Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Face au chômage, sécuriser l’emploi et la formation devient un besoin universel.

L’Europe du sud est submergée par le chômage. A l’opposé de cette déferlante, l’Europe du nord nous est présentée comme un havre de paix. « Là, tout ne serait qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté », pour pasticher Baudelaire. Il est vrai que les taux de chômage y ont moins mauvaise mine : 4,9 % en Autriche, 5,3 % en Allemagne, 6 % aux Pays-Bas, cela fait plus propre sur soi que les 27 % de la Grèce, les 26,2 % de l’Espagne, les 17,6 % du Portugal, et même les 10,2 % français.
Cette présentation est cependant en trompe-l’œil. Elle tend à accréditer l’idée que le pragmatisme nordique permettrait de mieux tirer son épingle du jeu que la prétendue rigidité prévalant au sud. L’aire méditerranéenne gagnerait, nous affirme-t-on, à goûter enfin aux plaisirs de la flexibilité. La réalité est tout de même très différente.
Ainsi, dans nombre de pays de l’Europe du nord, le chômage est minoré par l’importance du travail à temps partiel. Celui-ci représente près de la moitié des emplois aux Pays-Bas, 26,5 %, plus du quart, en Allemagne et en Suède, 25,7 % au Danemark, 25,5 % en Autriche, 25 % en Belgique, … contre 7,7 % en Grèce, 14,7 % en Espagne, 17 % en Italie et 18 % en France.
En Allemagne, par exemple, il y a un sous emploi caché. 1,8 million de travailleurs à temps partiel préféreraient travailler à plein temps. Ils représentent 17,1 % de l’ensemble des temps partiels et 4,5 % du total des emplois. Si on les ajoute aux chômeurs officiellement recensés, l’on atteint un taux de chômage supérieur à 9 %. De plus, la proportion de travailleurs ayant un bas salaire, est outre-Rhin l’une des plus fortes d’Europe. Des centaines de milliers d’entre eux sont ainsi payés 450 euros par mois.
En vérité, le sous emploi, la précarité progressent au nord comme au sud de l’Europe. Certes un inventaire des différents modèles s’impose et, par exemple, le dispositif allemand de chômage partiel mérite attention même si là aussi il s’agit d’y jeter un regard critique. Cependant, dans chacune de ces régions du continent, c’est un nouveau modèle social qui est à inventer.
Le besoin d’une sécurisation de l’emploi et de la formation est devenu une donnée universelle même s’il peut prendre ici ou là des formes différentes. Sécuriser l’emploi est l’une des conditions essentielles pour sortir d’une crise du capitalisme nourrie par des nouvelles technologies aujourd’hui sous la tutelle des marchés. Pour mettre un terme à ce désastre, promouvoir une nouvelle croissance, équilibrée, écologique et partagée, créer des emplois de qualité il faut mettre la révolution informationnelle au service du développement humain.
 

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