Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Le besoin de réformes radicales contre la finance est inscrit dans les faits.

La grande difficulté pour les forces sociales et politiques alternatives est de montrer qu’il n’y a pas d’alternative : soit l’humanité se décide à emprunter le chemin escarpé de réformes radicales, nationales, régionales et mondiales qui la tireront progressivement des griffes des marchés financiers, soit elle risque de se plonger dans un chaos tel qu’elle en a peu connus dans son histoire.
Nous ne pouvons être en deçà des observateurs les plus lucides du camp libéral. Même au forum économique mondial de Davos, en janvier dernier, l’on s’est inquiété des risques d’une nouvelle crise financière mondiale, bien plus grave que celle de 2007-2008, qui partirait à nouveau des Etats-Unis, mais qui affecterait cette fois-ci, prioritairement, les dettes publiques.
Les Etats-Unis sont confrontés à un véritable dilemme. Pour soutenir l’économie et le budget fédéral, faute de croissance et aussi de véritable réforme fiscale et bancaire, la banque centrale, la Fed, achète à tour de bras des titres de dette publique et immobilière, injecte massivement des liquidités, maintient ses taux d’intérêt quasiment à zéro. Mais comme ces efforts sont déployés sans sélectivité, ils bénéficient davantage aux dépenses militaires qu’aux dépenses socialement utiles, à la spéculation et aux trusts qu’à la relance durable et efficace de la croissance et de l’emploi.
Aujourd’hui la Fed détient donc un énorme stock d’obligations publiques. Et là est le dilemme. Si les mesures de soutien parviennent malgré tout à assurer une certaine reprise, il est probable que cela s’accompagne d’une hausse des taux d’intérêt avec pour conséquence un effondrement de la valeur des titres de la dette publique américaine et du dollar. En effet, la hausse des taux a pour effet mécanique d’abaisser la valeur de marché des titres dont le rendement est inférieur aux taux d’intérêt en vigueur.
Autrement dit, la relance du PIB et de la rentabilité des capitaux risque d’entraîner une nouvelle déflagration financière mondiale. Il ne faut pas oublier que nombre de banques centrales, d’institutions financières et bancaires, de groupes détiennent de par le monde des bons du trésor US. Comment réagiront-ils en cas de chute de la valeur de leur portefeuille en dollars ?
Mais comme le notait Marx, « l’humanité ne se pose que des questions auxquelles elle peut répondre » et justement la question d’un désengagement de la finance est posée comme une mesure vitale pour le développement de l’humanité. En France, c’est en partie sur ce thème que François Hollande s’est fait élire, c’est dire que le potentiel de mobilisation populaire peut être réactivé.
 

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