Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Montée des inégalités et campagne du PCF et du Front de gauche sur le coût du capital.

Certaines des récentes publications de l’Insee, le livre de Thomas Piketti « Le capital au XXIe siècle », montrent que la société française pâtit d’un fort développement des inégalités. Mais l’examen plus fouillé de certaines statistiques permet de cerner plus précisément la nature de ces inégalités et de remettre certaines choses à leur place.
Il apparaît ainsi qu’en une vingtaine d’années l’écart de rémunération salariale entre les chefs d’entreprise et leurs salariés s’est sensiblement accru. Si en 1990, le salaire net annuel des salariés à temps complet travaillant dans le secteur privé et les entreprises publiques, hors agriculture, représentait en moyenne 41 % de celui de leurs dirigeants, en 2010, il ne correspondait plus qu’à 38 % de celui-ci. En 1990, le salaire d’un ouvrier équivalait à 31,2 % de celui de son patron, celui d’un employé à 31,5 %, 20 ans plus tard ils n’en valaient plus respectivement que 28,9 et 28,2 %. Les « pigeons » ne sont pas ceux que l’on dit !
Encore ne s’agit-il que de données globales mélangeant la rémunération du patron de PME et les 3,8 millions d’euros annuels perçus en moyenne en 2010 par les patrons du CAC 40. Les écarts seraient probablement encore plus saisissants si l’on prenait en compte l’ensemble des revenus des uns et des autres, sachant que bien des dirigeants d’entreprise disposent en outre d’importants revenus financiers.
Il serait vain cependant de s’en tenir à ces inégalités. D’abord parce qu’on ne peut pas les isoler. Le plus souvent, celles concernant les revenus et les patrimoines se cumulent avec des inégalités culturelles, de sexe et de pouvoir. Un chef d’entreprise n’est pas seulement quelqu’un qui gagne beaucoup plus que ses salariés, c’est aussi celui qui décide pour eux et qui parfois n’hésite pas à les mettre à la porte. Ces inégalités font système et ce système est en crise, il est même au cœur de la crise.
C’est là la deuxième raison. Dans nos sociétés capitalistes, la délégation du pouvoir de gestion des entreprises opérée en faveur de l’oligarchie a été sérieusement mise à mal par la crise de 2008. Aussi, les campagnes orchestrées sur le prétendu excès de dépenses publiques ou du coût du travail n’ont pas que des visées économiques et sociales. Elles ont aussi une dimension politique et anthroponomique. Il s’agit de détourner l’attention des véritables responsables de la crise et de parer à toute remise en cause radicale des privilèges de gestion économiques, sociaux et politiques d’une caste. C’est dire que la bataille engagée par le PCF et le Front de gauche sur le coût du capital peut être très politique.

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