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Le « in » et le « out » selon le Medef

"Il ne faut pas moins de droits pour les salariés, tout au contraire."

Hollande, Valls, Gattaz, Combrexelle, conseiller d’État chargé de formuler des propositions pour réformer le Code du travail, essaient de faire passer de vieilles lunes pour les astres de demain. Réduire le Code du travail à quelques vagues principes, faciliter les licenciements, substituer l’accord d’entreprise ou de branche à la loi, relever les seuils sociaux, ce serait « in », promouvoir les droits des salariés, ce serait « out ».

Ces messieurs ont la mémoire qui flanche. Savez-vous à quand remonte la revendication patronale d’un relèvement des seuils sociaux ? Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Lorsque la loi de 1946 crée les comités d’entreprise à l’initiative particulièrement du ministre communiste Ambroise Croizat, le patronat vocifère. La chambre de commerce de Paris tonne contre l’obligation de consulter le CE, elle s’insurge contre les 20 heures de délégation accordées aux élus. Il faut noter que, tout comme aujourd’hui, le patronat proteste contre le seuil de 50 salariés fixé pour la création de comités d’entreprise en lieu et place des 100 prévus à l’origine par le général de Gaulle. C’était du Medef pur Gattaz avant l’heure.

Lors de l’assemblée générale du CNPF de juillet 1951, son vice-président chargé des affaires sociales, le très réactionnaire Marcel Meunier, déclare que son organisation souhaite « rétablir le contact entre patrons et ouvriers, refaire du contrat, de la convention collective le fondement des rapports au sein du monde du travail ». Le contrat plutôt que la loi : les idées de pépé Gattaz relèvent de la maison de retraite.

Il faut évidemment négocier à l’entreprise et partout où c’est possible, mais pas pour s’engager en deçà de la loi, dès lors que celle-ci marque un progrès. Sans aucun doute, la production de nos jours s’effectue-t-elle dans des conditions très différentes de celles de l’après-guerre. Le numérique, la révolution informationnelle, les qualifications nouvelles des salariés et aussi la mondialisation sont passés par là. L’activité des entreprises nécessite plus de souplesse, de réactivité, de connaissances. Mais pour remplir efficacement ces conditions il ne faut pas moins de droits pour les salariés, tout au contraire, ils doivent gagner des pouvoirs au sein de l’entreprise tout en ayant la possibilité d’y œuvrer dans la sécurité. C’est dans cet esprit que les communistes et d’autres ont formulé des propositions pour sécuriser l’emploi et la formation.

Selon M. Gattaz, le gouvernement qui réglera le problème du Code du travail « rentrera dans l’Histoire ». Empêchons-le d’y rentrer en marche arrière.

Publié dans l'Humanité

Mercredi, 16 Septembre, 2015
 

 

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