Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Quelle politique énergétique pour la France ?

La crise du pétrole, le chang ement du statut d’EDF, l'acc élération de la déréglementation des services publics relancent le débat sur l'énergie engagé en 2003 avec la discussi on sur les orientations dans les trente ans à venir. Le collectif Energie du PCF a rendu public, pour en débattre, un document « Quelle politique énergétique pour la France ? » qui propose une orientation de ce que pourrait être la politique énergétique de la France pour le PCF, compte tenu des enjeux économiqu es, sociaux, environne mentaux et politiques, qu'il convient de prendre en compte. Nous en publions de large extraits. Ce document est complété par un deuxième texte : « Quelle régulation de la politique énergétique » (1).

 

Quels besoins énergétiques pour les habitants de la planète ?

Trois raisons incontourna bles montr ent que les peuples du monde aur ont besoin de plus d'éner gie. Avant 2050, la Terre com ptera environ 3 milliar ds d’habitants (2) en plus qui naîtront essent iellement dans les pays en voie de développement . Ils aur ont besoin d'éner gie. Par ailleurs , l'Américain moyen consomme environ 13 (3) fois plus d'éner gie qu'un habitant de l'Afrique sub-Saharienne . Si nous voulons rédu ire la misère à l’échelle planéta ire, nous devons impérativement rédu ire les inégalités éner gétiques qui existent entr e les hommes . Pour sor tir du sous-développement , le sud aura besoin d’éner gie. Enfin l'ur banisation accé lérée de toute la planète accr oît la deman de éner gétique.

Evolution de la consommation mondiale annuelle d’énergie primaire (1750-2030)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette deman de éner gétique mond iale a donc toutes les chances d'exploser au 21e siècle. Bien que les analyses pros pectives ne soient pas sans incer titude , elles con vergent toutes vers une augmentat ion impor tante de la deman de d’éner gie à l’échéance du demi-siècle. Le monde a consommé 9346 Mtep (million de tonne équivalent pétrole) en 2000, il est déjà envisagé une deman de de 14907 Mtep en 2020. Dans l'évolution de la deman de mond iale, les pays en voie de développement , principalement la Chine, aur ont un poids grand issant et mod ifieront profondément le face-à-face actue l OCDE/OPEP relatif au pétr ole.

Comment répondr e à cette deman de dans le cadre d'un développ ement dura ble qui économ ise les ressour ces , préser ve les équilibres écologiques, limite le réchau ffement climatique, rédu it les déc hets et les inégalités et instaur e un droit réel à l'éner gie pour tous les habitants de la planète ?

Quels enjeux, quels risques ?

La réponse actue lle à cette deman de croissante d’éner gie est assurée à 80 % par les ressour ces foss iles de la planète (charbon, plus de 60 % pour le pétr ole et le gaz). Or cellesci, du fait de leur localisation et de leur natur e, nous placent devant des limites d’épuisement et des risques géopolitiques et environnementau x.

L'épuis ement des ressources fossil es

Les durées limites d'utilisat ion du pétrole sont généra lement évaluées à 40 ans sur la base de la consommat ion actue lle. Toute fois, les avis diffèrent sur l'évaluation des réser ves d'hydrocar bures. Les économ istes pensent que le progrès techno logique peut rendre conventionnels des gisements qui ne l'éta ient pas dans un passé récent . Les géologues cons idèrent que les grands sites pétroliers ont tous été explorés et qu'aucune décou ver te majeure n'a été faite depuis 30 ans. Nous trouvons actue llement un baril lors que nous en consommons quatr e. La production suit une cour be en forme de cloche dont le sommet corr espond à l'épuisement de la moitié de la ressour ce. Ce sommet sera atte int avant 2010. Ensuite, le pétr ole sera beaucou p plus cher.

