Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Drôle de corrida chez PSA Chronique de Pierre Ivorra

L’usine Peugeot-Citroën de Vigo, dans le nord ouest de l’Espagne, aurait décroché la queue et les deux oreilles. Elle vient d’obtenir la production de la fourgonnette K9. Le site galicien était en concurrence avec son homologue slovaque de Trnava. Pour obtenir le K9, la direction du site de Vigo et le syndicat majoritaire (SIT) se sont mis d'accord sur un plan d’austérité courant jusqu’en 2019. Il comporte une perte de pouvoir d’achat pour les salariés, des salaires inférieurs pour les nouveaux embauchés, la suppression ou la réduction de certains compléments de salaire, comme ceux pour le travail de nuit.

Au début de la confrontation entre les sites, le site slovaque se prévalait d’un coût du travail inférieur de 45 %. Les travailleurs galiciens ont donc été soumis à un chantage : soit vous acceptez une baisse de vos salaires, soit le K9 vous passe sous le nez à toute vitesse. Une réduction de 3 euros de l’heure leur a été imposée. Les dirigeants de droite du gouvernement régional galicien ont applaudi et promis d’accompagner le projet.

Cette savante mixture qui associe baisse du coût du travail et aides au capital ressort tout à fait des réformes structurelles que les dirigeants politiques et patronaux européens, allemands et français notamment, la commission de Bruxelles et le FMI appellent de leurs vœux et qu’ils voudraient appliquer un peu partout dans les pays de l’Union européenne. En France, c’est le but du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et de l’ANI, l’accord national interprofessionnel conclut entre le Medef  et la CFDT, la CFTC, la CGC qui vise à flexibiliser le temps de travail et les salaires.

La généralisation de cette pratique en Europe a quelque chose d’une fuite en avant du capital face aux conséquences de sa propre crise. On pratique des politiques d’austérité salariale et budgétaire pour relever la rentabilité des capitaux, casser la figure aux concurrents, on mobilise les salariés d’un pays pour faire la guerre aux autres, mais, parallèlement, on étouffe la demande partout. On en mesure les conséquences particulièrement dans l’automobile.

En Espagne, on comptait 481 véhicules de tourisme pour 1 000 habitants en 2007, en 2013, il n’y en avait plus que 467. La reprise de la production sur les sites de la péninsule est avant tout due au regain d’exportations. En France, en 2014, le marché automobile a sur un an enregistré une très légère hausse, de 0,3%, néanmoins on a vendu près de 500 000  voitures de moins qu’en 2009. Décidément le capitalisme n’arrive pas à sortir de sa crise, aidons-le en commençant à sortir du capitalisme.

 

 

 

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