Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Contenus et rassemblement : un lien étroit

Réuss ir le rassemb lement décidé par le 33ème congrès pour battr e la droite et réuss ir à gauche, implique de rendre incontournab les un cer tain nom bre d’exigences sociales de natur e à changer la vie de l’immense majorité.

Mais cela implique, dans le même mouvement , de faire grand ir la nécess ité impér ieuse de moyens et de pouvoirs nouveaux pour que ces trans format ions puissent réellement se concrét iser.

Bref, rassemb lement et contenus sont étr oitement liés.

Dans cette pers pective, les quest ions de l’emploi revêtent une impor tance toute par ticulière.

Ce n’est pas par hasar d qu’ elles restent largement en tête des préoccupations populaires.

En effet, elles se situent au centr e de gravité de multiples dimensions déterm inant la vie quotidienne mais auss i la possibilité ou non d’une trans format ion sociale véritable.

Orientat ion de l’argent pour l’efficacité sociale et non le profit-roi ; gestion des entr eprises pour la renta bilité financ ière maximale ou, à l’inverse , pour une nouvelle croissance de progrès social, solidaire et dura ble ; nouveau cré dit contr e le monopo ly financ ier ; coo pérations contr e le dumping social, fiscal, environnementa l ; nouveaux pouvoirs des salariés et des élus contr e la dictatur e de la finance ; etc ... l’emploi est le point nodal de ces différents enjeux.

Porter en avant nos propositions, co-élaborer, constru ire par le débat et la réflexion citoyenne des solutions alternat ives efficaces se fixant comme objectif l’éra dication du chômage est d’une importance déterm inante dans la période qui vient.

C’est le sens de la campagne dans laquelle le Parti commun iste s’est engagé en sout ien à l’appel de 30 personna lités en faveur de l’organisation à l’automne d’ Assises régionales pour sécur iser l’emploi.

Il ne s’agit pas de réunions de spéc ialistes échangeant des données techn iques com plexes.

Ce dont notr e pays et notr e peuple ont besoin c’est d’un échange par tant des réalités vécues et des idées de chacun pour changer l’état des choses .

La meilleur e manière de faire est de préparer ces Assises par des centa ines de réun ions locales ou sur le lieu de tra vail, d’échanger à par tir des problèmes rencontrés , des dossiers chauds en cours . Les collect ifs d’union populaire, dans lesquels nous constru isons avec d’autr es des solutions trans formatr ices, peuvent s’ils le décident êtr e les organisateurs de ces réun ions.
Le plus impor tant est que de ce « dialogue à des milliers de voix » puisse ressor tir un cer tain nom bre de suggest ions, d’idées forces qui seront portées dans les Assises régionales.

Tout ce tra vail débouchera sur une proposition de loi de sécur isation de l’emploi qui sera vraiment citoyenne si elle résu lte bien de cette démar che.

Dans ce débat, le Parti Commun iste a des propositions résu ltant de son congrès. D’autr es forces ou sens ibilités avancent d’autr es idées qui dans cer tains cas sont convergentes , dans d’autr es sont différentes . Des réflexions existent pour avancer dans des convergences réelles. Mais le plus impor tant c’est que tous ces matér iaux puissent êtr e par tie intégrante d’un vaste débat populaire, citoyen.

Depuis deux ans, nous en avons déjà fait l’expérience avec les Forums . Nous avons vu à quel point cette effer vescence créat ive a été efficace et même déterm inante pour la victoire du 29 mai 2005.

Nous avons la conviction qu’il en sera de même pour le rassem blement ant ilibéra l et trans formateur que nous voulons constru ire et pour lequel une candidatur e issue des rangs du Parti commun iste sera it un atout de poids.

D’ores et déjà l’effor t est engagé dans un cer tain nom bre de départements parfois autour d’act ivités industr ielles ou de ser vice marquant par ticulièrement la réalité de terr itoires (aé ronaut ique, textile, plastur gie etc.)

Plusieurs régions ont déjà débattu et décidé d’organiser des Assises régionales. Le mouvement est lancé , il est maintenant nécessa ire de lui donner toute son ampleur.

Cette bata ille est d’autant plus essent ielle que, contra irement aux affirmat ions gouvernementa les, la situat ion reste extrêmement préoccu pante en matière d’emploi.

La baisse du chômage cornée sur tous les tons par MM de Villepin et Borloo relève, pour une grande par t, de l’habillage stat istique , des radiations à haute intens ité, de la multiplicat ion des emplois aidés (précaires).

En clair, il s’agit de préparer les élections…
Le seul vrai critèr e pouvant annoncer une améliorat ion, celui de la créat ion nette d’emplois stab les dans les entr eprises reste d'un faible niveau.

C’est d’ailleurs pour cette raison que cette préten due embellie de l’emploi n’est absolument pas constatée par l’opinion publique.

Quant au CNE dont la suppr ession est plus nécessaire que jamais,même les estimations officielles ne peuvent cacher qu’il provoque essent iellement des « effets d’aubaine » tout en accentuant la précarité.

Cette dernière sévit comme jamais. 27% des salariés relèvent de « contrats atypiques » CDD, intér ims ou temps partiels. Le pourcenta ge monte à 40% si l’on ne prend en com pte que les femmes salariées !