Le gaz ne peut pas êtr e ass imilé dans la deman de mond iale d'éner gie à la place occu pée par le pétr ole. Plusieurs facteurs peuvent expliquer son émer gence relativement récente au niveau de la consommat ion mond iale d'éner gie. Les progrès techno logiques des dernières décennies ont permis une réduct ion des coûts de son transpor t qui a favorisé son utilisat ion à l'éc helle planéta ire. Les cycles com binés (gaz-vapeur) , du fait des hauts ren dements énergétiques possibles, ont une efficacité énergétique aujour d'hui recherchée. Pour tant , son utilisat ion à des fins de chauffage industr iel ou domest ique est de loin plus rationne lle que la production d’électr icité. Il offre un avantage incontesta ble vis-à-vis des autr es éner gies foss iles d'un point de vue environnementa l qu'il con vient toute fois de relativiser. Il n'existe pas qu'un seul gaz à effet de serr e qui sera it le CO2, puisque le méthane , issu entr e autr e du gaz natur el, inter vient également dans la modification c himiq ue d e l' atmos ph èr e. On attr ib ue au méthane un pouvoir de réchau ffement corr espondant à 20 fois celui du CO2. Inter venant essen tiellement dans la production d'électr icité, le gaz peut devenir, de ce fait, à l'éc helle mond iale, la seconde sour ce d ' éner gie ut ilisée a pr ès le c h ar b on . Sur la b ase d e la consommat ion mond iale actue lle (elle est en tra in d'augmenter très fortement) , les durées limites d'utilisation du gaz sont évaluées à 60 ans .

En fait, au-delà de toutes les appr éciations sur l'évaluation des réser ves, une limite physique s'impose. L'exploitation énergétique de ces ressour ces

n'a de sens que tant qu'on ne consomme pas plus d'éner gie pour se les procur er qu'elles n'en rest ituer ont lors de leur com bustion. Par ailleurs , nous devons tout faire pour rédu ire notr e consommat ion énergétique de ces deux ressour ces si nous voulons en laisser en héritage à nos petits enfants . Ils trouveront peut-êtr e des utilisat ions plus judicieuses des hydrocar bures, car nous brûlons « bêtement » ce que la Terre a mis des milliards d'années à accumu ler.

Les risques géopolitiques

Les réser ves en gaz et en pétr ole se trouvent principalement au Moyen-Orient et en Russ ie. L'actua lité récente a montré que le contrô le de ces deux ressour ces est l'objet de conflits géo politiques planéta ires qui peuvent aller jus qu'à la guerr e. La fragilité de la stab ilité politique de ces régions , ainsi que celle des pays par les quels ces ressour ces trans itent , nous oblige à êtr e prudent au regard de nos appr ovisionnements en gaz et en pétr ole en provenance de ces régions. Mais ce risque ne doit pas nous faire oublier que le développement de ces pays et l'éventua lité qu'ils puissent surmonter leurs difficultés passe par la vente sur les marchés mond iaux de leurs ressour ces en gaz et en pétrole. Nous devons donc tenir un juste équilibre politique entr e le risque de dépendance énergétique vis-à-vis de ces pays et celui de les désta biliser si le « Nord » arrêta it ses achats d'hydrocar bures.

 

 

 

 

 

Réserves prouvées récupérables de gaz dans le monde en 2000

 

 

 

 

Le recours pour toute la planète à des réser ves de gaz de plus en plus distantes , le transpor t de celui-ci et les investissements qui en décou lent const ituent les principaux enjeux du marché gazier dans les prochaines années . Le financement sûr de ces invest issements dans les pays producteurs pose la quest ion de la pérennité des contrats à long terme face aux règles du marché bours ier précon isées par le libéra lisme de l'Amérique du Nord et de l'Europe. Si le marché bours ier devait se subst ituer aux contrats à long terme , les con ditions politiques de créat ion d'un

« OPEP gazier » sera ient réun ies. Il concernera it un nom bre de pays restr eint dominé par la Russ ie.

