Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Les véritables raisons de la fixation de l’objectif de réduction de la dépense publique.

L’objectif de ramener le déficit public français à 3 % a quelque chose du chiffon rouge que l’on agite pour détourner l’attention de ce que l’on veut faire réellement. Qu’on en juge. Acte 1 : dans le programme de stabilité 2013-2017 présenté aux autorités européennes un peu avant la fin avril, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault reconnait qu’il ne pourra pas l’atteindre à la fin 2013, contrairement aux engagements répétés de François Hollande, et sollicite un report de l’échéance à 2014.
Acte 2. Peu de temps après, le président de la République se félicite que la commission européenne vienne de décider d’accorder à la France non pas une mais deux années de sursis. L’objectif des 3 % est reporté à la fin 2015. Bruxelles prévoit une détérioration de la croissance dans la zone euro et notamment en France (-0,1 % en 2013) et considère que de ce fait, le déficit public devrait être de 3,9 % en 2013 et de 4,2 % en 2014. On se demande dans ces conditions comment les 3 % pourraient être atteints en 2015.
Et surtout pour quelle raison devrait-on l’atteindre, sauf à prouver par exemple que la réduction des effectifs de la fonction publique hospitalière et l’engorgement qu’il provoque dans les hôpitaux relèverait de la bonne gestion des affaires publiques. Que la baisse du pouvoir d’achat des retraites contribuerait à l’allongement de la durée de vie. Le roi Ubu est au pouvoir !
Vu cet échec retentissant des politiques d’austérité partout en Europe, on pourrait donc s’attendre à ce que l’acte 3 soit animé par une recherche d’alternative permettant de relancer la croissance et l’emploi et de faire reculer le chômage. Pas du tout. François Hollande nous annonce qu’il n’est pas question de « nous dispenser du sérieux budgétaire indispensable (…) nous avons besoin de maîtriser la dépense ».
Il ajoute, reprenant à son compte les remarques de la commission européenne, que la France va en profiter pour « faire des réformes structurelles indispensables pour la croissance » notamment en matière de retraite. Le véritable objectif est là. Il consiste à réduire drastiquement la dépense publique afin d’ouvrir de nouveaux espaces à la rentabilisation des capitaux. Baisser sensiblement les prélèvements publics sur le capital afin d’étendre les prélèvements financiers.
La baisse du nombre de personnels soignants dans le service public ne fait pas reculer pour autant le besoin de se soigner. Elle conduit plutôt à recourir aux cliniques et aux soins privés et aux discriminations par l’argent que cela induit. Le changement de modèle social a ce visage là, celui de la marchandisation de tous les actes de la vie.
 

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