Economie & Politique

Sommaire du numéro de mai juin 2008

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Sommaire
le sommaire du N° 6
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Présentation des articles du numéro :


ÉDITORIAL

35 heures, marché du travail : riposter au coup de force de Sarkozy

Roland Muzeau

ACTUALITÈ

Rassemblement du salariat et nouvelles conquêtes sociales

Marie-José Kotlicki

Pour Sarkozy l’illusionniste, les grèves auraient disparu… Il est vrai qu’elles passent inaperçues sous l’effet de la censure et le contrôle médiatique sans précédent qu’il exerce. Vouloir à ce point rassurer ses troupes Ump n’est pas un signe de force. Le gigantesque dévoiement de sens opéré lors de la campagne présidentielle a atteint ses limites. Les slogans «ensemble tout est possible» et «réhabiliter le travail» rompaient avec des discours politiques fatalistes de cogestion face à l’Europe et à la mondialisation financière .

De la présidence française de l'UE aux européennes de 2009

Europe : un irrépressible besoin de changement

Daniel Cirera

La France prend la présidence de l’Union européenne dans un environnement politique et économique, social, particulièrement troublé et incertain. Au lendemain de son élection, Nicolas Sarkozy entendait faire de cette présidence un grand moment d’autocélébration, du «retour de la France en Europe» avec l’adoption annoncée du traité concocté avec Angela Merkel pour tourner la page des non français et néerlandais de 2005. Il entendait aussi utiliser cette opportunité pour accélérer le train des «réformes» de démantèlement social, sous couvert de mise aux normes de la «compétitivité» européenne.

L’arnaque de l’offre «raisonnable» d’emploi

Yves Dimicoli

Le projet de loi «relatif aux droits et devoirs des demandeurs d’emploi», qui pourrait être débattu au Parlement avant la fin de la session d’été, le 14 juillet, énonce pour l’essentiel des devoirs accrus pour les privés d’emploi et des sanctions plus lourdes en cas de refus d’offre d’emploi.

DOSSIER CRISE FINANCIERE

Paris, 15 mai 2008 : rencontre sur la crise financière,

sa portée, les propositions des communistes

La crise financière, sa portée, les propositions des communistes

Paul Boccara

La crise financière qui a éclaté à partir des États-Unis, à l'été 2007, a déjà fait l'objet de nombreux commentaires, soit extrêmement alarmistes, soit, au contraire, rassurants. En réalité, alors qu'on reconnaît son ampleur et sa nouveauté, elle serait révélatrice de la maturation des transformations profondes et de la crise systémique radicale du capitalisme financiarisé et mondialisé. Au-delà de sa portée immédiate, ce sont les suites du processus et sa grande portée aux plans économique, social, politique et idéologique d'ensemble qui sont en cause. Des propositions radicales concernant des mesures et des luttes novatrices auraient une opportunité historique pour être présentées comme réalistes, en répondant non seulement aux besoins à court terme mais aussi à long terme des populations en France, dans l'Union européenne et dans le monde. Face aux défis de la nouveauté profonde de la situation et de ses risques, elles peuvent faire l'objet d'un débat durable avec les militants syndicalistes, associatifs et politiques ainsi qu'avec les élus, pour leur développement dans des actions rassembleuses et persévérantes. Et cela, en contribuant au débat si nécessaire aujourd'hui à gauche, face au social-libéralisme et au Sarkozisme, avec l'apport des analyses marxistes et des communistes devant les défis profonds non seulement de résistance mais d'avancées sociales transformatrices.

Afin d’introduire cette discussion, je vais considérer trois parties :

1 – la crise financière, comme révélateur.

2 – sa portée immédiate et globale à plus long terme.

3 – des propositions novatrices pour les luttes.

Un enjeu stratégique : le financement des PME

Denis Durand

Frappées de lourdes pertes par la crise dite des «subprime», les banques se préoccupent maintenant de limiter leurs risques et de renforcer leurs «fonds propres» en émettant des actions ou en conservant une part accrue de leurs profits en réserves. Cela leur coûte cher et les incite à freiner l’expansion des crédits qu’elles accordent à leur clientèle.