Au tra vers des risques de proliférat ion, le nucléaire pose à la communauté internat ionale des problèmes d'une autr e natur e. Le développement des capacités nucléaires civiles entra îne des risques de proliférat ion des matér iaux et des techno logies à usa ge militaire potent iel (par exemple le pluton ium). Le Traité de non-proliférat ion (TNP) contr ibue à la maîtrise de ce risque . Mais, des progrès impor tants restent encor e à faire pour que tous les pays de la commu nauté internat ionale signent ce tra ité. La réa lisat ion de cet objectif est un facteur impor tant qui rédu ira les risques de développement des programmes militaires clandestins. Il s'agit d'un aspect impor tant lié à la politique énergétique. Cette quest ion est com plexe car les données techn iques tout en étant impor tantes ne doivent pas masquer l'essent iel : la paix sur la Terre est une quest ion politique qui ne se résoudra pas par des mesur es d'inter diction d'activités techniques. Si c'était le cas il faudrait inter dire, non seulement les activités nucléaires, mais auss i les activités chimiques et biologiques . Les consé quences des choix de politique énergétique qui appellent des changements dans « l'ordre international » ne peuvent avoir que des solutions politiques .

Les risques environne mentaux

Enfin, à des titres divers , le charbon le pétr ole et le gaz, dans des propor tions différentes , sont émetteurs de gaz à effet de serr e, essent iellement du CO2 mais auss i du méthane pour ce qui concerne le gaz. Parmi les para des pour limiter à terme les consé quences de l'inévitab le réchau ffement climatique de la planète , la réduct ion de la com bustion, en tant que forme d'utilisation de ces trois ressour ces est une nécess ité. Nous devons donc trouver et/ou inventer des solutions alternat ives pour nos trans por ts. Nous devons auss i valoriser les techno logies qui n'utilisent pas la com bustion des ressour ces foss iles pour la production d'électr icité et le chauffage de l'habitat.

 

Cela étant dit, un constat s'impose . Le char bon est l'éner gie foss ile la plus abondante sur la planète et la mieux répar tie entr e les cont inents . Elle sera de ce fait, dans un futur proche, le com bustible n° 1 de la planète . C’est en effet l’éner gie la plus dispon ible pour les pays du « sud ». Mais c'est auss i la plus polluante . Les pays développés se doivent donc d'avoir une politique éner gétique solidaire du sud en les aidant à rédu ire la pollution du charbon par le développement de techno logies d'utilisation plus propres (lit fluidisé, stoc kage du CO2, recherche sur les matér iaux pour améliorer le rendement des insta llations , …) et en leur laissant des marges de man œuvre au regard des contra intes imposées pour limiter les effets du réchau ffement climatique. Les pays développés doivent donc privilégier l'utilisation de formes d'éner gie non émettr ices de gaz à effet de serr e, notamment l'éner gie nucléaire.

Toutes ces raisons amènent à penser qu'un pays comme la France doit envisager et intégrer sa politique éner gétique dans des pers pectives mond iales. Elle est marquée par la fractur e énergétique entr e le Nord et le Sud qu'il convient de rédu ire. Elle impose une dépendance de notr e pays au regard de ses appr ovisionnements en pétr ole et en gaz. L'Union Européenne (à l'exception de la Grande Bretagne et des Pays-Bas) se trouve dans une dépendance analogue. Cette situat ion devrait imposer deux axes d'actions de la politique éner gétique de la France :

  • une volonté de développement des coopérations conjointes avec les pays du Sud,
  • face aux conséquences à terme de l'épuis ement des ressources en pétrole, la politique énergétique devrait affirmer une volonté de réduction de l'utilisation de cette ressource principal ement dans le domaine des transports qui est la principale cause des émissi ons de gaz à effet de serre dans notre pays.

Au-delà de cette intégration dans le conte xte planéta ire, quelles para des les pays développés peuvent-ils envisager pour répondr e aux besoins et rédu ire les risques de différente natur e, voire s'en dégager ?

 

Quelles solutions pour la France et l'Europe ?

L'utilisation de la divers ité éner gétique sans exclure le nuc léaire s'impose si l'on veut pren dre en com pt e les beso ins humains et les contra intes politiques qu'il faut gérer. Ainsi, trois poss ibilités s'offrent aux pays développés pour se dégager des contra intes imposées par les éner gies foss iles : les éner gies dites renou velables, les progrès de l'efficacité énergétique et les éner gies de l'atome .

