire la finance ou les êtres humains

 

PREMIERE PARTIE

Les défis démographiques, sociaux et économiques

 

La crise des retraites dans la crise du système capitaliste

Depuis le tournant 2008-2009, c’est l’ accélération des événements, le refus de tirer les leçons. Les dirigeants ont dit : « plus rien ne doit être comme avant ». En réalité, parce qu’on continue à faire comme avant, c’est pire qu’avant!
D’où la montée en Europe des efforts du capital financier, avec le déchaînement de la spéculation, pour casser le modèle social, avec un nouvel horizon exigé par les marchés : le report de l’âge de la retraite à 67 ans, à partir des maillons les plus faibles.

Catherine Mills

 

Pas de fatalisme du déclin démographique

L’arrivée à la retraite des générations du baby-boom et l’allongement de l’espérance de vie après 60 ans sont présentés comme pesant sur le rapport de dépendance démographique (1) et considérés comme la cause ma­jeure des problèmes de financement des régimes de retraite. La part relative des 60 ans et plus dans la popu­lation devrait augmenter de 50 % entre 2005 et 2050, passant de plus de 20 % de la population totale à plus de 30 % en 2050 (+ 50 %). Le rapport entre les 60 ans et plus et les 20-60 ans pourrait passer de 0,37 en 2005 à 0,66 en 2050. De même, le rapport retraités/ cotisants pourrait passer de 0,5 en 2005 à 0,8 en 2050, de sorte qu’il n’y aurait plus en 2050 que 1,2 cotisant par retraité pour 1,8 en 2005. Mais dans ce rapport cotisant – retraité ce qui est décisif c’est avant tout le nombre de cotisants, c’est-à-dire l’emploi
Catherine Mills

 

Retraites : Le défi demographique exige d'autres politiques d'emploi et de gestions d'entreprises

Le nombre de gens âgés de plus de 60 ans aug¬mente (+ 24% depuis 1993 et a doublé depuis l'après guerre), ainsi que l'espérance de vie (res pectivement + 12% et + 51%). Cela génère, à niveau de pension donné, un besoin qu'on peut appeler « démo-graphique » supplémentaire de 36% (= 24%+12%) de-puis 1993, ou de + 159% (soit un facteur 2,59) depuis l'après guerre. Le défi démographique est donc réel, y compris depuis la période récente. Ceci d'autant plus que le nombre de gens d'âge actif (20 à 60 ans, donc potentiellement actifs) a augmenté nettement moins vite. Cela génère effectivement une augmentation du nombre d'inactifs par personne d'âge actif (+ 15% depuis 1993 et + 40% depuis l'après guerre). Avec les retraites, on a un défi démographique réel qui se heurte de plus en plus aux gestions des entreprises contre l'emploi et pour la croissance financière Mais en réalité, dans le passé, la réponse à ces défis démographiques, plus aigus aujourd'hui, a été très largement le progrès formidable de la productivité totale du travail.

Frédéric Boccara

 

La sécu minée par la crise

Les revenus salariaux ont subi une chute massive en 2009 illustrée par le recul de la masse salariale. Ce recul de 480 milliards à 465 milliards (-1,3 %)
constitue une baisse historique puisque c’est la première fois qu’il y a une régression annuelle de la masse salariale depuis la création de l’INSEE en 1949.
La crise économique va également réduire le montant des cotisations versées par le secteur privé en lien avec la régression de la masse salariale Ainsi, si la part des cotisations dans la masse salariale était restée identique (36,6 %) à celle constatée en 2007 et 2008, la perte de recettes pour les caisses de la sécurité sociale s’élèverait à environ 6 milliards d’euros pour 2009.

Alain Morin

 

DEUXIEME PARTIE

Le poids des réformes passées

 

 

De la réforme Baladur à la loi Fillon : un Rabotage tout azimut

La loi Fillon de 2003 prolonge et aggrave les mesures de la réforme Balladur de 1993. Sa promulgation ne se fera qu’après de nombreuses résistances exprimées lors de très importantes manifestations populaires, l’argument du « sauvetage » de la répartition à travers les mesures d’août 2003 étant largement contesté.

Catherine Mills

 

Régimes Spéciaux de la retraite à la moulinette libérale sarkosienne

Le financement des retraites est présenté comme impossible, la seule solution préconisée serait la remise en cause du système solidaire français.La dramatisation et la menace de régler par décret les prétendus « privilèges » des régimes spéciaux ont conduit à leur remise en cause. En fait, si ceux-ci apparaissaient quelquefois plus avantageux, c’est surtout en raison du laminage des retraites du régime général par les réformes de 1993 et de 2003

Catherine Mills

 

Le rendez vous de 2008

Augmenter la durée des cotisations pour tous

Après les quarante annuités de cotisations, d’abord pour les salariés du privé (1993), puis pour ceux du public (2003), après la réforme des régimes spéciaux (2007), le rendez-vous de 2008 porte à 41 ans la durée de cotisation en 2012 pour prétendre à une retraite à taux plein, 42 ans un peu plus tard. Tandis que les prétendues garanties et compensations pour les plus fragiles sont illusoires.

Catherine Mills

 

Une attaque frontale contre les pensions de la fonction publique

5,3 millions de personnes travaillent dans les trois versants de la fonction publique. Parmi elles, seules 3,9 millions relèvent du statut de fonctionnaire. Au 31 décembre 2008, 2,4 millions de pensionnés sont recensés pour les trois versants de la fonction publique et perçoivent une pension moyenne de 1 655€/mois, selon le ministère du Budget.

