Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Spécial Formation : Capitalisme et crise systémique

SOMMAIRE :

PREMIÈRE PARTIE : FONDAMENTAUX DU CAPITALISME

1 – L'argent pour l'argent ;

2 – L'exploitation de la force de travail ;

3 – La rentabilité des capitaux et le crédit au cœur du type de croissance capitaliste.

DEUXIÈME PARTIE : RÉGULATION ET CRISES SYSTÉMIQUES

1 – Un type historique de croissance de la productivité du travail avec la révolution industrielle ;

2– De la révolution industrielle à la révolution informationnelle.

TROISIEME PARTIE : CAPITALISME FINANCIER, EXACERBATION DE LA CRISE SYSTEMIQUE

1 – Technologies informationnelles et domination du marché financier ;

2 – Dollar, domination des États-Unis et spéculation.

QUATRIEME PARTIE : ACCENTUATION DES CONFLITS DE REPARTITION DES RICHESSES PRODUITES

1 – Le conflit salaires-profits ;

2 – Le conflit entre prélèvements financiers et prélèvements publics et sociaux.

CONCLUSION : BESOIN DE DÉPASSEMENT DU CAPITALISME

*    *

*

INTRODUCTION : Le grand paradoxe

Il existe de formidables progrès scientifiques et technologiques. On parle même de «nouvelle révolution technologique », de « révolution informationnelle » ou de « révolution des technologies de l'information et de la communication ».

Elle serait peut-être d'une ampleur encore plus importante que la révolution technologique  qui a vu naître et se développer le capitalisme, dite révolution industrielle ou révolution de la machine-outil.

Mais avec le chômage énorme, la précarité intense jusqu'aux « emplois pauvres », les générations nouvelles vivent plus mal que celle de leurs parents et les acquis conquis par ceux-ci sont mis en cause.

Cela concerne:

-- La faiblesse persistante de la croissance et la fragilité de celle-ci sont une grande différence par rapport aux « 30 glorieuses ».

-- Émergence de risques catastrophiques avec le changement climatique, et le vieillissement des populations ainsi que le recul de la natalité à l'échelle du monde entier,

-- Mise en concurrence formidable des salariés à l'échelle de la planète, en liaison avec l'industrialisation des pays émergents (Chine, Inde,...).

Tout semble se passer comme si il y avait un divorce insurmontable, définitif, entre le progrès technologique et de besoins de développement sécurisé des populations ; divorce entre croissance économique et réponse aux attentes sociales et culturelles des populations.

Alors, faut-il arrêter ou mettre un frein aux progrès, faut-il chercher à stopper la croissance, voire viser une décroissance ?

Faut-il désespérer du travail, penser que le travail c'est fini ?

Quand on est au travail, on souffre sous son poids,

quand on est privé d'emploi, on souffre de ne pouvoir travailler.

Simultanément, :

--  Explosion des profits des grandes entreprises,

-- énormes opérations financières,

-- Parasitisme des grandes fortunes comme jamais,

-- sentiment d'un formidable gâchis de ressources en même temps qu'un sentiment croissant d'injustice et de peur du déclassement jusqu'à l'exclusion,

--  constat d'une puissance tutélaire du marché sur tous les aspects de la vie de chacun et de chacune (volatilité, insécurité avec ras-le-bol).

–  sentiment d'impuissance face aux grands capitaux mondialisés, face aux grands groupes.

En réalité, tout cela est révélateur d'une très profonde crise du système capitaliste. La crise systémique.

Une crise d'une gravité telle pour l'humanité tout entière que se pose désormais, en pratique, la nécessité d'une autre société, d'une autre civilisation.

 

PREMIÈRE PARTIE

FONDAMENTAUX DU CAPITALISME

 LE CAPITALISME QU'EST-CE QUE C'EST :

Éléments théoriques :

-- Comprendre le mouvement,

-- Voir ce que les luttes recherchent.

Ce n'est pas qu'un système économique : c'est une façon de produire les richesses et une façon d'utiliser les technologies et l'activité du genre humain pour cela.

Comme système économique, le capitalisme a ouvert une période de développement économique formidable qui, à partir de l'Europe occidentale, a rayonné à l'échelle du monde entier.

Développement sans précédent historique de ce qui s'est accompli avec une évolution politique, culturelle, symbolique, parentale.

En liaison avec la transformation économique, il y a une évolution anthroponomique, de transformation de l'espèce humaine elle-même.

Il y a eu un mouvement historique qui a constitué un bouleversement de civilisation et a été porteur d'un projet de l'humanité, certes à travers l'immense souffrance.

Aujourd'hui, il y a une crise extrêmement profonde de ce système ; si profonde qu'est posée la question de son «dépassement » vers une autre civilisation. Pourquoi?

Fondamentaux et régulation systémique

 Comment caractériser le capitalisme ?

Il faut en finir avec une idée reçue : le capitalisme réduit à « la propriété privée des moyens de production et d'échanges ».

Non ! Car cela caractérise aussi l'esclavagisme dans lequel les humains peuvent être achetés et vendus comme des moyens de production.

 

Le capitalisme, c'est -- avant tout et essentiellement – un pouvoir sur l'argent et la monnaie et qui met ceux-ci au service d'une certaine façon de produire des richesses, d'une certaine façon de gagner en productivité pour produire ses richesses.

1) le capitalisme – fondamentalement – c'est « l'argent pour l'argent » : qu'est-ce que cela veut dire ?

 
   

                                                

 

2) Force de travail et plus-value sont au cœur de la production de richesses nouvelles dans le capitalisme.

La valeur se crée dans la production et non pas dans l'échange !

 

RAPPELS

l        La double valeur de la marchandise:

-- Valeur d'usage : une utilité sociale répondant à un besoin concret,

-- valeur : le travail qu'elle contient et qui a été nécessaire pour la produire (ce qui rend comparable toutes les marchandises entre elles)

l        Le rôle particulier de cette marchandise qu'est la force de travail vendue par contrat par les salariés au patron donneur d'emploi : elle crée plus de valeur que ce qui lui est socialement nécessaire en temps de travail pour se reproduire.

