Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Depuis 2009, le gonflement spéculatif des capitaux a recommencé dans le monde.

Dans un document de travail récent, le cabinet COE-Rexecode, proche du patronat, souligne avec pertinence qu’après la mise en place de la monnaie unique, l’éclatement de la crise a eu pour effet de générer au sein de la zone euro de fortes disparités entre pays « qui semblent s’installer de façon durable ».
Disparités de croissance. Depuis 2007, souligne le cabinet, le PIB par habitant a reculé de plus de 21 % en Grèce, de 7 % en Espagne, de 10 % en Irlande et 6 % au Portugal. Il s’est également réduit de 9 % en Italie et de 2,6 % en France. Divergences de niveau de vie, de taux de chômage mais aussi, souligne ROE-Rexecode, de coût du capital, notamment de taux d’intérêt.
Effectivement, le gonflement spéculatif des capitaux en Europe et dans le monde a recommencé de plus belle et avec lui la montée en flèche des prélèvements financiers - du coût du capital - destinés à rémunérer un veau d’or boursouflé et glouton. La suraccumulation se poursuit alors que la croissance reste faible ou insuffisante, que le chômage se maintient à des niveaux élevés. Les exigences de rentabilité des grands groupes capitalistes et des marchés s’exacerbent et déstabilisent les sociétés, faisant courir au système financier mondial un véritable risque. La montée en volume du coût du capital est en fait le pendant de l’exacerbation des souffrances populaires.
Témoin de cette relance de la croissance financière des capitaux, l’évolution des indices phares des grandes places boursières. A Wall Street, l’indice Dow Jones a été multiplié par deux, le Nasdaq par trois, en Europe, le Dax allemand par 2,3, l’indice de la City de Londres par 1,74, le Nikkei japonais par 20 ! Le CAC 40 parisien a lui connu la progression la plus modeste (+59,1 %). Sans aucun doute, cela traduit les problèmes de positionnement des groupes français sur la scène internationale.
Le rapprochement entre l’état des indices boursiers (reflets des mouvements la valeur des actions des grands groupes capitalistes de la planète) depuis la grande crise économique de 2009 jusqu’à 2013, et l’évolution du PIB de ces mêmes pays, montre le décalage entre la croissance financière des capitaux dominants et celle de l’économie réelle. Le PIB a progressé de 8,2 %. Aux Etats-Unis, entre 2009 et 2012, de 3,8 % en Allemagne, de 6,1 % en France, de 2,9 % au Royaume-Uni, … On est loin de taux explosifs de la finance !
La campagne du Medef, du pouvoir politique et de nombre de médias en faveur d’une baisse du coût du travail conduit la France dans le mur et crée les conditions d’un nouveau krach encore plus violent et plus destructeur que celui de 2008.

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