Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Les dangers de l’informatage

Une information récente n’a pas été relevée par la « clique des têtes à claque » qui tient les grands médias. Alors que la croissance se traîne, que le chômage se maintient à un haut niveau, la BCE a décidé en juin de frapper un grand coup. Sous l’impulsion de son gouverneur, Mario Draghi, elle a annoncé la mobilisation de 400 milliards d’euros de prêts pour les banques afin qu’elles disposent de ressources pour prêter elles-mêmes aux entreprises et relancer ainsi une croissance qui défaille, favoriser une baisse du cours de l’euro face au dollar, … Bref mettre du carburant dans un moteur qui cale.
C’est jeudi dernier, que les banques devaient se présenter au guichet de la BCE pour emprunter cet argent abondant et bon marché. Las ! Ces ingrates ont fait la fine bouche. Elles n’ont emprunté que 82,6 milliards d’euros. Mario sort la grosse Bertha, lance un appel à la mobilisation générale et cela fait pschitt… Ca c’est de l’info, du sensationnel, du piquant !
Bien des commentaires pourraient être faits. En premier lieu, dans une période où l’on nous dit qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses, on aurait pu montrer que, grâce à la BCE, on peut mobiliser des centaines de milliards d’euros. En second lieu, cette opération prouve que la BCE peut mettre des conditions à ses prêts aux banques. Dans celle en cours, elle se contente de préciser qu’elle prêtera d’autant plus que les banques elles-mêmes financeront davantage l’économie privée. Le critère est bien trop flou et l’on peut le rendre plus efficace en conditionnant le prêt et son taux d’intérêt à des engagements précis de financement des investissements en fonction de leur capacité à générer de la croissance, de l’emploi, à nécessiter de la formation, de bons salaires, …
On aurait pu enfin essayer de comprendre et d’expliquer pourquoi les banques n’ont pas répondu aux espoirs de super Mario. Il est possible qu’elles considèrent disposer de suffisamment d’argent, en tout cas suffisamment pour financer des opérations financières qui leur rapportent : offres publiques d’achat de groupes européens aux Etats-Unis, activités spéculatives sur des produits dérivés, opérations immobilières, … La BCE, là encore, aurait les moyens d’agir. Elle peut, grâce à son rôle indispensable de prêteur en dernier ressort, rendre financièrement moins chères, voire gratuites les activités socialement utiles et beaucoup plus coûteuses de telles activités financières. Cela rendrait ces dernières beaucoup moins rentables. Voila quelques explications dont on a privé les Français, mais l’informatage pourra-t-il continuer ainsi ?
 

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