Cette plus-value est à la base du profit.

l        Le producteur d'une marchandise ne produit pas pour satisfaire les besoins. Il produit pour l'échange et pour réaliser dans l'échange la plus-value extorquée dans la production.

l        Mais il doit trouver des acquéreurs pour ses marchandises. celles-ci doivent répondre à des besoins concrets (valeur d'usage pour l'acheteur).

Cette contradiction se résout dans l'échange.

D'où:

--  l'obsession du capitalisme de pousser toujours plus le marché, l'échange marchand.

-- le rôle fondamental de la concurrence avec le progrès technique pour chaque capitaliste pour accroître la base de la plus-value qu'il va s'approprier.

Et en même temps, la tendance sous-jacente à la surproduction de marchandises et à l'insuffisance de la demande avec la tendance à économiser le travail vivant et à pousser les moyens matériels et financiers.

Et les efforts, à partir du fétichisme de la marchandise, de créer et développer de faux besoins, ou de les normaliser.

Une consommation aliénée – les aliénations marchandes.???

Plus-value (1)

L'accroissement de valeur par laquelle l'argent se transforme en capital: A–  M -- A' ne peut provenir de l'argent.

Ici il est considéré comme moyen de paiement. Il n'est qu'une « valeur pétrifiée » (Karl Marx)

La force de travail, comme toute marchandise a 2 valeurs :

1)   une valeur d'usage :  pour pouvoir être échangé la marchandise doit correspondre à un besoin social spécifique ; elle a une utilité pour celui qui l'achète. En tant que valeurs d'usage les marchandises sont toutes de qualité différente. Et en tant que valeur d'usage elles ne se réalisent que dans l'usage ou la consommation.

2)    Une valeur : abstraction faite de leur valeur d'usage différente, les marchandises recèlent toute une valeur. La substance de cette valeur c'est le travail.

En tant que valeur les marchandises sont le produit du travail humain.

La contradiction de la marchandise

Le but du producteur, c'est de réaliser sur le marché la valeur de la marchandise par l'échange.

-- Il ne produit pas pour satisfaire les besoins, il produit pour l'échange ;

-- Mais, il doit trouver un acquéreur pour sa marchandise. Aussi, celle-ci doit-elle répondre à un besoin social, elle doit avoir une valeur d'usage pour celui qui l'achète.

 L'échange va permettre de résoudre cette contradiction entre valeur d'usage et valeur.

Plus-value (2)

fiche rétro projecteur

La force de travail :

1)   sa valeur : elle se mesure en temps de travail socialement nécessaire (TTSN) à sa reproduction, c'est-à-dire nécessaire pour produire des subsistances permettant son entretien, sa conservation.

Les besoins nécessaires à la reproduction de la force de travail comportent des  dimensions historiques (degré de civilisation), des éléments moraux, ils impliquent une certaine éducation variant selon le caractère plus ou moins complexe du travail.

La valeur de la force de travail varie avec la valeur des moyens de subsistance nécessaires pour sa reproduction (c'est-à-dire la TTSN a sa reproduction)

Plus-value (3)

Exemple : une journée de travail : 8 heures

Il faut 4 heures pour produire les subsistances, soit la moitié de la journée de travail.

Le propriétaire de la force de travail vend sa marchandise, force de travail, au détenteur d'argent.

2)   sa valeur d'usage

l'acheteur, le patron, acquiert l'usage de la force de travail.

Sa consommation de la force de travail est en même temps production de marchandises qui est une valeur plus grande que sa propre valeur : la plus-value

Un mot sur la plus-value :

le capitaliste achète l'usage de la force de travail, ce qui implique un temps de travail total et une création de valeur correspondant à ce temps de travail total.

La valeur des marchandises produites par la force de travail est mesurée par le temps de travail total pour les produire.

Plus-value (4)

Par exemple, un salarié va consacrer 4 heures à produire les subsistances nécessaires pour la reproduction de sa force de travail.

Il existe une différence entre la valeur des marchandises produites par la force de travail et la valeur de cette force de travail : là réside l'origine de la plus-value.

De même qu'il y a une différence entre le temps de travail total pour créer des marchandises produites par la force de travail et le temps de travail socialement nécessaire à la reproduction de cette force de travail : le sur travail.

A-------------C'-----------C---------------B-------------B'

– AB:journée de travail (TTT et valeur des marchandises créées à partir de l'usage de la force de travail)

-- AC=  TTSN à la production des subsistances pour la reproduction de la force de travail (valeur de la force de travail)

-- CB = AB – AC →  sur travail :TTT –  TTSN

CB est la partie de la journée de travail qui ne sert pas à la reproduction de la force de travail et peut être utilisée par le capitaliste. C'est la plus-value .

Taux d'exploitation (degré d'exploitation de la force de travail) ou taux de plus-value :Pl/V: CB/AC

Pl= plus-value qui est extorquée par le capitaliste,

v = ce qui revient aux salariés

Plus-value (5)

-- V= capital variable qui sert à acheter la force de travail (donc à payer un salaire)            [travail vivant]

-- C : capital constant (machines, matières premières. ..) mis en œuvre par V, lequel redonne vie au travail cristallisé dans ce capital [travail mort ou passé]

Résumé:, la plus-value est extraite parce que le salarié va travailler au-delà du temps de travail nécessaire pour reproduire sa force de travail. Cela va coûter aux travailleurs, mais formera une plus-value pour le capitaliste.

Quels sont les stratégies dont disposent les capitalistes pour augmenter le taux de plus-value?

1)   l'augmentation de la plus-value « absolue » :CB'

-- c'est la quantité de travail (augmentation de la journée de travail, exode rural, travail des femmes et des enfants, travail par équipe... Travail chez soi.

Ou

--  l'augmentation de l'intensité du travail (augmentation des cadences, suppression des déplacements, des temps morts, ...)

mais il y a un problème d'insuffisance des débouchés

augmentation de la plus-value relative :C'B

grâce à l'augmentation de la productivité qui permet de diminuer le temps nécessaire pour fabriquer les subsistances qui entrent dans la reproduction de la force de travail.

2) la plus-value extra

c'est le fait pour un capitaliste d'être le premier à adopter une machine, une technologie, un procédé de production nouveau.

