Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Contre les dégâts des privatisations, se donner les moyens d’une reconquête industrielle.

La reconquête industrielle en France suppose de s’accorder sur les raisons de notre affaiblissement et sur les solutions pour y remédier.  Il est deux causes très importantes pour expliquer le recul français et pourtant souvent ignorées. D’une part la vague de privatisations lancée par le gouvernement Chirac en 1986 et poursuivie par le gouvernement Jospin à partir de 1997 ; d’autre part les modalités particulières d’inscription des groupes français dans la mondialisation, différentes de celles des groupes allemands. Cela a provoqué un véritable séisme, avec des suppressions d’emploi, des fermetures de sites, des délocalisations, une montée des importations.
Les privatisations ont laissé notre industrie toute nue dans une série de secteurs. La sidérurgie française, privatisée en 1995, tombée en 2006 sous la coupe du milliardaire Mittal, n’est plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même. Elle ne couvre plus que 39 % du marché intérieur de produits sidérurgiques finis.
En 1993, le groupe Rhône-Poulenc est privatisé. En 2011, sa division chimique, devenue Rhodia, est rachetée par le belge Solvay. Notre déficit en matière de chimie de base approche les 3 milliards d’euros. Le géant français de l’aluminium, Péchiney, est privatisé en 1995. Ce qui reste de ses sites français est maintenant contrôlé par l’australien Rio Tinto. Cela conduit le patronat de l’aluminium à faire lui-même ce terrible constat : « La France n'a plus de production significative d’aluminium ».
Certes, parallèlement d’autres groupes ont pu acquérir une dimension mondiale (Schneider, Renault Michelin, GDF Suez, Lafarge, Vivendi …) mais leur croissance s’est faite au détriment de leur base nationale, contrairement à leurs homologues d’outre-Rhin.
Pour enrayer l’hémorragie, le retour des nationalisations ne saurait suffire. La révolution informationnelle, qui aujourd’hui n’en est qu’à ses débuts, ne peut donner ses fruits que si, parallèlement, elle s’accompagne de la promotion des êtres humains, de leur connaissance, certes, mais aussi de leurs conditions de vie, de travail et de leur créativité.
Cela suppose de révolutionner la gestion des entreprises d’un secteur public élargi mais aussi du privé et notamment celui des banques. On oublie trop souvent que la manière dont les entreprises sont financées induit aussi une manière de les gérer.
Cela appelle aussi une limitation du rôle du marché à la fois en adoptant des mesures de protection contre le dumping social et environnemental et en développant les coopérations en France, en Europe et dans le monde afin de reconquérir d’une nouvelle façon le terrain perdu..
 

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