A par t l'éner gie hydraulique qui est très développée en France , les éner gies renou velables sont des éner gies

diffuses . Elles ont pu répondr e aux beso ins des hommes jus qu'à la fin du 18ème siècle mais leurs

limites ont imposé le recours à d'autr es formes d'énergies plus concentrées . Avec le progrès scientifique et techno logique, elles peuvent aujour d'hui êtr e un app oint intér essant sous cer taines con ditions et/ou dans cer taines régions du monde . Il con vient donc d'accr oître l'effor t de recherche dans leur direction en prenant en com pt e leurs potent ialités futur es, notamment en ce qui concerne les éner gies, géot hermique, ph oto voltaïque et la biomasse .

La France , en applicat ion d'une directive européenne (2001/77/CE du 27 septembr e 2001 qui précon ise pour l’Europe 22,1 % d'électr icité produite à partir de sour ces d'éner gie renou velables dans la consommat ion tota le d'électricité de la Communauté en 2010), s’est sur tout orientée vers l’électr icité éolienne . Or, cette forme d'éner gie ne fourn it de la puissance que quan d il y a du vent. De ce fait, elle est par ticulièrement inopérante en période anticyclonique (périodes de canicule ou de grand froid, là justement où il y à une for te deman de d’électr icité) et elle impose , pour supp léer ses défaillances , des insta llations therm iques (donc génératr ice de CO2). Les aides aux énergies renou velables sera ient plus efficaces actue llement si elles s’appliquaient prioritairement aux éner gies therm iques des éner gies renou velables assoc iées éventue llement à des réseau x de chaleur : géot hermie, pompes à chaleur, solaire ther mique, biomasse , chaleur ou biogaz tirés de la com bustion ou de la décom position de déchets. On peut ainsi préten dre remplacer une fract ion non négligea ble des utilisations thermiques des com bustibles foss iles.

Malgré tout , une conc lusion s'impose ; les éner gies renouvelables sont inca pables, à elles seules, de répondr e de man ièr e stab le et cont inue aux beso ins nat ionau x et mond iaux.

L'améliorat ion de l'efficac ité éner gétique est riche de possibilités à con dition que l'effor t de recherche dans cette direction soit soutenu et que les critèr es marchands (plus on vend d'éner gie plus ça rappor te) ne freinent pas cet indispensab le progrès techno logique. Cette voie en direction des économ ies d'éner gie ne fera sent ir ses effets qu'à long terme car elle deman de des modifications des com portements et des investissements nouveaux pour les ménages. Elle concerne les secteurs du transpor t et de l'habitat. L'effor t de recherche ne doit pas ignor er l'impor tance des transpor ts si nous voulons rédu ire les émissions de gaz à effet de serr e. Par ailleurs , il ne fau drait pas que cette nécessa ire maîtrise de l'éner gie se trans forme en une restr iction qui frappera it en priorité dans notr e pays les plus démun is et aggraverait les inégalités sociales. A l'éc helle mond iale, cette restr iction con damnera it le développ ement des pays du Sud. Le droit à l'éner gie restera it virtue l. Tous ceu x qui précon isent une politique de restr iction éner gétique pour tenter de ne pas faire appel au nucléaire, ne répondent pas à cette quest ion de l'avenir du Sud.

Pour ces deux axes, les énergies renouvelables et l'amélioration de l'efficaci té énergétique, l'effort de recherche est essentiel et doit croître dans des proportions significatives. Cet effort doit s'appuyer sur une recherche fondamentale vigoureuse tout azimut, clé de voûte du développement techn ologique.

Un atout de notre pays : son système de production d'électricité

Ces deux axes du développement énergétique ne sont pas à même de répondr e seuls aux enjeux éner gétiques nationaux et eur opéens . Nous avons à notr e dispos ition, grâce au développement des conna issances inter venu au 20ème  siècle dans le domaine des sciences de la matière (essentiellement la physique nucléaire), des potent ialités énergétiques qui font app el, non pas à des ph énomènes terr estr es, mais à des réact ions qui appartiennent au Soleil. L'éner gie de l'atome est à notr e dispos ition dans ces deux potent ialités : aujour d'hui la fission (4) de cer tains noyaux lour ds (u ran ium, thor ium, …) et dema in la fusion de cer tains noyaux légers (des isotopes de l'hydrogène, ..). Pour rédu ire l'empreinte que les activités humaines laissent sur la Terre et répondr e aux besoins humains, nous devons maîtriser sur terr e des phénomènes qui se produisent sur le Soleil.