Cela lui permet de réaliser des économies de temps de travail, ce qui implique une baisse de la valeur de la marchandise et du prix de vente. Cela permet de conquérir de nouveaux marchés, jusqu'à ce que les autres entreprises se précipitent dans la course au progrès technique, accroissant l'accumulation de capital constant (sur accumulation... Baisse tendancielle du taux de profit) avec une course à l'accumulation du capital constant.

3) La rentabilité des capitaux au cœur du type de croissance capitalistes

a) le but des capitalistes : ce n'est pas seulement le profit

1)-- le profit ce n'est que le pied droit de la marche capitaliste,

2) -- il est accumulé en un capital, lequel réclame à son tour un profit, sa rentabilisation

pied droit : profit, pied gauche : accumulation du profit en capital.

Le capital accru réclame à son tour un profit accru : de nouveau,  pied droit en avant,

Ce n'est pas une marche tranquille, mais une course : tel capitaliste se jette en avant et se récupère ensuite en accumulant davantage que le permet le profit déjà réalisé grâce aux crédits, et en comptant rembourser grâce aux profits futurs.

Quand le taux de profit apparaît insuffisant : le capitaliste est « engourdi ».

Quand le taux de profit se relève: accumulation fiévreuse. Le capitaliste se réveille et utilise le crédit.

Explosion du crédit pour se projeter et accumuler plus de capital que de profit réalisé.

Rentabilité (K) : 10 %

K: 1000 →  K  + 100 (10%)

k: 1000   + [C (crédit) de 2000 (à 5%)]     → K + 300  -  100 (intérêts)

                                                                                                      =  K + 200

b) Les conditions de la croissance dans le mode de production capitaliste correspondent à la motivation des capitalistes :

La croissance du produit réel, dans le capitalisme, est fondé sur la croissance du capital. Or, le capital lui-même ne peut croître qu'en fonction de sa rentabilité.

La rentabilité du capital, mesurée par le taux de profit, le rapport du profit au capital qu'il rentabilise. On peut écrire pour le taux de profit :

profit/capital par exemple 20/100 : 20 %

or la croissance du capital pour toute la société (par exemple une croissance de 15 %, c'est-à-dire 15 de plus de capital accumulé à partir du profit, pour 100 de capital déjà installé) est normalement limité pour la société totale par le taux de profit global.

Pour que le capital s'accroisse de 15 %, il faut au moins un taux de profit de 15 % dans la société.

Ou alors, il faut réduire le rapport produit/capital en développant une technologie de production plus économe en capital : une nouvelle technologie plus économe en capital, plus de produits pour moins de capital réclamant du profit.

Cela va finir par conduire à une crise durable de la rentabilité des capitaux et une crise systémique.

À force d'accumuler des capitaux et à force d'exploiter les travailleurs pour les rentabiliser, arrive un moment où il y a tellement de capitaux accumulés et une telle exploitation que la rentabilité des capitaux rencontre des difficultés durables :

d'où la crise de la croissance de la production capitaliste→chômage

c) crise durable de rentabilité des capitaux

le taux de profit rapporte le profit P au capital avancé K

par exemple P/K  :20/100 : 20 %

mais le capital monétaire avancé dans la production achète deux ensemble de facteurs de production très différents :

-- les moyens matériels de production,

-- la force de travail salarié.

V→      le capital dépensé en salaires (permettant la variation de valeur due à la création de plus-value) : capital variable (V)

C →   les moyens matériels de production (dont la valeur ne fait que se conserver ou se retrouver dans la valeur des produits : entièrement pour les matières premières et autres consommations intermédiaires, en proportion à l'usure pour le capital fixe, des bâtiments et les machines) : capital constant (C)

C/V : composition organique du capital : combinaison productive (?)

Pour relever l'exploitation et le profit, les patrons cherchent à s'appuyer sur les machines et autres moyens matériels qu'ils achètent.

Par exemple si le prix de la force de travail ou le salaire s'élève sur le marché du travail, l'entrepreneur capitaliste peut remplacer des travailleurs par des machines pour relever son profit en faisant pression sur les salaires.

Il va aussi s'appuyer sur les vitesses accrues des machines pour relever l'intensité du travail.

Mais le remplacement des travailleurs salariés par des machines, pour relever le taux de profit, a des effets de plus en plus contradictoires :

d'un côté, il contribue à élever le taux de plus-values et, par-là, à relever le taux de profit du capital total :

P/K= P/C+V         : par exemple 20/50+50= 20%,

ici le taux de plus-value est de 20/50, (20 de profit en valeur sur 50 de salaire) [ Pv/V]

Si le taux de plus-value s'élève, le taux de profits peut s'élever. On va avoir, par exemple, au lieu d'un taux de plus-value P/V de 20/50, un taux de 20/40, ce qui, à première vue, ferait un taux de profit de P/K= 20/50+40 = 20/90 = 22 %

Mais, d'un autre côté, des dépenses en machines avancées augmentent. Dans ces conditions, le taux de profit pourrait ne pas s'élever, malgré l'élévation du taux de plus-value, voire baisser :

par exemple, au lieu de 20/50+50 = 20%

si les moyens matériels coûtent 60 au lieu de 50, on a

20/ 60+40 = 20%

et si il coûte 80: 20/80 + 40: 16%

Dans la réalité, on constate que, pendant une trentaine d'années environ, les capitalistes arrivent à compenser assez vite l'élévation relative des dépenses en matériel, par une élévation suffisante du taux d'exploitation (de Pv) [les 30 glorieuses].

Dans de telles conditions, les petites crises périodiques et difficultés de taux de profit sont faibles et brèves et, dans l'ensemble, les taux de profit restent élevés, la production et l'emploi soutenus.

Mais, à la longue, il arrive un moment où cela ne marche plus :

1)   les dépenses en machine (ou en travail mort qu'elles contiennent) s'élèvent de façon excessive par rapport au travail vivant, présent, producteur de valeur ajoutée (profits et salaires)

2)   les taux de plus-value ou d'exploitation sans cesse relevés, pour compenser et faire plus que compenser le poids des avances accrues en équipements, en arrivent à un niveau tel que la croissance du taux de plus-value est freinée et se heurte à la montée des luttes.