Fonds de pension : comment monter les alternatives ?

Catherine Mills

Les réformes en France comme dans l’Union européenne, prétendent faire concurrence aux fonds de pension étrangers, notamment anglo-saxons, qui sont les acteurs décisifs des effondrements financiers dans le monde. En réalité ces «réformes» régressives minent le financement de la protection sociale solidaire en participant à l’explosion de la financiarisation de l’économie, contre la croissance réelle, l’emploi et le développement humain.

Les Fonds de pension jouent contre les retraités

José Caudron

S’il était besoin de convaincre de l’efficacité économique des retraites par répartition, l’analyse de l’évolution des Fonds de pension depuis 2000 pourrait suffire. Amplement secoués en 2001 par l’explosion de la bulle internet, à nouveau dans la tourmente par celle de la bulle immobilière, ceux-ci ont enregistré en moyenne des pertes de l’ordre de 20% depuis août 2007. Certains ont disparu corps et biens comme l’un des fonds Carlyle aux États-Unis. Le drame est que les fonds de réserve souverains ne sont pas épargnés. En Norvège, le fonds chargé de gérer les dividendes de la hausse du pétrole (dont le pays est devenu le second exportateur mondial) dans l’intention de constituer des réserves pour le système de retraite a vu ses avoirs placés sur les marchés financiers fondre de 20 milliards d’euros en 6 mois. Plus «modestement» en France, le système par capitalisation de la Fonction publique, la Préfon, accuse des pertes colossales et le Fonds de réserve des retraites enregistre en un an une perte de 3,1 milliards, soit pratiquement 10% des avoirs totaux début 2007.

Le cancer financier dans la santé !

Michel Katchadourian

La santé, la retraite, la protection sociale, banalisées, marchandisées, financiarisées, pour les vautours de la finance. La bataille fait rage autour de ces secteurs. Jusqu’à présent considérées comme des secteurs d’activités «à part», loin des règles du business, la santé, la protection sociale sont menacées de perdre par pans entiers leurs caractères solidaires. Avec les dossiers contenus dans les réformes programmées par l’hyper- libéralisme, des médicaments en vente libre, des nouvelles règles de gestion comptables de l’hôpital public, de la possible embauche de médecins en CDD, de la montée des complémentaires santés, des assurances retraites, des franchises «médicales», des règles prudentielles qui asphyxient le mouvement mutualiste, drainent les cotisations à la Bourse. Les barricades sociales tombent les unes après les autres, fragilisant l’ensemble des citoyens. De rapports d’«experts» apôtres du libéralisme, de campagnes de dénigrements, en réformes statutaires, Hippocrate et Sécurité sociale tanguent dangereusement. Pour le meilleur, aux yeux des libéraux. Pour le pire, s’inquiètent les communistes avec tous ceux qui sont attachés aux principes d’une sécu solidaire, d’un accès à la santé de qualité pour tous.

LBO : un levier pour financiariser les entreprises

Philippe Matzkowski

«Leveraged by out», rachat à effet de levier. Derrière cette terminologie anglo-saxonne, se cache une technique d’acquisition d’entreprises à crédit par des fonds d’investissement avec des financements bancaires. Les repreneurs cherchent à dégager la meilleure rentabilité financière afin de rembourser la banque et de revendre l’entreprise avec plus-value. Quitte à malmener l’outil humain et industriel.

Comprendre le fonctionnement des marchés financiers

Robert Lamplé

Comment dénoncer, s’opposer, imaginer une alternative au capitalisme financier si on ne sait pas comment il fonctionne, quels en sont les modalités, les intervenants et les motivations.

Agriculture : notre planète alimentaire vit sous la menace du chaos

Gérard Le Puill

Des stocks céréaliers inférieurs à deux mois de consommation dans le monde, des conditions climatiques défavorables et des masses de capitaux à la recherche de profits rapides. La conjonction de ces trois données a provoqué un doublement du prix des céréales et des oléagineux sur les marchés internationaux en quelques mois. Mais le pire est encore à venir si la totale liberté d'un marché agricole devenu ultra-spéculatif l'emportait demain sur les politiques de régulation et sur la défense de la souveraineté alimentaire. Surtout que la flambée du prix du pétrole va accroître les superficies consacrées aux agrocarburants. Alors que la France vient de prendre la présidence de l'Union européenne, il est urgent de définir une autre orientation pour la politique agricole commune.

