Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Une autre politique à gauche*

EDITORIAL

Vat-il être possible, apr ès les échéances de 2002 , de décider des mesures d’urgence efficaces, d’engager des réformes profon des qui iront concrètement da ns le sens d’une société plus juste ?

Ou bien, au co ntraire, les inégalités, le chô m age, la pr écar ité, l’insécu r ité vont -ils co nt inuer à s’aggrav er ? La Fran ce va t-elle êtr e dava nta ge assujettie aux m ar chés finan ciers da ns un mon de plus instab le et plus inhumain ?

C’est la question posée au pr emier tour de l’éle ct ion pr ési dent ielle , le 21 avril pr och ain.

Je m’engage de tout es mes forces à ra sse m bler co ntr e le Medef, pou r l’em pêcher d’av oir les m ains libr es et d’app liquer son plan de régressi on sociale. Je fais tout ce qui est en m on pou voir pou r que Jacques Chira c et la dr oite, qui ont fait leur ce pr ogra mm e ultra li béra l, soient battu s.

Mais je sais que la gauch e suscite des dout es, des inqu iétu des. Elle est au gou vernement depuis cinq ans. Elle a obt enu des résultat s et tout le m on de reconna ît que les co mm un is tes y ont co ntr ibué. En même tem ps, les li mites de ces résultat s sont évident es.

Malgré nos dem and es, le gou vernement a refusé de déci der de grand es réfor mes sociales indispensab les et de s’en pr endr e vra iment à la tout epuissance de l’ar gent roi. Et, m aintenant , plus les jou rs pa ssent, plus on a l’i m pr essi on d’une sorte de holdup feut ré des “ sociaux-li béra ux ” sur la gauch e. Co mm e si leurs solut ion s deva ient irr émédiab lement l’em port er.

Je co m pr ends donc les inqu iétu des de celles et ceux qui veulent une gauch e bien à gauch e, qui répon de à leurs att entes par des mesures concrètes fort es. Je leur dis : cett e évolut ion “à la Tony Blair” n’est pa s fata le. Le Part i co mm un is te est là. Et la gauch e, avant d’êtr e des part is, c’est des m illi ons de fe mm es et d’ho mm es.

C’est leur cœur, leurs va leurs, leurs idées. C’est leurs int erv ent ions, no m br euses, da ns les mou vements sociaux et citoy ens, da ns les actions pou r le respect de la personn e hu m aine que co nna ît notr e pay s.

Non, il n’y a pa s de fata li té à la do minat ion des m ar chés finan ciers. On peut faire des choix polit iques qui la remettent en cause.

Cel a ne sig nifie pa s : état is me, bur eauc rat ie. Rien ne peut se faire de bon sans l’écou te, le dialogue et, à chaqu e fois que c’est nécess aire, l’e x pr essi on de la volont é populaire. Mais cela ne peut pa s sig nifie r non plus : “ neut ra li té ” de l’État . Laisse r faire, c’est laisse r faire les plus puissant s.

Le pou voir poli t ique peut jouer un rôle im portant , aux cô tés du m ou vement social et av ec lui, pou r faire pr éva loir des orientat ion s qui co rr espon dent aux att ent es. Il n’est pa s indiffé rent que ce pou voir soit de gauch e ou de droite !

Le 21 avr il, on peut faire beaucou p, ense m ble, pou r qu’il soit de gauch e, bien à gauch e, et pou r qu’il le reste.

C’est tout le sens des engagements que je défe nds. Je pr opose des ob jectifs m ajeurs, acco m pa gnés des m oy ens pou r les att ei ndr e. Je vous pr opose de leur donn er la force de vot re vot e afin qu’ils aient le poids nécess a i re pou r pese r sur le cou rs des choses. Je co nt inuera i à les défe ndr e, av ec m on part i, apr ès cett e éle ction. Ils ont pou r moi, co mm e je l’a i dit, va leur de co ntrat .

 

Robert HUE

* Extrait de la conférence de presse de Rober t Hue lors de la présentation de ses engagements le 8 mars 2002.