Les efforts d'élévation du taux d'exploitation de plus-value ne pouvant plus compenser l'élévation des dépenses moyens matériels ouvriers (travail mort) par rapport au travail vivant, pour relever le taux de profit, les taux de profit commencent donc à rencontrer les difficultés durables, subissent des chocs d'abaissement (plus ou moins graves pour tel ou tel capitaliste), se heurtent à des impossibilités de relèvement.

D'où des dévalorisations conjoncturelles et structurelles ou systémiques.

Accompagnées de dévalorisations plus ou moins catastrophiques .

Dévalorisation →face à la suraccumulation, au trop-plein de capital →

une partie des capitaux réclame moins de rentabilité,

Et marque l'évolution en stade du capitalisme :

– capitalisme de libre concurrence des origines,

– monopoliste simple,

– impérialisme,

– capitalisme Monopoliste d'État (CME)

Impérialisme →: les exportations de capitaux ne réclamant pas de capital constant sur le pays de base,

capitalisme monopoliste d'État : l'intervention massive de l'État et du secteur public avec des dépenses publiques, et un investissement public ne réclamant pas le taux de profit,

 

DEUXIÈME PARTIE :

RÉGULATION ET CRISES SYSTÉMIQUES:

1 - LA CRISE DU TYPE DE CROISSANCE DE LA PRODUCTIVITÉ,

derrière la crise de la rentabilité, il y a la crise du type de croissance de la productivité.

C'est quoi la productivité ?

Projet de l'humanité : passer toujours moins de temps à produire les richesses nécessaires au développement,

et, ainsi, libérer du temps pour d'autres activités.

On parle de la productivité du travail. Mais il y a deux types de productivité du travail, car il y a deux types de travail.

a) le travail vivant des salariés utilisant les machines pour produire des richesses,

productivité du travail vivant = richesse produite /nombre d'heures travaillées, ou nombre de salariés, ou masse salariale dépensée.

b) le travail mort ou travail passé,

qui est cristallisé dans les machines quand il a fallu les produire et qu'utilise le travail vivant des salariés produisant les richesses et qui transmettent de la valeur.

Le type capitaliste de progression de la productivité du travail total et sa crise,

au plus profond, derrière la crise durable de la rentabilité, il y a la crise du type historique capitaliste de progression de la productivité du travail.

1)   qu'est-ce que la productivité du travail: C'est le rapport entre une quantité de produit d'une nature définie et le temps de travail qu'il faut pour les produire. Élever la productivité du travail, c'est donc augmenter la quantité de produits pour un même travail, ou bien obtenir la même quantité de produits avec moins de temps de travail. Mais attention, il s'agit alors du temps de travail total. Pas seulement le temps de travail présent vivant des travailleurs qui servent des machines. Mais aussi le travail passé ou mort contenu dans les machines ou dans les semis produits, qui a déjà été dépensé pour les produire.

2)   le patronat met en avant les conceptions étroites de la productivité du travail, ne concernant que le travail vivant, pour pousser à l'exploitation maximum des travailleurs. Il cache le plus possible les gâchis du capital mort, passé, accumulé dans les matériels. D'ailleurs, les statisticiens, même non marxistes, quand ils considèrent la productivité rapportée au seul travail vivant, parle de la productivité « apparente » du travail.

3)   mais surtout, il faut insister sur l'existence d'un type historique capitaliste particulier de progression de la productivité du travail. On va augmenter les dépenses de travail mort, passé en machine, etc., pour remplacer du travail vivant. Il ne s'agit pas simplement de moyens matériels qui remplacent les travailleurs (ça s'est toujours fait) mais de moyens matériels plus coûteux qu'auparavant normalement. Donc il y a plus de dépenses de travail mort, mais une telle économie de travail vivant que, somme toute, il faut consommer moins de travail total pour un même produit.

Cette façon de faire correspond aux conditions technologiques de la révolution industrielle fondée sur le développement des machines-outils, dont l'expansion par stades successifs caractérise l'évolution du mode de production capitaliste. Cela se produit surtout depuis la deuxième moitié du XVIIIe siècle, avec un autre stade à partir de la fin du XIXe siècle où des machines tendent désormais à être semi-automatiques (et commencent à utiliser tout particulièrement l'électricité).

Productivité du travail mort =  productivité du capital

richesse produite/capital matériel + capital financier

le progrès technique : il fait gagner du temps et il conditionne un mouvement des opérations des humains au travail

le capitalisme c'est un type  de croissance de la productivité

-- c'est la machine-outil qui, peu à peu, remplace la main de l'homme et de la femme au travail pour toute la sphère de la production,

-- c'est une révolution technologique d'ensemble qui va chercher sans cesse à s'accomplir : révolution industrielle.

Avec le capitalisme, la société va chercher, toujours plus, à remplacer la main humaine par la machine-outil pour produire des richesses nouvelles.

On va donc chercher, sans cesse, à remplacer le travail vivant par du travail mort ou passé accumulé dans les équipements, des machines.

On va, sans cesse, augmenter les dépenses en travail mort contenue dans les moyens de production matérielle pour économiser toujours et sans cesse sur les dépenses en travail vivant servant les machines.

Cette façon de gagner en productivité – propre au capitalisme – pousse le progrès technique et l'utilisation qu'il en fait.

Mais de façon dissymétrique : c'est le mode de production qui utilise le plus la science dans la production.

Une image pour se faire comprendre :

Imaginons que le capitalisme serait un individu. Il marcherait sur deux jambes pour se développer au plan économique :

–  une jambe « travail vivant » (TV)

– une jambe « travail mort » (TM) pour avancer, il va donc chercher de plus en plus à remplacer le travail vivant par du travail mort : bref sa jambe travail mort s'allonge par rapport à sa jambe travail vivant.

Cela finit par faire claudiquer, puis trébucher.

Or jusqu'ici, tout s'est passé comme si, à chaque trébuchement, le capitalisme a eu la propriété de corriger cette croissance dissymétrique de ses deux jambes et, ainsi, de pouvoir repartir, après s'être corrigé.

Autrement dit, il y a un mouvement qui s'accomplit, mais en privilégiant un terme : l'accumulation du capital relativement au travailleur.

Ce déséquilibre tend à faire porter un poids croissant sur la jambe « travail vivant » TV: surexploitation.

