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Programme du Front de gauche : « Loin des exercices traditionnels de chiffrage, donner à voir la possibilité d'une autre logique » (économistes du PCF)

Loin des exercices traditionnels de chiffrage, donner à voir la possibilité d'une autre logique

Déclaration des économistes du PCF

De prétendus éléments de chiffrage du programme du Front de gauche ont été avancés dans divers journaux, dont « Le Monde ». Très discutables, ils cherchent à accréditer l'idée que ce programme serait irréaliste, voire dangereux.
 
Ils montrent surtout que leurs auteurs font fi de la nouvelle logique sur laquelle la mise en œuvre de ce programme permettrait d'embrayer, rompant avec les cercles vicieux de la croissance financière et du chômage, à la racine de l'emballement des déficits et des dettes.
 
On amorcerait, au contraire, les cercle vertueux d'un nouveau type de croissance tirée par la sécurisation et la promotion de l'emploi, de la formation, des revenus du travail et de remplacement et une grande expansion des services publics, en France et dans ses régions, en Europe.
 
Faisant reculer tous les gâchis de capitaux et écologiques, grâce à l'intervention des salariés et des citoyens pour changer les gestions d'entreprises, elle mobiliserait l'argent des profits, des fonds publics et du crédit bancaire pour réaliser de grands objectifs sociaux et environnementaux novateurs.
 
Le programme du Front de gauche, jamais cité par « Le Monde », déclare précisément : « Nous proposons que la BCE finance par création monétaire un Fonds de développement social, solidaire et écologique européen ».
 
Le produit d'achats de titres de dette publique des différents États de la zone euro par la BCE serait, en effet, affecté, en alimentant ce Fonds, pour une expansion des services publics, différenciée suivant les besoins des divers pays, en vue d’une nouvelle croissance sociale, avec des coopérations de solidarité entre les services publics.
 
De même, il s’agirait de déployer une « nouvelle mission de service public du crédit … au service de l’emploi, de la formation, de la croissance réelle et de la préservation de l’environnement. » Cela concernerait une baisse sélective très forte des taux d’intérêts jusqu’à zéro (voire négatifs, avec une diminution des remboursements) pour un crédit long aux entreprises, avec des taux d’intérêts d’autant plus abaissés que sont programmés et vérifiés de bons emplois et formations, pour des investissements réels, matériels et de recherche et leur efficacité appuyée sur la combinaison des recherches et des formations hardies.
 
Ce nouveau crédit pourrait être organisé à plusieurs niveaux, local, national et européen, de façon diversifiée et coordonnée. Ainsi, au niveau local, nous proposons des Fonds régionaux publics pour la prise en charge, par des fonds publics, de tout ou partie des intérêts, pour des crédits favorisant l’emploi et la formation avec des investissements efficaces pour une nouvelle croissance réelle.
 
Au niveau national, nous proposons l’institution d’un Pôle financier public. Il viserait la mise en réseau des institutions publiques et mutualistes existantes (Caisse des dépôts, Banque Postale, Oseo, Caisses d'épargne, Banques mutualistes) ainsi que certaines nationalisations de banques, comme pour Dexia.
 
Ce pôle contribuerait à impulser des orientations nouvelles, y compris dans tout le secteur bancaire et financier, avec l’avancée de contrôles publics et de dispositions nouvelles, en liaison avec des soutiens publics possibles de recapitalisation des banques. Outre les incitations au nouveau type de crédit, les mesures porteraient notamment contre les activités spéculatives, y compris par la séparation des banques de dépôts et d’investissement, et elles viseraient à conjuguer croissance réelle efficace et progrès social, avec également des taxations dissuasives et incitatives.
 
On pourrait encore, pour renforcer le Pôle public et le soutien des baisses sélectives des taux d’intérêt, utiliser une partie des énormes fonds publics, gâchés et poussant aux bas salaires, comme ceux dévolus aux exonérations de cotisations sociales (28 milliards d'euros annuels).
 
Enfin et surtout, ce nouveau type de crédit pourrait s’appuyer sur un autre financement des banques par la BCE, tout particulièrement pour des crédits à long terme. Cela implique de nouvelles missions prioritaires pour la BCE, pour l’emploi et la croissance réelle, contre la priorité actuelle à l’opposition à l’inflation avec l’objectif principal dit de maintien de la stabilité des prix.
 
