Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Non, en ce début 2013, la crise de la zone euro n’est pas finie.

Où donc 2013 va-t-il conduire nos pas ? Dans une étude, les économistes de la Société générale (SG) notent à propos de la zone euro que si « la crise actuelle a certes passé un cap en intensité (…) elle est maintenant installée dans la durée ». C’est dire que n’en déplaise à François Hollande, la crise n’est pas réglée.
Ces spécialistes remarquent, à juste titre, que l’annonce par la BCE, en septembre dernier, d’un nouveau mécanisme d’intervention sur les dettes publiques a permis une accalmie financière apparente dans les pays d’Europe du sud. Ce dispositif vise à créer une assurance tous risques pour les spéculateurs dans l’espoir qu’ils relâchent leur étreinte.
Dès lors qu’un Etat de la zone euro fera appel au Mécanisme européen de stabilité en raison de ses difficultés à rembourser sa dette et qu’il s’engagera à appliquer un programme de super austérité, la BCE pourra racheter sur les marchés secondaires les titres en possession de ces mêmes spéculateurs. Ceux-ci, étant ainsi assurés de retrouver leur mise en cas de difficultés ont réduit leurs exigences de rémunération du risque vis-à-vis des pays les plus fragiles.
Cela a eu pour effet de baisser les taux d’intérêts de ces derniers qui restent cependant insupportables dans une situation de récession.
Reste, comme le note la SG, que si l’intervention de la BCE a permis « d’écarter le risque de scénario catastrophe à court terme (…) les causes de la crise restent à traiter et cela requiert d’importants efforts dans la durée ». C’est cependant sur la nature des efforts que se brise notre entente cordiale avec les têtes d’œuf de la banque. Pour eux, les mesures d’austérité « devront être poursuivies encore plusieurs années » dans l’espoir de réduire l’endettement public.
Mais nous ne sommes plus seuls à penser que l’austérité n’a rien d’un bon plan. D’autres têtes d’œuf, celles du Crédit agricole, constataient fin novembre que « loin de restaurer la confiance et de relancer la croissance, les plans drastiques d’ajustement se sont avérés au contraire stériles et contreproductifs ». Ils ont notamment eu pour effet d’augmenter les déficits et l’endettement public. Mesurant le caractère iconoclaste de la réflexion, nos économistes champêtres s’empressaient cependant de préciser que l’austérité à petites doses, par contre, …
A y réfléchir, tout cela montre d’une part combien l’action de la BCE pourrait peser en faveur de solutions à la crise si elle était orientée autrement, mise enfin au service de la croissance et de l’emploi. D’autre part que les docteurs Folamour de l’austérité ne sont pas si sûrs que cela de leur affaire.

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