Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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L’Allemagne, la zone euro, la croissance et la dialectique du maître et de l’esclave.

Avec la poursuite de la crise du capitalisme, le discours auto-justificateur des libéraux ou des sociaux-libéraux est confronté aux « terrifiants pépins de la réalité » chers à Jacques Prévert. Les différentes prévisions des grands organismes internationaux concernant la zone euro permettent de tirer un enseignement totalement à rebrousse-poil des analyses de nos docteurs Diafoirus.
Elles indiquent en effet qu’aucun pays, fusse-t-il l’Allemagne, n’échappe aux effets des politiques d’austérité et de soutien aux capitaux dominants. A des degrés divers, certes, tous traînent la patte. L’économie d’outre-Rhin elle-même, pourtant parée de toutes les vertus par nos libéraux, pique du nez.
Si le PIB français ne doit croître que de 0,1 % en 2013 selon la Commission européenne, celui de notre voisin sera à peine supérieur, atteignant 0,5 %. Les prévisions du FMI et de l’OCDE ne sont guère différentes : +0,6 % pour l’Allemagne contre +0,3 % pour la France. Les pays de la zone soumis aux coupes budgétaires et sociales les plus dures sont évidemment ceux qui souffriront le plus. La Grèce devrait subir sa 6ème année de récession, le Portugal, sa troisième, l’Espagne, sa deuxième, …
Les relations de l’Allemagne avec le reste de la zone euro ont quelque chose à voir avec la dialectique du maître et de l’esclave mise en valeur par son grand philosophe Georg Wilhelm Friedrich Hegel. Le maître, certes, domine l’esclave mais, pour autant, il dépend de lui. Les relations commerciales entre la France et l’Allemagne l’attestent. En 2012, les importations françaises depuis les autres membres de l’Union européenne se sont essoufflées (+1,4 %, après +8,9 %). Les importations depuis l’Allemagne, premier fournisseur de la France, ont, également ralenti (+2,9 %, après +8,7 %). Notre voisin n’a rien à gagner d’un effondrement de ses partenaires.
Cela tend à montrer qu’aujourd’hui  nul ne peut vraiment se sauver tout seul même si chacun peut prendre de son côté des dispositions pour entamer une reprise et faire reculer le chômage. Sans attendre un changement de la politique de la BCE par exemple, il est envisageable de commencer à réformer la politique du crédit bancaire dans chaque espace national.
Mais les relations commerciales, financières, monétaires entre les pays de la zone euro sont trop imbriquées pour que l’on puisse faire l’économie d’une transformation en profondeur de cette architecture, d’un rééquilibrage permettant le développement de chacun et de l’ensemble. Ceux qui comme le Front national prétendent pouvoir s’en passer trompent les Français. Les peuples d’Europe sont dans le même bateau.
 

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