La moitié des salariés à temps partiel souha itera it travailler plus longtemps , ce qui marque l’impor tance du temps partiel sub i. A 80% ces salariés sont des salariées…

En bref, le nom bre réel des personnes privées d’emploi est plus proche des 5 millions que des 3 millions. (Prise en compte des 8 catégories de deman deurs d’emploi, des jeunes n’ayant pas encor e droit aux prestat ions de l’assurance chômage et des enquêtes évaluant le nombre de ceux qui, découra gés, ne recherchent plus…)

Si l’on ajoute les contrats précaires c’est plus de 7 millions de personnes , soit près d’un salarié sur trois qui est en situat ion de difficulté extrême .

Avec les familles concernées , cela donne un aperçu de l’urgence de solutions effectives pour éra diquer chômage, précar ité et pauvreté.

De même, on ne peut sépar er emploi et salaires.

Mis en regard de l’augmentat ion des profits des grands groupes financ iers , des Stocks Options de MM Forgeard ou Zaccharias ou des sommes gigantes ques englout ies dans les OPA, le récent « cou p de pouce » de 0,3% sur le SMIC (moins de 3 Euros par mois pour des salariés voire des familles dans le plus grand besoin ! ) est indécent , révoltant !

En une période où les plus lourds périls menacent cer taines des plus grandes entr eprises du pays, (EADS, Arcelor, Renault, Suez, Gaz de France , Edf etc.) devenues de simples pions de la haute finance dans des prises de contrô les, fusions, OPA etc. les propositions que nous mettons en débat sur la sécur isation de l’emploi,de la format ion, des revenus ont une impor tance déterm inante .

Le thème de la sécur ité d’emploi ou de format ion est désorma is au coeur du débat politique. Sous des dénominations différentes et, bien sûr, avec des contenus différents la plupart des forces politiques ou sociales veulent apporter une réponse au rejet de la précar ité qui tra verse la société.

Derrière cette bata ille, un choix de société : la régulation catastr ophique par le chômage qui caractér ise le système capitaliste est-elle une fata lité ou peut-on constru ire un système social dont la dynamique et l’objectif est l’éra dication du chômage ?

Doit-on se contenter d’une atténuat ion du mal ou doit-on trans former en profondeur les données mêmes du système ?

Notre proposition par t d’un principe clair : Toute personne voulant tra vailler doit pouvoir êtr e en situat ion d’emploi ou de format ion choisie ouvrant vers un autr e emploi avec une garant ie de revenu et de droits relevés.

La gestion des entr eprises et les financements publics doivent êtr e tendus vers la réalisation de cet objectif dont la construct ion nous fait véritablement entr er dans une autr e société.

C’est dans ce sens que nous disons qu’elle est d’une impor tance com parable à ce que fut la créat ion de la sécur ité sociale à la Libérat ion..

En même temps , la sécur ité d’emploi ou de format ion ne se limite pas à cette seule dimens ion. Elle donne une cohérence for te à toute notr e démar che sur l’emploi.

Quand nous contestons les fermetur es de sites comme à la Sogerma ou les licenc iements mass ifs comme dans le groupe Auchan et que nous exigeons des morato ires suspens ifs sur ces opérat ions pour faire valoir, avec tous les moyens nécessa ires, les propositions alternat ives des salariés, nous sommes dans la logique de la sécurité d’emploi ou de format ion.

Il en va de même lors que nous nous battons pour le rétab lissement et l’existence des Commissions de contrô le des fonds publics attr ibués aux entr eprises, que nous proposons dans les régions la mise en place de Fonds régionau x pour l’emploi et la format ion ou que nous agissons pour un Fonds national ayant la même fonct ion de développement du cré dit sélectif. Autant de mesur es contr ibuant à une bata ille pour trans former la BCE.

Et, tant que le système de sécur ité d’emploi, de format ion et de revenu n’est pas entré dans une phase d’existence à un niveau quant itatif et qualitatif suffisant , notr e approche de l’indemnisation des chômeurs et de la trans format ion des emplois précaires en emplois stab les relève de la même logique.

Enfin, pour que les format ions choisies puissent déboucher sur des emplois stab les, les quest ions ayant trait à ce que l’on appelle trad itionne llement la politique industr ielle sont déterm inantes dans le cadre national, comme dans le cadre européen et dans une logique de coo pérat ion mond iale entr e les grandes zones de la planète .

En fait, elle doivent êtr e abordées de manière novatrice, intégrant bien évidemment la dimension des ser vices mais également celle de la liaison avec le système de recherche, l’univers ité et les grandes écoles, intégrant auss i comme une composante décisive la quest ion des financements , du cré dit et de la fiscalité nationale et locale. Hormis ces dernières quest ions qui dépassent quelque peu de son cadre, on voit que les idées, les propositions et les thèmes ne manquent pas pour un apport commun iste original à la construc tion de la proposition de loi.

Celle-ci ne devra pas êtr e conçue comme un simple objet juridique auquel on attac herait des vertus magiques mais comme un élément for t pour la conviction politique et la mob ilisation.
 

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