-- il y a développement, car cela marche de pair avec une poussée continuelle du progrès scientifique et technique, mais avec un biais de développement qui, en fait, ne cesse de s'accentuer au cours de l'histoire du capitalisme.

Cela finit par entraîner l'explosion d'une crise durable (suraccumulation du capital), avec une correction plus ou moins catastrophique de cette dissymétrie.

Il y a eu plusieurs grandes crises systémiques du capitalisme dont celle de l'entre-deux-guerres (1929)

-- les corrections se font toujours de la même façon :

première correction : l'appel à de nouvelles technologies qui vont permettre d'économiser relativement les moyens matériels (dépenses nécessaires et la lourdeur des investissements)

exemple : l'ordinateur d'hier et les micro-ordinateurs d'aujourd'hui : beaucoup plus de capacités mémorielles et d'opérations pour un montant de capital unitaire beaucoup plus faible. Voir les nanotechnologies.

Mais cela entraîne d'abord du chômage massif

-- il faut beaucoup moins de capital (travail mort) pour les machines,

on freine l'investissement et on accroît la surexploitation.

Deuxième correction : celle de l'excès d'exploitation avec des luttes, avec des fonds structurels, et des créations institutionnelles pour sortir du chômage massif :

exemple la crise entre-deux-guerres

tentatives de sortie par la guerre, mais aussi en créant la protection sociale, en généralisant l'enseignement secondaire gratuit, le développement des services publics, (formes de dévalorisation)

mais jusqu'ici, ces corrections – aussi importantes furent-elles – sont demeurées soumises aux buts capitalistes dominants (l'argent pour l'argent)

permettant la reprise de ce mouvement dissymétrique !

2– De la révolution industrielle à la révolution informationnelle.

La survenance d'une nouvelle crise ensemble après les  « 30 glorieuses » avec, l'enclenchement d'une nouvelle crise de suraccumulation durable depuis la fin des années 1960 avec les efforts de correction engagée depuis.

Mais cette nouvelle crise révèle une profondeur sans précédent liée au type même de technologies nouvelles poussées par les capitalistes pour tenter d'y répondre : nouvelles technologies amenant, petit à petit, à changer toutes les opérations de l'activité productive et créative.

Il faut désormais, semble-t-il, des corrections d'une telle ampleur que ce serait le début de toute autre chose que le capitalisme dont on enclenchera la formation.

Et cela désormais dans tout le monde entier avec les hautes technologies de la révolution informationnelle qui font tomber les cloisonnements nationaux et avec l'effondrement des pays qui se réclamaient du « socialisme réel »

Ce qui aujourd'hui se profile, c'est le besoin impératif d'accomplissement d'une nouvelle révolution technologique d'ensemble. Et cela place le capitalisme au défi de corrections de transformations d'une profondeur inouïe. Qu'il pourrait ne plus assumer comme système.

Révolution industrielle : processus de remplacement de la main humaine par des machines outils de plus en plus évoluées.

Cette révolution n'est pas encore achevée au plan géographique.

Révolution informationnelle : processus de remplacement des activités informationnelles du genre humain (opération du cerveau) par des moyens matériels. Avec explosion de l'importance de services publics/industrie.

a) elle pousse l'exigence de commencer à rompre avec la domination du marché qui est à la base du capitalisme, lequel est le système le plus marchand possible. Passage de l'échange marchand au partage.

Si je livre un stylo : je le perds. Donc il est légitime que je fasse payer un prix permettant de rembourser tous mes coûts de production afin de continuer à produire les stylos. C'est l'échange d'équivalent contre argent.

Si je livre une information : je ne la perds pas, je l'ai toujours en ma possession. Nous pouvons donc la partager, potentiellement, avec des millions de gens et en partager les coûts : partage à l'opposé de l'échange.

Et la réduction des coûts unitaires sera d'autant plus importante qu'il y aura de gens formés, employés et équipés capables d'utiliser les résultats de ces recherches, de les enrichir, d'en partager les coûts.

b) elle s'accompagne d'économies systématiques considérables de moyens matériels : ordinateur, micro électronique, nanotechnologies.

c) Mais, simultanément, énorme besoin de développer la formation, les compétences humaines, la recherche, l'accès aux données et la créativité de chacun.

Triple défi avec le capitalisme :

-- freinage considérable de l'investissement comme moteur de la croissance,

-- besoin de faire exploser les dépenses nécessaires au développement des capacités humaines (alors qu'il cherche à économiser sur  les dépenses pour le travail vivant)

-- et de partager ces dépenses alors que la concurrence pour le profit domine.

Besoin au total d'un nouveau type de croissance

-- économisant les moyens matériels et financiers,

-- avec une croissance tirée par les développements des dépenses pour les hommes.

Enorme transformation à opérer jusqu'à sécuriser l'emploi, la formation, la vie des salariés au lieu de cette précarité fondamentale face à laquelle les place le type de production capitaliste.

 

TROISIÈME PARTIE

CAPITALISME FINANCIER, EXACERBATION DE LA CRISE SYSTÉMIQUE :

 

Comment fonctionne aujourd'hui le type de croissance capitaliste et pourquoi a-t-on besoin de rompre avec lui?

Crise du capitalisme financier mondialisé et tentative de réponses aux défis,

 

Il faut partir de ce que sont les opérations générales d'un capitaliste, ou du gestionnaire à son service, pour produire et s'accaparer des richesses supplémentaires. Il dispose d'argent et, avec cet argent, il va chercher à faire encore plus d'argent :

 

                       

 

L'origine de l'argent apporté initialement pour le capitaliste :

un enjeu décisif.

3 origines possibles de ces fonds

 

1-- argent des entreprises : c’est l'autofinancement à partir des profits réalisés grâce aux ventes antérieures,

2-- argent des banques ou des capitalistes : c’est la dette avec les crédits remboursés par les profits futurs.

Cette dette est alimentée par deux grands canaux : crédits bancaires et marchés financiers,

3-- argent des contribuables : Ce sont les fonds publics reçus à partir de l'argent des impôts et des taxes.

 

              

 Double comparaison effectuée en permanence par les capitalistes :

– force de travail ( FT)moyens de production (MP)  substitution capital/travail

– MP ↔ PF                                                                        substitution réel/financier

 

Et toujours avec la même exigence : plus d'argent !

