Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Ceci n’est pas une pipe

Dans son tableau de 1927, intitulé « la trahison des images », le grand peintre surréaliste belge René Magritte, peint une pipe en l’accompagnant de cette apostrophe provocatrice « Ceci n’est pas une pipe ». Et effectivement, ce n’est pas une pipe mais la représentation d’une pipe. Aujourd’hui, nos libéraux et socio-libéraux de service, titulaires d’un maroquin ou plumitifs de la pensée formatée, de droite et d’une certaine gauche, essaient de « faire » du Magritte de contrebande en affirmant un peu partout, à propos de la politique du gouvernement Hollande-Valls : « Ceci n’est pas de l’austérité ». Qu’est-ce donc alors ?
Le gel des salaires dans la fonction publique, celui des pensions de nombre de retraités, la baisse du niveau de vie médian de la population française de 1 % en 2012 révélée récemment par l’Insee, les réductions d’effectifs dans la plupart des services publics, les baisses de remboursement maladie, des dotations aux collectivités territoriales, la mise à la diète de l’hôpital : tout cela ne serait pas de l’austérité !
L’ancienne ministre des finances de Nicolas Sarkozy, actuellement à la tête du Fonds monétaire international, le FMI, nuance à peine l’affirmation. Dans un entretien récent aux « Echos », elle déclare : « On ne peut tout de même pas parler d’une politique d’austérité excessive menée dans la zone euro ». Il y aurait donc de l’austérité, mais elle ne serait pas « excessive ». A gauche, particulièrement, certains cultivent l’illusion que l’on pourrait, certes, continuer à réduire la dépense publique, mais « en douceur », sans en avoir l’air en quelque sorte. En vérité, tout ceci n’a rien d’une pipe, c’est du pipeau !
Le débat s’impose car, à notre sens, la dépense publique n’est pas le problème, c’est la solution. A condition qu’elle serve au développement de la France et des Français. Evidemment, le soutien apporté aux capitaux dominants, aux groupes du CAC 40, sans aucune contrepartie, à l’exemple des dizaines de milliards d’euros de cadeaux aux entreprises accordés par le CICE ou la nouvelle baisse annoncée de l’impôt sur les sociétés, ce n’est pas de la bonne dépense publique.
Il faut pourtant s’y résoudre : si l’on veut répondre aux défis de la révolution informationnelle en cours, à ceux de la transition écologique à engager, il faut augmenter sensiblement la dépense publique en France et en Europe pour développer comme jamais l’emploi, la formation, l’éducation, la santé, la protection sociale, la culture, les économies d’énergie. Et mobiliser toutes les ressources à cette fin : celles des entreprises, des banques, de la BCE, …
 

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