Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Face à l’austérité porter un projet

Plusieurs études, en France et en Europe, tendent à montrer que les politiques d’austérité mises en œuvre ont de plus en plus un effet centripète sur les conditions de vie et de travail des Français et des Européens. Et l’un des traits caractéristiques de la crise actuelle du capitalisme est cette fragmentation du tissu social et humain sur l’ensemble du continent et au sein de chacun des pays qui le composent.
En France, l’INSEE vient de publier une étude sur la croissance dans les régions françaises qui révèle l’accroissement des « disparités depuis la crise ». En Europe, les niveaux très différents d’activité des économies,  l’évolution des revenus et des taux de chômage d’un pays à l’autre tendent à montrer que l’Union européenne est devenue une terre de désunion. Comment maintenir une unité entre une Allemagne dont le PIB progresse de 0,8 % au 1er trimestre 2014 et une France où il est à zéro ? Entre une Autriche où le taux de chômage est de 4,9 % et une Grèce où il tourne autour de 26 %, une Espagne où il oscille autour de 25 % ?
Pour tenter de maintenir ensemble des économies qui divergent autant, sans que par ailleurs les peuples des pays dominants soient à la fête, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union sous la tutelle d’Angela Merkel et de son élève le plus obéissant, François Hollande, ont inventé une série de pactes dont la caractéristique est de tenter d’insérer les peuples européens dans un étau austéritaire, encore plus contraignant pour les pays les plus en difficulté et qui ont le plus besoin de croissance et d’emploi.
On ne peut cependant prétendre soigner le mal par le mal. Ni ambitionner de régler le problème en jouant « perso », en quittant la compagnie. Face à cette politique qui profite à la finance mais ne fait que déchirer encore plus  le tissu économique et humain du continent, ce que l’on attend de la gauche et des forces de progrès, chez nous et en Europe, c’est qu’au contraire elles solidarisent tous ceux qui vivent de leur travail afin qu’ils puissent « coûte que coûte marcher l’amble » comme pourrait le dire Aragon, étant entendu qu’il s’agit de permettre à ceux qui sont les plus en retard de rattraper les autres afin que tous progressent.
La tâche est certes difficile mais elle est incontournable. Elle suppose de faire front contre les politiques d’abaissement social qui attisent toutes les inégalités, y compris celles relevant du sociétal. Cela ne suffit pas pour autant : il faut aussi être aussi porteur d’un projet qui, pour aboutir, doit être élaboré d’une manière très différente qu’à d’autres périodes historiques.

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