Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Les dossiers d’économie et politique : la création monétaire au service de l’efficacité sociale

Ce dossier s’attache à montrer l’enjeu d’une autre création monétaire ainsi qu’un autre crédit visant à s’émanciper de la domination des marchés financiers.

Frédéric Boccara montre que cela exigerait de nouveaux critères de sélectivité pour agir à la fois sur les conditions de l’offre, à partir, notamment du développement des services publics, mais aussi de la demande. La modulation du coût du crédit pour les entreprises viserait à accroître l’efficacité sociale, en finançant avec des taux d’intérêt moindres les entreprises qui accroissent les investissements productifs centrés sur le développement de l’emploi et de la formation. Au plan théorique, cet article réhabilite le concept de monnaie active pour des avances pour la production. Face aux dogmes, il revendique le besoin de créativité pour une expansion sociale.

Esther Jeffers, à partir d’une critique de la titrisation, qui pousse notamment les PME dans les griffes des marchés financiers, s’attache à montrer que des propositions alternatives fortes existent pour un autre financement de l’économie, notamment avec un autre crédit et une autre création monétaire. Elle défend la sélectivité du crédit, propose un nouveau rôle pour la BCE, ainsi qu’une véritable réforme du système bancaire. Elle souligne l’ampleur des besoins à financer, notamment pour une nouvelle politique industrielle, pour la transition écologique ou pour un développement des services publics.

Denis Durand avance aussi une critique radicale de la titrisation. Celle-ci est avant tout au service des marchés financiers et recèle les mêmes dangers que lors de la crise des subprimes aux États-Unis et dans le monde. Il décrit la menace de déflation qui pèse actuellement sur l’Union européenne et insiste sur l’urgence d’une autre BCE qui ne doit pas seulement faire plus mais surtout autrement.

Enfin, Jacques Atlan rappelle la responsabilité des grandes banques mondiales dans la crise systémique. «Sauvées» par l’injection massive de milliards d’euros ou de dollars publics, elles continuent néanmoins de pousser à la financiarisation des entreprises et renforcent le pouvoir de la finance contre la société toute entière. Il faut au contraire rendre effective l’intervention des salariés et des citoyens sur l’usage que font les banques des dépôts, de la création monétaire et du crédit. Cela passe, pour l’auteur, notamment par un mouvement de nationalisation-socialisation véritable, en réhabilitant le service public de la monnaie, ainsi qu’une véritable gestion démocratique associant les salariés et les usagers.

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