Le système français de production d'électricité qui ass ocie essentiellement hydrauli que et nucl éaire a montré tous ses avantages. Il assur e une indépendance éner gétique grâce à ses grandes facilités de stoc kage sur plusieurs années ( d es com b ust ibles nuc léaires) . Emettant un minimum de gaz à effet de serr e, il est une réponse per tinente au réchau ffement climatique. Il crée les con ditions d'une réelle solidarité entr e le Nord et le Sud, tant dans le domaine techno logique que dans l'octr oi de marges de man œuvre supp lémenta ires pour que les pays du Sud puissent utiliser le char bon. Le coût stab le et bas (5) (peu sens ible aux évolutions des marchés monéta ires) du kWh qu'il produit favorise la com pétitivité économ ique, l'emploi qualifié et le droit à l'éner gie. Ses réser ves et l'utilisat ion de toutes ses potent ialités (les réacteurs à neutr ons rap ides) renvoient les problèmes d'épuisement à plusieurs siècles, le temps de la relève avec la fusion, le photovoltaïque et les piles à com bustibles.

 

Comparaison du coût du kWh (taux d’actualisation de 8%) – 1993-1997

 

 

Les réacteurs à eau dominent aujour d'hui l'exploitation de l'éner gie nucléaire dans le monde . Mais plusieurs types de réacteurs , dits de « quatr ième générat ion », représentent l'avenir. Parmi ceux-ci, les réacteurs à neutr ons rap ides peuvent par recyclages success ifs, utiliser la quasi-totalité de l'éner gie contenue dans l'uran ium, recycler auss i l'uran ium appauvri laissé inut ilisé lors de l'enr ichissement isotop ique de l'uran ium et transmuter les rad io-nucléides à longue durée de vie (les déchets nucléaires) produits par la fission nucléaire. Une autr e filière est auss i prometteuse . Grâce aux progrès des turb ines à gaz, les réacteurs à haute températur e sont réétud iés. Ils bénéficient d'une grande iner tie therm ique et sont dotés de larges marges par rappor t à leur point de fonct ionnement tout en étant par ticulièrement sûrs . Leur grande sûr eté intr insè que peut simplifier les systèmes de sécur ité et com penser ainsi le surcoût lié à leur faible puissance volumique. Parmi les réacteurs du futur, il convient de ment ionner les réacteurs à sels fondus et les réacteurs « hybrides » à cœur souscritique et sour ce externe de neutr ons supp lémenta ires.

Pour répondr e aux besoins d'électr icité des França is, assur er la cont inuité de l'effor t de recherche en direction des réacteurs de quatr ième générat ion et mainten ir notr e potent iel industr iel nucléaire, la France doit dès maintenant réaliser les meilleures conditions d'un renouvellement de son parc nucl éaire à partir de 2015 par la réalisation, dans les plus brefs délais, d'un prototype EPR (European Pressurized Reactor) , app ar tenant à la troisième générat ion de réacteur . La réalisat ion rapide d'un réacteur EPR, encor e plus sûr et plus res pectueu x de l'environnement , fiable et com pétitif, permettra it de pérenniser les com pétences du tissu industr iel frança is, de confirmer la présence interna tionale de la France dans le domaine nucléaire, de préparer le renou vellement lissé dans le temps du parc d'EDF et d'atten dre l'émer gence de la quatr ième générat ion.

