Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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FUMEL-TECHNOLOGIE : Le succès de l’action convergente du politique et du mouvement social

31 juillet 2003, un succès pour l’emploi pour les salarié d’ex SADEFA, à Fumel dans le Lot et Garonne : Après 3 mois de dépôt de bilan (désengagement d’U.B.S, une entreprise suisse) et malgré des scénarios catastrophes programmés éclatement du site, fermeture, vente du barrage hydro-électrique appartenant à l’usine, licenciements massifs… – le projet des salariés de SADEFA, initié par la CGT et soutenu par la population locale s’impose au Tribunal de Commerce de Nanterre. Ce projet industriel intitulé « FUMEL-TECHNOLOGIE » prévoit la poursuite de l’ensemble des activités industrielles (pièces de fonderie, acier et usinage), le maintien de l’emploi, des acquis sociaux et ouvre des perspectives d’avenir. Il a été travaillé pendant 2 années par le CE, la CGT est majoritaire, dans une démarche unitaire et à partir des propositions alternatives construites avec les salariés dans la plupart des domaines : industriel, social, formation, investissements. De nombreuses mobilisations et manifestations des salariés et de la population l‘ont rendu incontournables.

Le PCF a été le seul parti politique à soutenir publiquement le projet alternatif des salariés pour palier à l’absence de repreneurs et de solution globale. Ainsi, avec son conseiller régional Michel CERUTI, il a multiplié les initiatives pour que le dossier SADEFA devienne « une affaire départementale » : tracts aux portes de l’usine et sur le marché, plusieurs réunions publiques avec participation des responsables syndicaux et des salariés, interpellations des élus locaux, du Conseil Général, du Préfet, du Ministère de l’Industrie et démarches auprès du Conseil Régional d’Aquitaine.

Cette assemblée s’engage alors en apportant des garanties financières pour le projet de reprise et, par la suite, en contribuant au plan de formation et à un plan d’investissement indispensable pour « arracher » des commandes. L’engagement du Conseil Régional s’est avéré déterminant d’autant que les banques s’étaient retirées trois jours avant la finalisation du projet.

Le Conseil Général de droite a accompagner le montage financier alors qu’il manifestait jusqu’au dernier moment son opposition à une reprise globale. Les collectivités locales ont fait le même cheminement.

 

4 MOIS APRES LA REPRISE : OU EN SOMMES NOUS ?

 

438 emplois ont été sauvés. Le plan de formation prévoit l’embauche de 25 CDD à temps plein par an et sur 3 années. Le champ des clients s’élargit. Des projets d’investissements sont en cours (usinage et augmentation des capacités de production d’électricité du barrage).

Ainsi, avec ce succès, la confiance et l’espoir renaissent dans un bassin du Fumelois traumatisé depuis plus de 25 ans par la casse industrielle avec son cortège de plans sociaux. Les idées de fatalité reculent dans un département qui privilégie depuis des décennies le tourisme et les services sous l’impulsion de J.F. Poncet à la tête du Conseil Général de droite.

En apportant au mouvement social une dimension politique sur les questions de l’emploi, de la formation et de l’industrie avec des propositions, en responsabilisant les institutions publiques, l‘entreprise et les banques, en mettant ses élus au service des salariés et en favorisant l’intervention dans la gestion, le PCF a été utile et a contribué à la construction de ce succès sur l’emploi.

Il entend continuer sur cette voie et consolider ces avancées en soutenant ou en avançant des propositions nouvelles pour pérenniser l’expérience du projet FUMEL-TECHNOLOGIE :

  • La création d’une « école de fonderie » sur le Fumélois (une seule existe actuellement à Vierzon) si on veut préserver et transmettre un savoir-faire unique et reconnu en Europe sur des métiers de la fonderie (mouleurs, modeleurs, fondeurs…) dont ont besoin les entreprises de la métallurgie d’Aquitaine et de Midi-Pyrénées.

  • la mise en place d’un comité de contrôle des fonds publics avec la participation de représentants des salariés et des populations pour veiller à une bonne utilisation de plusieurs centaines de milliers d’euros accordés sur les plans de formation et d’investissement.

 

L’expérience de FUMEL-TECHNOLOGIE confirme par ailleurs des exigences qui devront être au centre du débat des prochaines échéances politiques :

  • la nécessité de donner plus de droits et de moyens aux CE, aux syndicats et aux salariés en amont des difficultés pour pouvoir élaborer et construire des propositions et des projets alternatifs.

  • L’urgence de créer des fonds régionaux de financement, avec implication d’un pôle public bancaire et des institutions, permettant d’offrir des prêts avantageux à des projets soutenant l’emploi, la formation et l’ investissement industriel.