Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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L’exception culturelle doit-elle rester une « exception » ?

Une majorité de députés européens viennent eux aussi de demander le retrait des services culturels et audiovisuels du mandat donné à la commission européenne dans le cadre des négociations en vue d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Ce vote vient après la démarche commune dans ce sens de quinze ministres de la culture européens et l’initiative d’Aurélie Filippetti, la ministre française.
Cette volonté de préserver ce bien si précieux qu’est la culture de la « concurrence libre et non faussée » est évidemment positive, mais pourquoi en faire une simple « exception » à la dure loi du marché ? Si la culture est à ce point importante qu’il faille la maintenir à distance des crocs des affairistes de tout poil, quel sort faut-il dès lors réserver à la santé, l’éducation, la formation, l’environnement, à l’emploi … toutes choses également importantes pour l’humanité ?
Cette exception ne saurait être « exceptionnelle ». Encore faut-il s’entendre sur la nature des « exceptions » à réaliser. Il ne s’agit assurément pas de mettre une série d’activités « hors » marché comme cela a été tenté dans les pays dits du « socialisme réel », avec le succès que l’on sait, mais plutôt de maîtriser et de commencer à dépasser les marchés capitalistes les concernant.
La proposition d’une sécurité d’emploi et de formation illustre parfaitement le projet. En assurant à chacun un bon emploi ou une bonne formation pour revenir à un meilleur emploi, avec une continuité de revenus et de droits, des passages d’une activité à une autre maîtrisés par les intéressés, y compris d’un emploi à un autre, on parviendrait à éradiquer ce mal suprême du capitalisme qu’est le chômage tout en conservant l’élément de souplesse qu’il procure. Les hommes ne seraient plus la variable d’ajustement du marché capitaliste du travail, les transformations nécessitées par les progrès des techniques et l’évolution des marchés étant désormais rendues possibles notamment par l’alternance entre emploi et formation dans la sécurité.
Au-delà de l’emploi, il est possible d’envisager le dépassement progressif des différents marchés capitalistes, ceux de la monnaie et des titres financiers, ceux des produits et services en allant jusqu’au marché  mondial, celui que vise notamment la négociation entre l’Europe et les Etats-Unis. En opposition aux libéraux des deux rives de l’Atlantique, on pourrait dans ce domaine envisager de s’engager vers une maîtrise des marchés et une gestion partagée des biens communs à l’humanité plutôt que vers l’institution d’un grand bazar qui serait tout sauf libre pour les populations.
 

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