Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Reprise économique : est-elle bien là et surtout qui en tirerait partie ?

« La reprise économique, elle est là », a déclaré le président de la République le 14 juillet dernier et effectivement, l’Insee l’a croisée dans les couloirs en annonçant que  la France est sortie de la récession. Pour autant, le rythme de reprise promet de rester très faible. Dans notre pays, sur l’ensemble de 2013, le PIB progresserait de seulement 0,2 %, après 0,0 % en 2012. Pour 2014, il augmenterait de 0,8 %, selon le FMI, de 1,1 % pour la Commission européenne.
L’emploi, lui, continuerait de baisser d’ici à la fin 2013 dans le secteur marchand mais la montée en puissance des emplois d'avenir devrait compenser ce recul. On risque d’assister début 2014 au mieux à une stabilisation du chômage autour de 11 % plutôt qu’à l’inflexion à la baisse promise par le président.
Une partie des jeunes va bénéficier des dispositifs gouvernementaux, mais ceux-ci ne permettront pas de s’attaquer au cœur du chômage. Une étude de l’Insee montre  que si le taux de chômage s’est élevé à 9,8 % en moyenne en France en 2012, il a été de 14,4 % pour les ouvriers et de 10,3 % pour les employés. Il est encore plus fort pour les jeunes et les femmes. Seuls des changements radicaux dans la gestion des entreprises, des banques peuvent permettre de s’attaquer à ce noyau dur.
La reprise va d’autant plus traîner en langueur que le gouvernement multiplie les mesures qui la tirent en arrière. Les mesures votées pour 2013 induisent en effet des hausses de prélèvements de l’ordre de 1,1 point de revenu des ménages sur l’année. Depuis la décision de Sarkozy, prolongée  en 2012 et 2013 par Hollande, de geler les seuils d’imposition plusieurs centaines de milliers de foyers modestes sont désormais imposables.
En 2014, les familles laborieuses vont subir la hausse de la TVA, la suppression des allégements fiscaux pour celles ayant des enfants scolarisés dans le secondaire et le supérieur, la poursuite de l’abaissement du plafond du quotient familial, la hausse des cotisations de retraite complémentaire, … D’un côté les prélèvements sur les ménages modestes augmentent et de l’autre, les concours dont ils bénéficient grâce aux services publics risquent d’être amputés de 15 milliards d’euros.
A l’opposé, les entreprises vont bénéficier des 20 milliards d’euros du crédit impôt compétitivité emploi, accordés sans contrôle et sans contrepartie, continuer à engranger les 5 milliards du crédit d’impôt recherche, les 25 ou 30 autres milliards d’exonérations fiscales et sociales. En réalité, la véritable reprise recherchée est celle des profits pour les grands groupes avec l’illusion que c’est là le moteur de la croissance.

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