Economie et Politique - Revue marxiste d'économie

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Sarkozy champion du chômage

Les masques tombent avec l’évolution des chiffres du chômage sur 2010. Loin d’être seulement un effet du ralentissement de la croissance, lequel ne serait dû qu’à « la crise mondiale », le chômage en est la cause dont l’origine est à trouver dans la politique obsessionnelle  d’austérité salariale et sociale imposée pour satisfaire les marchés financiers.

Il faut rompre avec cette logique en replaçant l’emploi au cœur de la croissance et d’un processus de sortie de crise.

Sarkozy est indéniablement un champion toute catégorie en matière de chômage : 51 800 personnes supplémentaires inscrites à Pôle emploi en novembre portant le nombre total des privés et demandeurs d’emploi à 4 244 800, soit une hausse de 5,6 % sur un an et le niveau le plus élevé depuis douze ans !

Les experts s’attendent  à un résultat « catastrophique » pour 2012 avec un taux de chômage qui pourrait être compris entre 10,4 % et 10,7 %.

Xavier Bertrand, le ministre du Travail, qui avait promis de faire repasser ce taux sous la barre des 9 % à la fin 2011 en prenant appui sur le « grand emprunt » de Sarkozy, vanté par MM. Juppé et Rocard à la fois, s’empresse de mettre son échec au compte du « ralentissement de la croissance » ! Mais qu’est-ce qui ralentit le croissance ?

N’est-ce pas au nom de la sauvegarde de la note « AAA » pour la France que l’Élysée et Matignon multiplient les plans d’austérité qui, faisant reculer la demande et la croissance jusqu’à la récession, enveniment le chômage, creusent les déficits et dettes publics avec un gâchis si monstrueux  de l’argent des contribuables que les agences de notation elles-mêmes ne peuvent plus l’ignorer ?

Le nouveau « sommet social » auquel  Sarkozy a convié les syndicats pour le 18 janvier prochain ne comporte pas qu’une visée électoraliste,  au demeurant si évidente.

Il s’agit aussi de redoubler  dans les allégements de cotisations sociales patronales et, désormais, d’engager une baisse des salaires nets avec la mise sous chantage des travailleurs qui, au nom de la sauvegarde de l’emploi, devront, sous prétexte de compétitivité, consentir des sacrifices de rémunération.

C’est pourtant cette démarche qui a conduit à l’explosion du chômage, à l’insuffisance de demande et de qualification, au gâchis accru des profits dans les placements financiers et la spéculation.  C’est elle qui a conduit à porter le déficit commercial de la France au niveau sans précédent de 75 milliards d’euros cette année !

Il faut rompre avec ces options que l’on retrouve au cœur du « pacte de l’euro plus », en s’attaquant non au

« coût du travail » mais aux coûts capitalistes : 318 milliards d’euros versés par les sociétés non financières en intérêt aux banques et en dividendes aux actionnaires en 2010.

Au lieu de précariser, il faut sécuriser l’emploi, la formation et les revenus du travail tout le long de la vie de chacun-e. Cela signifie de nouveaux contrats de sécurisation, notamment pour les jeunes, permettant l’élévation régulière des qualifications et des salaires, et mettant fin à la mise en concurrence des salariés, avec un Smic porté tout de suite à 1 700 euros bruts mensuels. Cela signifie un nouveau service public de l’emploi et de la formation, avec un droit inaliénable à la formation et à de bons revenus mutualisés de formation pour chacun-e.

Cela exige des pouvoirs nouveaux, de contrôle et décisionnels, des comités d’entreprise et des délégués du personnel pour s’opposer aux projets patronaux de délocalisation et de réduction des masses salariales et contre-proposer des projets de développement des emplois et des qualifications  avec les investissements réels nécessaires sur tous les territoires.

Pour cela, il faut en finir avec les aides publiques sans contrepartie chiffrée et contrôlable en matière d’emplois. Il faut, surtout, réorienter le crédit pour favoriser, par des baisses de taux d’intérêt (jusqu’à 0 %, voire moins), les investissements,  d’autant plus qu’ils programment d’emplois et de formation. Et cela, du niveau local, avec des Fonds publics régionaux, aux niveaux national, avec un pôle financier public, et européen, avec une réorientation de la politique monétaire de la BCE maîtrisable par les parlements européen et nationaux. 

 

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