Pétrole il n'y a pas que les actionnaires de Total qui ...trinquent

Jean Oullins

Si l’impact récessif de la hausse des prix pétroliers sur la croissance française semble moins important que lors des chocs pétroliers des années soixante-dix et quatre-vingt, les conséquences économiques ne sont pas négligeables : alourdissement du coût énergétique et dégradation du commerce extérieur, impact sur les prix à la consommation et sur le niveau de vie, transferts de richesses entre ménages et secteurs économiques, tension fiscales.

Total : profiter plus pour gâcher plus

Yves Dimicoli

Il est légitime de mettre à contribution les résultats financiers du groupe Total comme le propose le PCF pour diminuer le racket des automobilistes.

LOI DE MODERNISATION DE L’ECONOMIE

Tous patrons ? Tous exploités !

Sylvian Chicote

Diminuer encore et encore le coût du travail est l’obsession constante des capitalistes. Toujours moins pour les salaires, toujours plus pour les profits. Cette course aux profits exacerbée par l’accumulation gigantesque des capitaux qui exigent leurs 15 % minimum de rendement conduit l’économie mondiale dans de très graves difficultés mais la crise financière ne sert aucunement de leçon. Au contraire, plus le système s’enfonce dans la crise, plus ses dirigeants économiques et politiques s’entêtent à vouloir baisser les revenus salariaux.

ENTREPRISES PUBLIQUES

Pour un pôle public de l’énergie

Entretien avec Eric Roulot

Au moment où le gouvernement pousse à la privatisation des entreprises du secteur de l’énergie et à leur dépeçage, je pense que le PCF doit agir pour ouvrir des alternatives de progrès. La critique du système capitaliste est nécessaire mais ce qui est mieux, à mon sens, c’est de proposer aux salariés et aux usagers de s’engager dans les voies de la transformation sociale afin de faire renaître, au sein de ce secteur, l’espérance révolutionnaire.

CHRONIQUES DES INSTITUTIONS EUROPEENNNES

Sur les demandes dérangeantes d’Air-France et l’absence de politique industrielle européenne

Yann Le Pollotec

Air France, comme d’autres compagnies aériennes, du fait des contraintes écologiques et de la hausse du prix du pétrole, réclame à Airbus et à Boeing, des successeurs de l’A320 et du 737 qui consommeraient 20% de kérosène en moins. L’état de la technologie, permettrait de concevoir et produire à court terme de tels avions. Mais pour préserver les dividendes de leurs actionnaires, ni Airbus, ni Boeing ne veulent investir maintenant dans ce nouvel avion.

Refinancement des banques par la BCE : entre mépris et panique

Yann Le Pollotec

Lors de la session parlementaire de juin 2008, Jacky Hénin a posé la question suivante au représentant du Conseil des ministres de l’Union europèenne, sur les dangers liés aux conditions de refinancement des banques auprès de la Banque centrale européenne.

PROTECTION SOCIALE

Du rapport Larcher au projet de loi dite de Modernisation de la Santé

Jean-Luc Gibelin

Dans la poursuite de la volonté d’imposer de profonds reculs de société, le pouvoir prévoit la mise en place d’une loi dite de Modernisation de la Santé essentiellement par voie d’ordonnance dans le dernier trimestre. Pour cela, le rapport confié au sénateur Larcher devrait servir de base.

L’institut de données de santé se met en place : une réforme en catimini mais ô combien stratégique !

Docteur Limousin

Le mardi 13 mai 2008, le Quotidien du Médecin donnait un article sur la création de l’Institut de données de santé prévu par la loi Douste-Blazy de 2004 et dont nous avions déjà dénoncé les enjeux (2) lors de la publication de cette loi. «L'heure du grand partage est arrivée» , selon ce journal.

 

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