Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Les forums pour l’emploi

Contre le discours et les pratiques de « la remise au travail » des chômeurs au moyen d’emplois flexibles, contraignants et mal rémunérés, des expériences locales, forcément limitées tentent de démontrer que d’autres choix sont possibles.

 

Les forums pour l’emploi

En Ile de France, des villes (Paris, Ivry, Vitry, Bagnolet …) se sont mobilisées récemment pour activer le retour à l’emploi rapide de salariés au chômage depuis moins d’un an, en fondant leur travail sur les besoins de recrutement non satisfaits dans les entreprises locales, au regard des qualifications des chômeurs. Ces forums, véritables plates-formes d’entreprises offreuses d’emplois et de services publics et privés mais aussi d’institutions habituellement réservés au chômeurs, représentent un véritable « bouquet de ressources dynamiques et immédiatement disponibles ». Ainsi se trouvent regroupés et mobilisés sur un lieu unique, autour des entreprises locales, les services de l’ANPE, des Missions Locales, de l’AFPA, des GRETA, de la DDTEFP, les chambres consulaires, et parfois les universités. L’effet de proximité, la mobilisation et l’accès facile et direct de l’ensemble de ces acteurs locaux de l’emploi, démultiplient l’efficacité des services habituellement proposés aux chômeurs. Le bilan de ces actions locales est de ce point de vue tout à fait éloquent en terme de fréquentation de l’événement, et de résultats (nombre d’entretiens accordés sur place, de RV pris, de contrats signés).

Ces tentatives montrent bien qu’il est possible de proposer de vrais emplois correctement rémunérés adossés à des formations (quand cela est nécessaire). Renoncer à cet objectif c’est forcément s’inscrire dans une spirale négative qui tend vers des politiques de bas salaires et d’emplois flexibles prônés par l’ensemble du patronat européen sous le prétexte que la mondialisation de l’économie est contradictoire avec une certaine idée de la sécurisation de l’emploi.

 

Le « Pôle Maintenance » de l’ARESA (Association pour le redéveloppement économique de la Seine Amont

Cette initiative soutenue par les villes, l’Etat (DDTEFP), les ASSEDIC, LES GRETA, les entreprises locales et leurs syndicats, est partie du constat de l’existence d’un réservoir de main d’œuvre industrielle composé des ex salariés des entreprises délocalisées ou démantelées, pour l’essentiels chômeurs de plus ou moins longue durée. Il

s’agit le plus souvent d’hommes âgés de 40 ans et plus, même si les actions entreprises ont intégré un faible pourcentage de jeunes des Missions Locales.

Par ailleurs, au regard de cette main d’œuvre disponible, la forte urbanisation du territoire, et la présence d’un tissu conséquent d’entreprises, constituent un potentiel de développement de la maintenance immobilière, informatique, des systèmes de climatisation, des transports …qui forment le marché de la maintenance.

Deux objectifs principaux ont été fixés au Pôle Maintenance :

  • Faciliter le recrutement et la formation du personnel exerçant dans les métiers de la maintenance,

  • Soutenir le développement économique des entreprises exerçant des activités de maintenance par leur mise en réseau et l’apport de services.

Trois formations ont été financées par les ASSEDIC dans le cadre des dispositifs du PARE. :

  • Ouvrier polyvalent du bâtiment (15 stagiaires)

  • Agent de maintenance de chaudières à gaz (27 stagiaires entre 2002 et 2003)

  • Techniciens de maintenant informatique (15 stagiaires). Cette dernière formation a été réalisée en coopération avec une école d’ingénieurs et sa « Junior Entreprise ».

Les résultats sur le retour à l’emploi, bien qu’honorables (70 % environ), pointent les aspects d’une efficacité en demie-teinte. Ces aspects sont liés à l’impressionnant dispositif des acteurs locaux mobilisés et des moyens mis en œuvre confrontés au marché de la maintenance, insuffisamment cerné en amont d’une part, puis à la cible des chômeurs ayant peu de formation d’autre part. Si ces actions devaient être reconduites, le ciblage des chômeurs par rapport aux pré-requis pour l’entrée en formation, et le marché seraient des points à travailler davantage. Cependant, les employeurs engagés à l’origine du projet le sont restés jusqu’à son aboutissement, et le retour à l’emploi de 40 personnes dans des emplois qualifiés, reconnus et rémunérés correctement, est à mettre à l’actif de cette action fortement volontariste. G.T.