Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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François Hollande et sa pirouette sur l’offre et la demande.

Chronique économique de l'Humanité du 21 janvier 2014
 

Pour justifier son intention de supprimer la contribution patronale au financement de la branche famille de la Sécurité sociale et les 30 milliards d’euros d’offrande supplémentaire au Medef en résultant, François Hollande effectue une véritable pirouette.
Il déclare d’abord : « Il nous faut produire plus, il nous faut produire mieux » et il en déduit : « C’est donc sur l’offre qu’il faut agir ». Il feint d’oublier que la production ne devient de la richesse sociale que s’il y a du monde pour l’acheter. Contrairement à ce qu’il affirme pour donner du crédit à sa politique d’austérité sociale et de baisse des dépenses publiques, l’offre et la demande sont sur le même bateau. En vérité, la France et l’Europe sont confrontées à un problème d’offre et de demande.
L’offre est constituée par l’ensemble des facteurs permettant la production de biens et de services. Donc du capital et du travail. La demande, ce sont à la fois la consommation des ménages, celles des entreprises et des administrations publiques.
L’on nous dit : ce qui ne va pas dans l’offre, c’est un coût du travail trop élevé, mais depuis plus d’un an, il stagne en France, il évolue bien en deçà des coûts allemands et l’on ne constate pas pour autant de redressement de l’économie française. Les cotisations sociales employeurs sont-elles trop élevées ? Aujourd’hui, elles représentent 15,7 % de la richesse produite. Leur poids a plutôt diminué en tendance. En 1989, année où elles ont été le plus élevé, elles représentaient 16,9 % de la valeur ajoutée. 1,2 point de plus.
A l’opposé, on constate qu’il est un facteur qui étouffe l’offre et la demande, ce sont les prélèvements financiers des banques et des capitaux. Ainsi, au total, les dividendes distribués aux actionnaires ont représenté 7,5 % de la valeur ajoutée des entreprises en 1993, 12,5 % en 2000, 20,6 % en 2006, juste avant la crise financière, près de 20 % en 2012. Il s’agit là d’une véritable hémorragie qui affaiblit l’investissement, épuise l’emploi et les salaires qui, pourtant, concourent à l’offre et constituent aussi des moteurs de la demande.
Le chef de l’Etat, en annonçant une baisse de la dépense publique prépare en outre une nouvelle dégradation de l’offre et de la demande. Quelle pourra être l’efficacité de notre appareil de production de biens et de services si la recherche, la santé, la formation, les transports publics disposent de moins de moyens ? Comment l’austérité pourrait-elle redresser la croissance ?
L’offre de François Hollande risque de plonger la société française dans de plus grandes difficultés. Il faut faire grandir la demande … populaire.

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