Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Faut-il s’alarmer de la baisse du taux de marge des entreprises ?

Chronique économique de l'Humanité du 7 janvier 2014

L’Insee, annonce que le taux de marge des entreprises françaises, c’est-à-dire leur taux de profit brut, aurait atteint fin 2013 « son plus bas niveau depuis 1985 ». Il s’élèverait fin 2013 à 28,2 % de leur valeur ajoutée, de la richesse qu’elles créent.
Il y a effectivement de quoi s’interroger. Cela d’autant qu’il s’agit d’un taux moyen, que les stars du CAC 40 et les PME ne sont pas logées à la même enseigne. Nombre de ces dernières sont étranglées. Encore faut-il savoir d’où vient le mal. Contrairement à ce qu’affirment le Medef et des médias, le taux de marge des entreprises ne s’est pas effondré parce qu’elles seraient trop taxées. Plutôt parce que le capitalisme a subi en 2008 la crise la plus violente depuis 1945. La chute date en effet de la crise financière de 2008.
Après avoir atteint un pic quasi historique à 31,7 % en 2007, il a dégringolé en quelques mois pour atteindre un plus bas à 29,1 % courant 2009. Il s’est ensuite repris fin 2009 avant de piquer du nez en 2011 avec la crise de l’euro. N’en déplaise au chœur des vierges de la droite, mais lors de ce déclin accéléré, Nicolas Sarkozy était à l’Elysée.
Comment expliquer ces mouvements de yoyo ? Par l’évolution de la croissance et celle de la demande : le taux de marge des entreprises a baissé d’abord parce que l’activité de l’économie française s’est étalée comme on le dit d’une galette, déprimée par les politiques d’austérité. C’est ainsi qu’en 2012, notre PIB était à peine supérieur de 0,5 % à ce qu’il était en 2007, que les investissements étaient en retrait de près de 5 %, l’emploi salarié de 1,6 %.
Suffit-il dès lors, comme l’affirme François Hollande de diminuer la contribution des entreprises à la marche de la cité et de relever ainsi leur taux de marge pour que tout aille pour le mieux ? C’est oublier que les marchés financiers exercent sur elles une terrible pression. On ne peut en effet ignorer que depuis le milieu des années 2000, les entreprises consacrent plus de ressources à la rémunération de leurs actionnaires qu’au paiement des cotisations sociales ou qu’à l’investissement. En 2013, comme en 2012, nombre de directions d’entreprises ont ainsi diminué leurs investissements pour préserver la cagnotte à dividendes.
Le chef de l’Etat prépare un transfert de charges des entreprises vers les salariés et les familles encore plus massif que celui opéré avec le crédit d’impôts compétitivité emploi et ses 20 milliards d’euros  Il annonce déjà une réduction « de la dépense publique ». Il s’est lui-même baptisé « président des entreprises » mais il a oublié que derrière leurs murs il y a surtout des salariés.

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