Le capitaliste va choisir la combinaison qui lui rapportera le plus, compte tenu de ce que rapporte en moyenne le marché.

1Les deux grands systèmes de financement : Le crédit bancaire et le marché financier.

 

I) Le crédit bancaire :

Il consiste en la création d'argent par les banques.

Les 3 étapes de la création d'argent par les banques

-- t0: la banque fait un crédit à une entreprise,

-- t1 : l'entreprise peut financer avec ce crédit les avances nécessaires à la production de richesses nouvelles (équipements, salaires),

-- t3 : la production de ces richesses nouvelles finance le remboursement progressif du crédit,

Le crédit donne un pouvoir d'achat anticipant sur la création de richesses nouvelles.

Les limites à ce processus :

-- la nécessité pour la banque de rembourser ou de servir les déposants à leur demande,

-- l'inflation excessive si des crédits distribués ne servent pas à créer suffisamment les richesses nouvelles.

Le fonctionnement du crédit

1 -- La banque reçoit des dépôts d'argent : surtout des salaires, des pensions, des retraites.

C’est la grande ressource gratuite du système bancaire automatiquement virée chaque mois, sur les comptes courants bancaires et postaux.

2 -- Sur cette base, les banques créent de l'argent (création monétaire)

Au bout de l'opération, le total des dépôts dans la banque (X) atteint 2000 € après l'octroi d'un crédit de 1000 € par cette banque à l'entreprise Y, par simple jeu d'écriture.

3 -- grâce au crédit et à partir du dépôt 1 a été créé un deuxième dépôt qui augmente la monnaie disponible au-delà de la somme du premier dépôt, lequel reste aussi disponible pour son propriétaire.

Les dépôts servent de base aux crédits qui permettent de faire de nouveaux dépôts

 

... /...

 

création monétaire

 

Argent des banques : c’est argent de la société

 

Ce n'est

ni l'argent des banquiers,

ni l'argent des actionnaires.

 

Compensation et refinancement

Pour équilibrer l'ensemble de ces opérations :

--  les banques se prêtent entre elles (marché interbancaire)

--  elles recourent au « refinancement » de la BCE.

Le crédit bancaire revêt un double pouvoir qui est fondamental dans nos sociétés modernes :

-- un pouvoir d'impulsion,

-- un pouvoir formidable d'incitation.

3)   un pouvoir d'impulsion : l'argent prêté permet aux entreprises de créer des richesses qui rembourseront ses crédits. Bref qui leur permettra de se projeter dans l'avenir.

Le crédit, c'était une impulsion : un individu qui veut marcher vers un but doit d'abord donner une impulsion vers l'avant. Elle le déséquilibre et l'amène à avancer une jambe, puis l'autre … jusqu'au but visé

Sans cette impulsion initiale, il n'y a pas de nouveau pas.

2)   un pouvoir formidable d'incitation:

Le crédit est incitatif : il encourage tel type d'opération et décourage tel autre type d'opération.

Adage : « On ne prête qu'aux riches ».

En réalité, dans le système actuel, fondé sur la rentabilité financière et le taux de profit, le crédit sera d'autant plus facilement accordé (taux d'intérêt et garantie) que l'opération à financer sera plus et plus vite rentable.

Sa sélectivité est favorable à la rentabilité financière.

Le crédit porte cette sélectivité jusque dans la façon dont l'entreprise sera gérée : incitant pour la rentabilité financière à baisser les coûts salariaux

Dans les conditions du capitalisme devenu financier, c'est-à-dire dominée par les marchés financiers, cela s'est traduit par le fait que le crédit bancaire est devenu:

-- de plus en plus facile pour les opérations purement financières,

-- de plus en plus anti-emploi, anti-formation, anti-croissance réelle.

Exemple : Pernod-Ricard :  OPA sur Absolute vodka: 13 milliards d'euros à 3 % de taux d'intérêt,Mais une PME devant faire un investissement de capacité avec création d'emplois et de formation aura un crédit de 6 à 8 % avec mise sous hypothèque de la résidence principale du patron.

Tableau et graphique ci-dessous :

Ce qui explique l'explosion de l'endettement pour les opérations financières et spéculatives, des «subprime », aux opérations LBO ( rachat d'entreprise avec très peu d'apport en capital et un énorme endettement à bas taux d'intérêt).

Le capitaliste, pour rembourser la dette et ses intérêts, va faire continuellement pression sur le coût du travail.

Le capitalisme aujourd'hui c'est le capitalisme financier, car prédomine le marché financier qui asservit le crédit des banques, la monnaie aux opérations et placements financiers.

Le capitalisme a cherché à faire reculer ce système au profit des marchés financiers : (inflation des années 1970)

II – le marché financier :

                                 

Il constitue une prise sur les richesses produites dans les entreprises en les contraignant à réaliser des seuils de rentabilité.

Sur ces marchés s'échangent des titres contre l'argent :

-- Obligations : titres de dette (prêts remboursables avec un taux d'intérêt : « coupons »)

-- Actions : titres de propriété d'une partie du capital de telle ou telle entreprise donnant droit à un dividende.

Le marché financier a pris une part croissante dans l'économie capitaliste depuis le début des années 1980.

Pourquoi ?

2 – Technologies informationnelles et domination du marché financier ;

Tentatives de réponses capitalistes à la crise :

L’utilisation des hautes technologies de plus en plus économes en temps de travail.

Cela concerne :

 --  le travail passé cristallisé dans les moyens de production,

 --  le travail immédiat en raison des très  gros gains de productivité.

Problème :

 Cette introduction de plus en plus massive des hautes technologies transforme profondément la façon de produire des richesses.

D’où l’accroissement du rapport :

Valeur ajoutée /capital matériel.

On peut produire beaucoup plus en dépensant moins en salaire et en capital matériel.

Mais avec cette « révolution informationnelle » il y a besoin de dépenser de plus en plus pour:

-- la recherche-développement,

-- la formation – qualification (reconnaissance dans les salaires)

 

-- Ce qui augmente le plus aujourd'hui,

    ce sont ces obligations de dépenses informationnelles

-- Tandis qu'on va dépenser moins en investissements matériels

-- Et ces dépenses ne vont pas entraîner nécessairement de résultats positifs

 car on n’est pas sûr de vendre

D'où la nécessité grandissante de partager coûts.