Le bilan frança is en matière de sûreté et de protect ion de l'environnement des quelques quarante années d'activité nucléaire est positif. Mais, il ne doit pas masquer les risques impor tants qui caractér isent cette forme d'éner gie. Comme toutes les techno logies modernes , le nucléaire deman de que les com pétences individuelles et collectives

des acteurs de son développement et de son exploitation passent à un niveau supér ieur. Les techno logies deman dent et donnent une place et un rôle aux salariés, à tous les niveau x, qualitativement nou veau au regard de leur sens d es res p onsa b ilités . A tra vers d e nou velles formes d'organisation, cette place doit leur êtr e reconnue . La vigilance et l'améliorat ion de la sécur ité passent en priorité par des progrès dans ce domaine dit « des facteurs humains ».

Le système frança is de production d'électricité com por te auss i une par t de production avec des moyens « therm iques à flamme » (tranches au charbon et au pétrole). Nucléaire et production class ique ne s'opposent pas. Ils

se com plètent , car les centra les class iques (dont le kWh est plus cher) possè dent une soup lesse de fonct ionnement que n'ont pas les tranches nucléaires (dont le coût du kWh est le moins cher). Le « therm ique à flamme » inter vient en app ui de la production hydraulique qui ne suffit pas à com penser les variations journa lières de deman de d'électricité. La production éolienne est trop aléato ire pour intervenir dans cette régulation de la production en fonct ion de la deman de. Cette indispensable production du « thermiqu e à flamme » utilisa nt des techniqu es nouvelles plus compatibles avec le respect de l'environne ment pour un développement durable, peut être l'objet d'actions de coopération avec d'autres pays, notamment les pays du Sud qui disposent plus facil ement de charbon.

 

 

 

 

 

Pour assumer les missions de ser vice public et prévenir la crise européenne de production d'électr icité qui est déjà annoncée dans mois et les années à venir, EDF doit dès maintenant décider la construct ion urgente de centra les

« thermiques à flamme », au char bon avec des techno logies modernes plus propres, voire des cycles com binés fonct ionnant au charbon, et des tranches au gaz (tu rbines à com bustion), en remplacement des tranches arr ivées en fin de vie. L'urgence de ces décisions impose que ces réa lisations se fassent sur le site actue l d'EDF où les con ditions de refroidissement du cycle de la vapeur et le raccor dement au réseau de transpor t « haute tension » sont déjà réun ies.

Conclusion

Il n'existe pas d'éner gie parfaite n'ayant que des avanta ges et aucun incon vénient . Toutes les act ivités huma ines com por tent des risques . Ceux de l'éner gie nucléaire sont impor tants . L'accident de Tcherno byl en a montré les consé quences internat ionales qui ont été dr amat iques pour l'Ukraine et les pays limitroph es. Nous savons que les causes de cette catastr ophe sont nom breuses , tant dans la conce ption techn ique de l'insta llation, qu'humaines dans son exploitation. La quest ion se pose de savoir si elles ne sont pas plus « soviétiques » que nucléaires. En tout état de cause , l'éner gie nucléaire sur vivrait difficilement à un deuxième accident de ce type.

Face à l'augmentat ion des besoins éner gétiques dans le siècle commençant , toutes les formes d'énergie sont nécessaires. Parmi toutes ces formes, celle fournie par l'atome est indispensable. Sans elle, la pénur ie d'éner gie s'insta llerait sur la planète fragilisant la paix mond iale. Le manque d'éner gie déchaînera it des guerr es pour le contrô le des réser ves de pétr ole et de gaz qui s'épuiseront rap idement . Les risques du nucléaire sont sérieux, mais ils sont maîtrisables. La pénur ie d'éner gie ne le sera it pas. ■

 

  • Texte consultable sur le site du PCF,
  • Cette évaluation est issue de la dernière étude de l'ONU publiée en 2000.
  • Selon l'AIE (l'Agence Internationale de l'Energie)
  • En fait, dans les années 70, nous avons découvert qu'un « réacteur naturel » à eau légère avait fonctionné il y a quelques millions d'années au Gabon à Oklo.
  • Une récente étude de la DGEMP « Coûts de référence de la production électrique 2003 » a été publiée en décembre 2003. Elle confirme les tendances déjà constatées dans l'étude semblable faite en 1997.

 

 

 

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