Alors que, déjà, la BCE a dû prêter à 1% sur 3 ans plus de 1000 milliards d'euros aux banques, sans aucune condition de critères visant une relance de la croissance sociale, et alors qu'elle a du prendre 217 milliards d'euros de dette publique de pays européens, ce sont donc plusieurs centaines de milliards d'euros qui seraient rendus disponibles pour l'ensemble des pays européens dont la France.
 
Ces propositions ambitieuses et réalistes du programme du Front de gauche permettent d'aller au-delà des propositions de F. Hollande et du PS mettant en cause la finance, tout en précisant l'audace nécessaire.
 
Loin des exercices traditionnels de chiffrage, toujours faux car contredits par les réalités ultérieures, auxquels donnent lieu les élections et qui, aujourd'hui plus que jamais, visent à enfermer la réflexion des citoyens dans le fatalisme face aux contraintes réputées indépassables du capitalisme financier en crise, il s'agit de donner à voir la possibilité d'une autre logique.
 
Yves Dimicoli, Denis Durand, Frédéric Boccara, membres de la commission économie du PCF,
 
Paris, le 5 avril 2012.

Il y a actuellement 3 réactions

  • interessant argumentaire a base pour refléxion participative

     Ce jour  j'ai pris du temps  pour  bien lire entre les lignes ce texte  qui pour moi est tres  instructif   et plus qu'interessant  moi qui suis un novice dans l'economie  mais  tres intéressé  par  les idées nouvelles a gauche .

    donc de suite l'idée m'est venu de décortiquer   le texte  afin déja de comprendre et puis d'en tirer ce qui m'a intéresse ce qui m'interpelle  etc et de le soummettre a debat  participatif  ici  dans le but   de   peut etre  l'ameliorer l'amender  ou simplement voir comment chacun chacune  voit les choses

    esperant etre utile au bien commun  Fraternité

     

    synthese des mots qui ont attiré mon attention afin de reflexion:

     -de LA NOUVELLE LOGIQUE

     -d'un NOUVEAU TYPE DE CROISSANCE

     

    -pour changer les GESTIONS DES ENTREPRISES

     -un Fonds de développement social, solidaire et écologique européen ».

    -nouvelle mission de service public du crédit

    -d’une NOUVELLE CROISSANCE SOCIALE

    -une baisse sélective très forte des taux d’intérêts JUSQU'A ZERO

    -pour une nouvelle croissance réelle.

    -ainsi que certaines nationalisations de banques,

    -avec l’avancée de contrôles publics et de dispositions nouvelles, en liaison avec des soutiens   publics possibles de

                     recapitalisation des banques.

     

    -au nouveau type de crédit,

     -les mesures porteraient notamment contre les activités spéculatives, y compris par la -séparation des banques de dépôts et d’investissement,

    -et elles viseraient à conjuguer croissance réelle efficace et progrès social,

    - la croissance réelle,

    -a stabilité des prix.

    -la croissance sociale,

    -alors qu'elle a du prendre 217 milliards d'euros de dette publique de pays européens

    -qui, aujourd'hui plus que jamais, visent à enfermer LA REFLEXION DES CITOYENS ET CITOYENNES

    Par louisemichel, le 08 April 2012 à 10:24.

  • Financement du programme du F de G

    Il est évident que le journal le Monde au même titre que la majorité des médias , n'a pas d'affinité avec notre programme, c'est pourtant le seul dont les propositions sont en cohérence avec l'intérêt des salariés, des PME, de la grande majorité de la population laborieuse, qui est prolétarisée à tous les niveaux, du balayeur au chercheur fondamental, la mise sous contrôl du monde de la finance et sa gestion par les citoyens, comme le proposent nos économistes dont je partage les analyses et les propositions, est la solution la plus cohérente pour mettre fin au gachis mortifère de la sphère financière capitaliste spéculative 

    Par Pierre BOUDET, le 07 April 2012 à 16:55.

  • Bravo!

    Voila un article concie qui résume parfaitement ce que doit etre notre futur l'éconnomie maitrisé et orienté sur "le dévellopement durable.

    N'en déplaise à l'oligarchie nous sommes la!!!

    Par Tomaz, le 06 April 2012 à 17:48.