Comment les capitalistes cherchent-ils à répondre à ces défis de partage, avec les antagonismes entre :

 --  Les obligations de partage, 

et

--  La règle capitaliste, c’est-à-dire la concurrence pour le profit maximum, et les critères et la culture capitalistes)

-- Les groupes capitalistes vont chercher à se constituer des réseaux mondiaux de domination (oligopoles) au sein desquelles ils pourront partager ces coûts, de manière monopoliste, mais pour détruire les rivaux !

-- Comment : En recourant aux OPA (offre publique d’achat), OPE (offre publique d’échange d’actions)... nécessitant de lever des fonds de plus en plus énormes sur les marchés financiers.

-- Pour y répondre toutes les institutions financières vont de plus en plus chercher à canaliser l'argent des profits, des fonds publics, du crédit vers ces marchés.

D’où l'explosion des dépenses de domination, au lieu de coopération de partage.

Ainsi, dans le monde :

Le niveau record des fusions et acquisitions est atteint en 2007: 4 500 Mds de dollars (+ 24 % sur 2006, elle-même à + 30 %  sur 2005)

2007 : 4 500 mds de dollars

2006 : 3 630 mds de dollars

2005 : 2 792 mds de dollars

En Europe : 1 800 Mds de $ en 2007 (+ 36 % sur 2006) devant les USA pour la première fois. Cela a conduit à l’inflation (enflure) des marchés financiers, a stimulé la spéculation et les rivalités d'attraction entre les places boursières. Dans chaque pays, on a cherché à faire grossir le plus possible son propre marché financier (exonérations fiscales, sociales, …).

L'explosion des prélèvements financiers (intérêts et dividendes).

En 2007

Pour un euro investi par les entreprises en France

1,6 € étaient prélevés sur leur valeur ajoutée pour les intérêts et les dividendes.

 

Le recours de plus en plus massif aux hautes technologies, très économes en temps de travail, est poussé pour accroître la rentabilité des capitaux, le rendement des actions.

-- Cela fait de plus en plus de chômage.

L'accroissement du chômage, une forme réactionnaire de la réduction du temps de travail.

-- Salaires/valeur ajoutée  = - 8 points entre 1980 et 1990 et depuis ça n’a quasiment pas augmenté)

Graphique 2

France : Part des salaires dans la valeur ajoutée

 

Source : INSEE, comptes nationaux

    Au total, les capitalistes peuvent ainsi :

-- dépenser moins pour les salaires

-- dépenser moins pour l'investissement matériel,

Ainsi, d’énormes profits sont-ils rendus disponibles

Dans le cadre de la mondialisation, ces énormes disponibilités vont chercher à s'employer dans des opérations qui devront rapporter au moins autant que les taux de profits rendus possibles dans les pays émergents à bas coûts salariaux.

D'où l'ampleur de la spéculation :

--    immobilier,

--    pétrole,

--    matières premières,

--    alimentation,

--     ... Et demain, dans une bulle verte !

Une crise causée par l’accumulation

de masses énormes de capitaux financiers

Cela conduit au krach :

Obligeant les banques centrales et les États à intervenir massivement pour ne pas tomber dans la dépression comme en 1929.

Tandis que d’énormes difficultés du système financier sont dues à l'amoncellement de dettes pour réaliser ces opérations financières et spéculatives.

 

3 - Dollar, domination des États-Unis et spéculation.

Importance de  la rivalité pour attirer les capitaux

 Au centre  =  le dollar

 

1971 : dollar devient la monnaie mondiale de fait.

-- les États-Unis peuvent s'endetter auprès du reste du monde dans leur monnaie nationale ; (coup d'état de Nixon qui ferme le guichet de l'or)

-- et quand ces prêts arrivent à échéance, ils peuvent émettre de nouveaux dollars pour rembourser leurs emprunts.

« Privilège exorbitant du dollar » (De Gaulle)

Ce qui donne la possibilité aux États-Unis, les seuls dans le monde, de développer et leurs marchés financiers, et leurs crédits, attirant les capitaux du monde entier pour financer leur croissance :

D’où:

--  La très forte avance technologique des États-Unis,

--  Le financement d'emplois et d'investissement,

-- Le financement des dépenses de guerre,

-- L’expansion – délocalisation des multinationales

Avec une balance commerciale négative qui nécessite l'accroissement des importations de capitaux.

Cela constitue un grand « trou noir » dans le système économique mondial qui attire la matière du monde entier et concentre une formidable énergie.

 Crise et spéculation : domination accentuée de la finance contre le développement humain

Europe : Rivalité et asservissement

C'est pour essayer de partager cette domination financière des États-Unis sur le monde entier avec le dollar, que les dirigeants européens ont créé l'euro, monnaie unique au service de la promotion des marchés financiers européens, censée leur permettre de rivaliser avec les États-Unis dans l'attraction des capitaux.

1-  Un euro au taux de change élevé.

Avec une B. C. E:

-- La souveraineté monétaire est déléguée à la BCE. C'est elle qui a le pouvoir d'orienter le crédit,

-- « Indépendante » : elle n'a pas de comptes à rendre à aucune autorité politique. Elle est ainsi décrétée « indépendante » de toute pression sociale. Avec, notamment, l’interdiction du financement monétaire des déficits publics.

-- Son objectif prioritaire, conditionnant toute sa politique monétaire : la lutte contre l'inflation :

-- parce que l'inflation érode le taux de profit et fait perdre de la valeur aux actifs financiers,

-- pour cela et pour tenir un taux de change élevé de l'euro (pour attirer les capitaux)

-- taux d'intérêt plus élevé qu'aux USA et taux d'intérêt supérieur à la croissance du PIB.

-- Son appui aux banques (refinancement) est tel que le crédit de ces banques sera d'autant plus facilement accordé que les opérations à financer sont plus rentables ou financeront l'exportation de capitaux parce que l'accroissement de la croissance est supérieur hors de l'Europe (États-Unis, pays émergents)

-- Par contre le crédit sera plus difficile pour l'investissement réel notamment pour les PME.

