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Les obsessions de la Cour des mécomptes

La chronique économique de Pierre Ivorra : "Didier Migaud 
a transformé 
la Cour en 
un véritable père Fouettard de l’austérité."

En février 2010, Didier Migaud était alors le président socialiste de la commission des Finances de l’Assemblée nationale et Nicolas Sarkozy a pensé qu’il pouvait faire un coup politique en le portant à la tête de cette institution de la République chargée de contrôler le bon emploi et la bonne gestion des fonds publics, la Cour des comptes. La suite a montré que, question tête, Didier Migaud avait celle de l’emploi : il était paramétré pour transformer la Cour en un véritable père Fouettard de l’austérité.

Qu’on en juge. En octobre 2015, la Cour, dans un rapport, constate les difficultés des collectivités locales et que préconise-t-elle ? De réaliser plutôt des économies importantes sur leur masse salariale et leurs dépenses de fonctionnement. En septembre 2015, lors d’une conférence de presse de présentation du rapport annuel sur la Sécurité sociale, Didier Migaud constate la difficulté à résorber le déficit des comptes sociaux et il ne trouve qu’une seule chose à dire : « Il faut aller plus loin et plus vite. » Et de préconiser de tailler encore plus dans la chair. « L’équilibre des comptes sociaux ne pourra être atteint que par des efforts plus ambitieux sur la maîtrise des dépenses, particulièrement au sein de l’assurance maladie, qui représente à elle seule la moitié du déficit de la Sécurité sociale », tranche le rapport. En décembre 2014, la Cour dresse un constat alarmant de la situation des régimes de retraite complémentaire et que propose-t-elle ? De reculer de deux ans l’âge de la retraite.

Cela a quelque chose du docteur Diafoirus de Molière qui, pour guérir tous les maux, ne préconisait qu’un seul remède : la saignée.

On pourrait croire que l’atmosphère de cette vieille institution qu’est la Cour des comptes est ainsi faite : on y sentirait trop la naphtaline et cela brouillerait l’esprit. Le jugement serait des plus hâtifs. Le précédent premier président de la Cour des comptes avait le nez un peu plus fin. J’ai le souvenir notamment d’un rapport consacré aux prélèvements obligatoires des entreprises d’octobre 2009 qui n’hésitait pas à affirmer par exemple qu’« un coût moyen élevé de la main-d’œuvre ne signifie pas nécessairement une faible attractivité si le pays est spécialisé dans des activités à haute valeur ajoutée ». Ou que le crédit d’impôt recherche, aujourd’hui encensé par la droite et les sociaux-libéraux, « a un effet incitatif incertain sur les dépenses de recherche et développement ».

Philippe Seguin, homme de droite pourtant, savait sortir des chemins battus de la pensée unique. Mais il est vrai que lui ne s’entendait pas très bien avec Nicolas Sarkozy.

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