Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Les accords de compétitivité et la politique de l’euro au cours élevé.

Dans le débat sur la compétitivité, le Medef, la droite et le gouvernement se gardent bien d’invoquer la question du taux de change élevé de l’euro. Depuis novembre dernier, le cours de la monnaie européenne tend à remonter vis-à-vis du dollar américain, du yen japonais, de la livre sterling britannique et du yuan chinois, c’est-à-dire des monnaies des principales économies. Quel sens a cette évolution et quel impact a-t-elle sur l’économie nationale ?
Ce renchérissement s’inscrit dans le cadre d’une conjoncture mondiale marquée là par la récession, ici par des taux de croissance anémiques, là bas par une progression du PIB insuffisante pour satisfaire la demande d’emplois.

Pour tenter de relancer la croissance américaine, la banque centrale des Etats-Unis, la Fed, a ramené ses taux d’intérêt à zéro, acheté à tour de bras des emprunts de l’Etat fédéral. Cela a eu pour effet de réduire la rémunération des placements en bons du trésor US et en même temps le taux de change du dollar. Face à cette manœuvre permettant de faciliter les exportations américaines et d’augmenter le coût des importations, chinoises notamment, les dirigeants de Pékin réagissent en tentant de contrôler la montée de leur monnaie nationale. Principaux créanciers de Washington, ils disposent à cette fin d’importantes ressources.
De leur côté, les dirigeants japonais n’entendent pas se laisser manipuler. Tout comme la Fed, leur banque centrale rachète à tour de bras des titres d’Etat nippons, injecte massivement des liquidités dans l’économie, pousse à la dégringolade du taux de change du yen. C’est bon pour la balance commerciale. Londres, de son côté, ne reste pas de marbre et calque sa politique économique et monétaire sur celle de Washington. Résultat : la livre sterling baisse aussi.
Tel est le scénario expliquant la remontée de l’euro. Mais pourquoi les autorités de la zone restent-elles impassibles face à ce tir d’artillerie ? Parce que les dirigeants allemands ne veulent pas déroger à la politique de l’euro au cours de change élevé. Ils considèrent en premier lieu que cela ne nuit pas à leurs exportations relativement insensibles à l’effet prix et que cela permet de freiner leurs importations. Un euro au cours élevé par ailleurs, est susceptible d’attirer les investisseurs internationaux.
Enfin, un euro cher contraint les autres pays du sud de la zone et également la France à mettre en œuvre des politiques sociales restrictives afin de tenter de compenser par une baisse du coût du travail la hausse de l’euro. Voila pourquoi derrière les pactes de compétitivité il y a aussi la politique de l’euro cher.
 

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