 

2 – Une politique monétaire qui accroît la pression des prélèvements financiers sur les richesses produites et incite donc à baisser les salaires et les cotisations sociales patronales

Un bouclier de la BCE pour empêcher la pression de dépenses publiques et sociales sur la politique monétaire de la BCE.

-- déficit public (État, collectivités locales, sécurité sociale) doit être inférieur à 3 % du produit intérieur brut.

-- avec objectifs fixés d'équilibrer à moyen terme les finances publiques avec le recul des prélèvements pour la protection sociale (PPS) dans la  Valeur Ajoutée.

-- Freinage des dépenses publiques sociales :

-- les privatisations,

-- le freinage des dépenses d'investissement public,

-- freinage des dépenses de service public.

 

Avec l'explosion de la crise : souplesse, mais maintien de ses engagements :

-- 2011 : équilibrage du budget de la protection sociale,

-- 2014 : équilibrage des comptes publics sociaux.

--  Prise en main des collectivités territoriales avec des pressions à la baisse et à la suppression de la T.P… poussant à la mise en cause de leur autonomie.

 

QUATRIÈME PARTIE : ACCENTUATION DES CONFLITS DE RÉPARTITION DES RICHESSES PRODUITES

Maintenant que nous avons un peu touché du doigt l'importance de ce qui se joue au niveau de la production et du financement des richesses nouvelles, que se joue-t-il au niveau de la répartition des richesses?

Donc il y a une production de richesses nouvelles : on l'appelle valeur ajoutée

VA  = production vendue - consommations intermédiaires,

Exemple :

la valeur ajoutée de l'artisan boulanger et de ses salariés=

Le pain vendu   - la valeur de la farine pour la produire,

Comment se répartit cette valeur ajoutée une fois produite?

Que sont les conflits de répartition?

Comment se développent-ils?

Les conflits de répartition deviennent plus forts quand la valeur ajoutée ne croit pas suffisamment ou, pire, quand sa croissance devient négative.

-- Il y a le traditionnel partage salaire/profit,

-- Il y a, de plus en plus, le bras de fer entre :

-- Prélèvements financiers  /prélèvements publics et sociaux,

-- Prélèvements pour les marchés financiers /prélèvements pour les dépenses publiques et sociales

Exemple pour financer les retraites, pour financer la sécurité sociale :

Cotisations sociales en fonction des salaires, mais prélevée en fait sur la valeur ajoutée produite hors salaires :

-- Solidarité intergénérationnelle,

-- Indemnisation maladie (Mutualisée)

-- mais aussi les cotisations privées prélevées sur les salaires et placées sur les marchés financiers,

Attention au consensus gauche-droite pour diminuer les cotisations sociales versées par les entreprises, y compris le parti socialiste qui défend  les exonérations de cotisations sociales patronales en contrepartie de négociations salariales.

Or, il faut combattre les baisses des cotisations sociales patronales qui :

--    tirent vers le bas tous les salaires, mettent en concurrence les salariés,

--    freinent la demande et la formation,

--    accroissent les profits disponibles,

–     poussent aux placements financiers spéculatifs,

Cette politique systématique est menée depuis le début des années 1990 à partir du thème :

-- défendre la compétitivité des entreprises et baisser, pour cela, le coût du travail en diminuant les prélèvements publics et sociaux sur la valeur ajoutée des entreprises et en « modérant les salaires ».

Entre 1991 et 2011 (inclus) le total cumulé des exonérations de cotisations sociales patronales atteint 350 milliards d'euros, dont 300 milliards d'euros compensés par l'État,

Tableau 5

Ce qui veut dire que de 1991 à 2011 les profits supplémentaires ainsi rendus disponibles pour les capitaux ont atteint 350 milliards d'euros et cela a entraîné au cours de ces 20 ans, une augmentation de la charge pour les contribuables d’un même niveau.

Cela a permis l’explosion des dividendes et intérêts payés par les entreprises sur la même période.

                       En 2010 : selon les Comptes de la nation (INSEE)

                      -- cotisations sociales patronales : 145 milliards d'euros,

                     -- charges financières + dividendes : 309 milliards

C’est pourquoi, il ne faut pas seulement un nouveau partage de richesses mais il faut changer aussi la production de richesses et son financement,

-- Relancer la consommation oui et, pour cela, augmenter les salaires et le SMIC (avec une conférence nationale des salaires).

Mais aussi nécessité :

--   de financer cette augmentation nécessaire,

-- d'augmenter la masse de revenus revenant aux  salaires tout en accroissant l'efficacité productive de la France (formation massive)

-- intervenir dans la gestion des entreprises pour baisser les coûts du capital et non pas les coûts salariaux.

D'où l'importance du lien entre la croissance des investissements et emplois et qualifications.

Cette politique de baisse du coût salarial de l'emploi, de freinage des dépenses publiques et sociales pour « accroître la compétitivité » et combattre les délocalisations débouche sur une catastrophe

Tableau

En ajoutant qu'en 2008 – pour la première fois depuis 25 ans – la balance de nos échanges commerciaux d'automobiles est devenue déficitaire :

-- 2007 : + 1 milliard d'euros

-- 2008 : - 4 milliards d'euros

Les énormes efforts de délocalisation des constructeurs poussent leurs équipementiers à délocaliser : d’où la faiblesse de la valeur ajoutée nationale.

Tableau

Baisse des cotisations sociales et délocalisations : un échec sanglant

Encart

La tentative de réponse protectionniste (barrières douanières) est une impasse

-- Repli sur l'hexagone et rapatriement de production en France, nécessairement associés à la croissance du chômage dans les pays à bas salaires de délocalisation,

-- Entraves aux échanges internationaux qui entraîneront des rétorsions et des cycles d'affrontements pesant sur la croissance mondiale,

-- Union sacrée capital travail  visant en fait pour protéger les positions des capitalistes en France,

-- Illusion dangereuse car on prétend ainsi protéger les salariés, l’emploi, les standards sociaux nationaux sans du tout s'attaquer aux prélèvements financiers du capital sur les richesses produites, en ne touchant rien aux critères de gestion des entreprises, à leurs formidables gâchis d'argent (public notamment), aux critères de crédit, aux critères de service public.

Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas de protection, mais des protections pour les salariés et les populations, pas pour le capital.

CONCLUSION :

BESOIN DE DÉPASSEMENT DU CAPITALISME

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