Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Ce que pourrait être le rôle de la BCE dans l’action pour réduire le coût du capital.

Chronique économique de l'Humanité du 18 février 2014

 

Les banques jouent un rôle essentiel dans l’activité économique. Elles contrôlent le robinet du crédit et disposent de ce fait d’un pouvoir majeur. Le crédit en France c’est en effet, en octobre 2013, un encours de 2 300 milliards d’euros. C’est une force de frappe bien supérieure à celle du budget de l’Etat avec ses 421,2 milliards de dépenses en 2012. Banque des banques, la BCE trône au sommet de ce système bancaire français et européen à la fois si puissant et si fragile.
Au travers de la fourniture de liquidités, d’argent frais en monnaie centrale, en euros, aux banques commerciales, à des taux qui peuvent être plus ou moins élevés, la BCE contribue à configurer les prélèvements du capital financier sur les richesses créées. Si en période de récession, c’est-à-dire de croissance négative, les taux d’intérêt de ses prêts aux banques augmentent, cela a pour effet d’accroître la part de valeur ajoutée que les entreprises versent à ces dernières. Lorsque BNP Paribas annonce viser une rentabilité de ses fonds propres de 10 %, on devine auprès de qui elle compte l’obtenir.
Ceux qui négligeaient ce formidable pouvoir de la BCE ont pu en mesurer les effets au moment de la crise de 2008, de la récession économique qui a suivi, puis lors de la crise de la zone euro. En décembre 2011 puis en février 2012, en permettant aux banques de lui emprunter des montants considérables et en s’engageant à racheter les titres de dette publique qu’elles possédaient, la BCE a permis indirectement aux pays de la zone euro les plus en difficulté de disposer d’un répit.
Ce pouvoir est cependant aujourd’hui au service de la finance. La diminution de  la pression exercée sur ces pays par les marchés financiers n’est qu’un effet collatéral de l’action de la BCE. Dans ses interventions la Banque centrale a surtout visé à secourir les banques, notamment françaises et allemandes, en difficulté, disposant d’un tombereau de titres de dette publique grecs, espagnols, portugais invendables et qu’elle ont pu lui céder.
La BCE pourrait pourtant jouer d’une toute autre musique en utilisant d’autres instruments. En faisant preuve de sélectivité, notamment. Elle pourrait faire varier les taux d’intérêt de ses prêts aux banques en fonction de l’utilisation que celles-ci comptent en faire. Les activités spéculatives pourraient ainsi coûter plus cher et celles utiles à la croissance et à l’emploi, moins cher et même ne coûter rien du tout. Cette politique permettrait de réduire l’une des causes à l’origine du coût excessif du capital dans les activités productives dans un pays comme la France.

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