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Banques de tous les pays, priez pour nous !

La chronique économique de Pierre Ivorra. "Si la planète finance ne s’effondre pas, c’est grâce à l’action des banques centrales."

Nos libéraux pur jus français guettent avec anxiété le moindre geste des banques centrales à travers le monde.

Vont-elles augmenter, baisser les taux d’intérêt ? Ont-elles l’intention de continuer à prêter des monceaux d’argent frais aux banques commerciales ? Ces gens-là, qui passent leur temps à invoquer le libre jeu de la concurrence, ont maintenant les yeux de Chimène pour ces drôles de Rodrigue que sont la Banque centrale européenne, la Federal Reserve américaine ou la banque centrale de la République de Chine, qui constituent, au-delà des différences de statut, autant d’institutions publiques. Ces serviles adorateurs du marché sont à genoux devant l’ombre de l’État. « Léviathan, disent-ils dans leurs prières, ayez pitié de nous, pauvres pécheurs. » Il est vrai qu’ils ont beaucoup péché. Et aujourd’hui, si la planète finance ne s’effondre pas, c’est uniquement grâce à l’action de ces banques centrales. L’économie réelle est toujours très mal en point. Dans la zone euro, les prix, la production sont en baisse, le chômage se maintient à un haut niveau, la précarité et la pauvreté progressent. La croissance chinoise et des émergents s’essouffle. L’économie américaine semble tirer son épingle du jeu mais elle le doit en grande partie au fait qu’elle dispose de l’arme du dollar, pivot du système monétaire international. Dans cette situation, même un service économique aussi peu soupçonnable d’intentions subversives que celui de BNP Paribas constate que l’Europe souffre d’un problème de demande. « Les politiques d’austérité menées à travers l’UEM ont lourdement pesé sur la demande intérieure », constate-t-il dans l’un de ses bulletins. Dès lors que peuvent faire les banques centrales pour relancer vraiment la croissance et l’emploi ? Elles ont très fortement réduit les taux d’intérêt à court terme, fait marcher la planche à billets. Mais tout cet argent qui coule à flots n’a eu pour principal effet que de fournir en munitions l’activité spéculative au détriment de l’activité réelle.

Fin 2014, les PIB des États-Unis, de l’Allemagne et de la France ont, depuis 2009, progressé respectivement de 15,8 %, 17 % et 11,6 %. Les principaux indices de leurs places financières, le Dow Jones, le Nasdaq de New York, le DAX de Francfort et le CAC 40 de Paris, eux, ont frôlé les nuages, augmentant respectivement de 154,6 %, de 246,7 %, de 155,1 % et de 57 %. Qui dit mieux ?

La morale de cette histoire, c’est peut-être que si les banques centrales et la monnaie jouent un rôle aussi essentiel, il faut pourtant savoir comment et au service de qui elles sont mises en œuvre.

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