Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Le spectre de la déflation des prix et de l’inflation financière hante la France et l’Europe

Chronique économique de l'Humanité du 14 janvier 2014

Plusieurs commentateurs évoquent le spectre de la déflation en France et en Europe, c’est-à-dire d’une baisse des prix continue durant une période assez longue. On a connu de telles situations dans le monde notamment lors de la grande crise des années 30. Aujourd’hui, on note un net ralentissement de la hausse des prix dans la zone euro. Partie de 3 % au 2e trimestre 2011, elle est tombée progressivement à 0,8 % fin 2013. En novembre dernier, les prix à la production industrielle ont diminué de 0,1% par rapport à octobre 2013 et de 1,2% en un an.
La déflation est un processus destructeur : anticipant une baisse continue des prix, les ménages sont incités à reporter leurs achats avec l’espoir de pouvoir acheter moins cher plus tard. De leur côté, les entreprises sont tentées de diminuer leur production et de réduire leurs emplois, craignant une réduction de leur chiffre d’affaires.
La baisse actuelle de l’inflation intervient dans un contexte qui reste très difficile. Le taux de chômage est éminemment élevé (12,1 % dans la zone euro, près de 11 % en France). Le coût du travail a progressé en France bien en deçà des prix et des coûts allemands. Dans un environnement international très incertain, l’activité économique reste poussive (+0,1 % au 3e trimestre 2013 dans la zone euro, +0,2 % en France en 2013, selon l’Insee), impactée par les politiques d’austérité sociale et de baisse des dépenses publiques.
Les taux d’intérêt réels des crédits aux entreprises (inflation déduite) sont nettement supérieurs au taux de croissance de leur valeur ajoutée, des richesses supplémentaires créées. Selon les dernières données de la Banque de France, le taux moyen pondéré des principaux types de crédits aux entreprises pratiqué par les banques était, en juillet dernier, supérieur à 2 %. Dans ces conditions, il est plus intéressant pour les capitaux de se placer sur les marchés financiers que d’investir dans l’activité productive. C’est ainsi que la réduction de l’activité et des prix dans la sphère réelle s’accompagne d’une hausse des cours des titres, d’une inflation financière très forte. Comme nous l’avons souligné ici même, les Bourses flambent.
Pour toutes ces raisons, il y a urgence à associer l’action contre l’austérité, pour une autre politique sociale et de l’emploi et une intervention inédite en direction du système bancaire en France et en Europe afin de changer les critères du crédit. Une transformation radicale de la politique de la Banque centrale européenne est nécessaire, elle doit permettre une forte relance de l’activité des services publics, clé du déblocage de la situation.
 

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