Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Comment dollar faible et euro fort se tiennent par la barbichette contre les peuples.

Chronique économique de l'Humanité du 8 avril 2014

Le maintien d’un dollar sous-évalué est un élément essentiel de la politique commerciale des Etats-Unis afin de « booster » leurs exportations. A l’inverse, la politique de l’euro fort, au taux de change élevé, est consubstantielle d’un modèle économique allemand tourné vers l’exportation.
En 2010, les exportations représentaient 47 % du PIB de l’Allemagne, contre 25,6 % en France et seulement 12,7 % aux Etats-Unis. Les importations 41,4 % du PIB allemand, 27,7 % du français et 16,3 % de l’américain. Même si une part importante des livraisons allemandes est à destination de la zone euro, on mesure l’importance du taux de change de la monnaie européenne pour l’économie de la RFA. Le taux de change élevé de l’euro n’affecte guère les livraisons d’une production industrielle allemande centrée sur le haut de gamme. Il permet en outre à Berlin d’acheter à bas prix en dehors de la zone euro les composants nécessaires à son industrie et à ses exportations.
Ces stratégies du dollar faible et de l’euro fort, qui de fait se complètent de manière conflictuelle, s’appuient sur les politiques budgétaires et monétaires différentes. Lors de la récession de 2009 le gouvernement américain à pris des mesures budgétaires mobilisant 5% de son PIB pour relancer son économie sans se préoccuper de l’équilibre des finances publiques. En Europe, les ressources mobilisées contre la récession n’ont représenté que 1,5% du PIB.
Au niveau monétaire, l’exubérance de la Fed vise à appuyer les multinationales US. Conformément à ses statuts, la banque centrale américaine a aussi pour objectif – avec plus de difficultés aujourd’hui –de soutenir la croissance et l’emploi, en tirant partie du rôle de pivot du système monétaire international du dollar. Cette position de force permet aux Etats-Unis d’attirer des capitaux du monde entier afin de financer leurs déficits intérieurs et extérieurs considérables et de se procurer les ressources nécessaires pour maintenir leur avance technologique.
A l’opposé l’on a une BCE globalement agrippée à son statut - même si elle a dû bouger-, au comportement autiste vis-à-vis des peuples, enfermée dans son rôle de soutien des marchés, des capitaux dominants allemands et secondairement français, un rôle sanctifié de fait par les traités. Dollar et euro sous domination allemande se tiennent par la barbichette. Mais le repli hors de l’euro ne permettrait guère de perturber ce duo ravageur. Pour faire pièce au billet vert, il faut plutôt changer la monnaie européenne, couper son cordon ombilical avec les konzerns allemands, la relier enfin aux peuples européens.

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