Rolland Perrier

 

 

 

TROISIEME PARTIE

La réforme du gouvernement de 2010

 

 

 

Le document d'orientation gouvernemental: programmer la regression

Le document d’orientation gouvernemental relatif à la « réforme » des retraites, tout en cherchant un consensus et à désarmer les résistances, programme la régression des pensions, le recul de l’âge de la retraite et l’accroissement de la durée des cotisations. Il refuse, pour l’essentiel, de véritables moyens nécessaires pour le financement des retraites

Catherine Mills

 

Les retraites par capitalisation dans la crise : une étude contradictoire de l'OCDE

La capitalisation des retraites n’offre aucune garan­tie dans un système spéculatif. Selon l’OCDE, la chute des cours de bourse a fait baisser les pensions de 23 % dans les pays où ce système de re­traite par capitalisation prédomine, soit de quelque 5 400 milliards USD au total dans les pays de l’OCDE. Les régimes privés de retraite ont subi de plein fouet le repli du cours des actions et de l’immobilier.

Catherine Mills

 

Cadre idéologique de l'offensive de la Droite sur les retraites

La bataille idéologique de la droite est construite à partir d’une matrice générale que l’on retrouve derrière le traitement de tous les autres problèmes et qui est aussi à la base, pour l’heure, d’un consensus entre la droite et les sociaux-libéraux en Europe. Et c’est dans ce cadre qu’elle développe un argumentaire propre à fataliser « sa » réforme des retraites.

Yves Dimicoli

 

Les propositions du Parti socialiste sur les retraites, le diable dans les détails

Au-delà d’une présentation de tonalité sociale et de contestation de la finance, le document « une réforme juste, efficace et durable » du parti socialiste sur les retraites est marqué par un désir de conciliation de plus en plus intenable entre le maintien de la logique de la rentabilité et des marchés financiers, et des prélèvements publics et sociaux sur les richesses à renforcer. On reconnaît certes le besoin de financements accrus, voire la nécessité d’impliquer les entreprises, et certains revenus du capital. Mais on ne touche pas aux entreprises et on ne fait que de la répartition, statique. On ne voit pas que la question fondamentale c’est l’emploi et la base « salaires » des cotisations, et donc qu’il faut changer le comportement des entreprises. Si on ne fait que taxer plus, elles réagiront, « l’assiette » de cotisation s’évaporera (ce que la droite à commencé à dire). Elles pousseront des cris d’orfraie sur la mise en cause de leur sacro-sainte « compétitivité ». C’est pour cela que la majorité des français, qui ne s’y trompent pas, pensent que le PS ne tiendra pas cela lorsqu’il sera au pouvoir. Ces propositions font ressortir d’autant plus le besoin de taxation précise des entreprises sur leurs comportements de rentabilité contre l’emploi, avec le double « levier » : leurs revenus financiers et la modulation des cotisations. Elles font ressortir à quel point la bataille des retraites ne peut pas être coupée de celle de l’emploi et des autres questions, comme l’euro et la politique monétaire. C’est dire à quel point elle est systémique et concerne tout le monde.

Alain Morin

 

QUATRIEME PARTIE

Un enjeu de civilisation : des propositions alternatives pour une réforme de progrès

 

 

Un nouveau financement de la retraite est possible et indispensable

Les retraites sont systématiquement présentées comme une charge, pour la société et pour les entreprises Pourtant, articulées à une politique familiale dynami­que et moderne comme à une politique de formation (des jeunes, mais aussi d’une formation tout au long de la vie) et à une création d’emplois efficace, elles contribueraient au contraire au développement éco­nomique et social

Catherine Mills

 

Pour défendre la répartition, promouvoir et réformer les cotisations sociales

Il faudrait dégager d’ici 2050 selon le rapport du COR, entre 1,9 % du PIB et 3,2 points de PIB supplémentaires, pour faire face aux besoins de
financement des retraites, selon les variantes, ce qui, en réalité, doit être relativisé, y compris au regard de l’évolution démographique et de la montée des besoins sociaux liés à la retraite.
Nous voulons garantir le financement des retraites et répondre aux nouveaux besoins, en maintenant et en développant le système par répartition.

Catherine Mills

 

 

Suppression des exonérations de cotisations patronales pour une relance véritable de l'emploi

Face à la montée du chômage qui en 1993, avait atteint 13 % en France, et aux immenses difficultés des PME, c’est le choix d’abaissement du coût du travail, promu par la droite et d’inspiration ultralibérale, qui a prévalu pour, prétend-on, créer des emplois non qualifiés en les rendant moins coûteux pour les entreprises

Alain Morin

 

Sécuriser l'Emploi et la Formation

La perte de 640 000 emplois dans le secteur privé, pendant la crise de 2008-2009, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, l’explosion du chômage des jeunes et du chômage de longue durée sont les principales causes des difficultés actuelles du financement de la retraite.

Cecile Bidard

 

Retraite: les syndicats, asociation et organisations politiques de gauche et de la jeunesse prennent parti

Dans le cadre d’un appel intersyndical large regroupant les organisations syndicales et politiques de la jeunesse de gauche, les jeunes ont rappelé leur attachement au système par répartition et leur volonté de défendre leur droit à une retraite digne dès 60 ans. Nous publions de longs extraits de cet appel...

 

 

 

Un service public de promotion des personnes agées et de leur activités sociales, enjeun de civilisation.

Au-delà de l’opposition et des résistances à la dite « réforme » gouvernementale sur les retraites, répondant de façon réactionnaire aux défis démographiques objectifs et fondamentaux de notre époque, au-delà même des contre-propositions efficaces sur les financements, c’est une transformation sociétale de très grande ampleur, concernant toutes les situations des personnes âgées, qui est en cause, et un véritable enjeu de civilisation.

Paul Boccara