Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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L’austérité n’est pas la seule coupable

Tout fout le camp ! La croissance en Europe et en France se traîne. Même l’Allemagne, qui a pourtant gagné la coupe du monde de football, ce qui n’est pas rien, pique du nez avec un PIB en recul de 0,2 % au second trimestre 2014. Trêve d’ironie, contrairement aux déclarations de ses dirigeants ces derniers mois, et comme nous l’affirmons depuis longtemps, l’Europe n’est pas guérie de ses maux.
Certains médias n’hésitent pourtant pas à brandir les résultats de l’Espagne de Mariano Rajoy afin de tenter de prouver malgré tout que l’austérité c’est efficace. Ils font mine pour cela d’oublier que le PIB ibérique, qui se redresse légèrement actuellement, est encore en dessous de son niveau de 2008, que le taux de chômage y demeure proche de 25 %, que les salaires des simples gens y ont été étrillés, que la précarité et la misère sont devenus le lot de centaines de milliers d’Espagnols. Pareil pour le Royaume-Uni de James Cameron.
Face à de tels désastres, un plus grand nombre de citoyens et d’hommes politiques accusent et pointent du doigt la politique dite d’« ajustement budgétaire », doux nom donné à l’austérité par les spécialistes en farces et attrapes économiques. C’est à la fois bon signe et cela reste insuffisant. Le gouvernement Hollande ne se contente pas d’amputer les services publics de nombre de leurs moyens, il déroule un tapis rouge, ou doré plutôt, sous les pieds du capital. C’est profondément injuste, comme le soulignent notamment les « frondeurs » du PS. C’est aussi inefficace et dangereux.
Pour travailler à l’élaboration et la mise en œuvre de solutions réelles on ne peut pas en effet oublier que les deux maux essentiels dont souffrent aujourd’hui nos sociétés capitalistes, c’est certes la surexploitation des travailleurs, mais c’est aussi la financiarisation des relations économiques, sociales et culturelles. Tout dans ce monde devrait faire ventre pour une minorité privilégiée.
C’est dire qu’il nous faut réfléchir à des mesures mariant l’esprit de justice et l’efficacité économique et sociale. Il ne suffit pas de rendre l’impôt plus proportionnel, il faut aussi qu’il favorise la croissance, la création d’emplois, les équilibres écologiques. Augmenter les crédits pour les entreprises ne fait pas le compte, ils doivent être sélectifs, orientés vers des investissements permettant un développement économique et social durable plutôt que vers des opérations financières juteuses pour une minorité mais déstabilisante pour le reste de la société. Le nouveau en cette rentrée est qu’il y a des possibilités inédites de rassemblement autour de ces idées.

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